Chrystia Freeland n'a évoqué aucun calendrier pour la levée des tarifs.

Freeland et son futur homologue mexicain évoquent la levée des tarifs

OTTAWA — Chrystia Freeland et son futur homologue mexicain aux Affaires étrangères n'osent prédire à quel moment les États-Unis lèveront leurs tarifs douaniers sur les importations d'acier et d'aluminium, imposés par la Maison-Blanche en juin.

Le Canada et le Mexique ont rétorqué à ces tarifs américains en imposant leurs propres droits de douane sur certaines importations américaines. Or, les trois pays ont depuis conclu une entente de principe pour un nouvel accord de libre-échange nord-américain.

Lors d'une conférence de presse commune à Ottawa, lundi, aux côtés de son homologue mexicain désigné, Marcelo Ebrard, la ministre canadienne des Affaires étrangères n'a évoqué aucun calendrier pour la levée de ces tarifs. Elle a estimé que rien n'empêchait les trois partenaires commerciaux de lever dès maintenant ces droits de douane. Par ce geste, croit Mme Freeland, les trois pays prouveraient l'importance du partenariat nord-américain.

Marcelo Ebrard sera assermenté le 1er décembre lorsque le nouveau gouvernement d'Andres Manuel Lopez Obrador prendra le pouvoir au Mexique, à la suite des élections du 1er juillet. Par l'intermédiaire d'un interprète, il a estimé lundi que l'élimination des droits de douane pourrait avoir lieu une fois que le nouvel accord commercial aura été ratifié par les trois capitales.

D'autres ministres du gouvernement de Justin Trudeau ont aussi rencontré lundi à Ottawa de futurs ministres du gouvernement Lopez Obrado. Le ministre canadien du Commerce international, Jim Carr, a ainsi rencontré la ministre désignée de l'Économie, Graciela Marquez. Le premier ministre Trudeau devait aussi rencontrer de hauts responsables mexicains lundi.

Le Canada, le Mexique et les États-Unis ont conclu une entente de principe pour un nouvel accord commercial à la fin de septembre, soit à l'extrême limite du délai fixé par le Congrès américain. La Maison-Blanche souhaitait qu'un accord puisse être soumis au Congrès par la voie législative «expresse», et qu'il soit adopté deux mois plus tard, d'ici le 1er décembre - avant le départ du gouvernement mexicain sortant, signataire de l'entente de principe.

Interrogé lundi sur l'engagement du nouveau gouvernement mexicain à appuyer cet accord commercial conclu par son prédécesseur, M. Ebrard a déclaré : «Nous pensons que ce n'est pas le meilleur accord, mais nous devons soutenir les progrès réalisés.» Le ministre désigné a ajouté que le Congrès mexicain examinait présentement tous les détails de l'entente. «Nous croyons qu'il vaut mieux soutenir l'accord, en pensant à l'avenir des trois pays.»

M. Ebrard n'a pas voulu s'avancer sur un calendrier pour la ratification de l'entente de principe à Mexico.