Former des entrepreneurs, mais aussi des citoyens... entreprenants

Plus que jamais, l’école québécoise prend goût à l’entrepreneuriat.

L’école secondaire de La Seigneurie, dans l’arrondissement de Beauport à Québec, a mis de l’avant, il y a quelques années, un programme Entrepreuneuriat-Études. Une exclusivité dans la région de Québec. Il permet aux élèves de tous les niveaux de développer une «culture entrepreneuriale» par la réalisation de projets concrets, notamment la conception d’un produit ou encore l’offre d’un service à la population.

«Avec la multiplication des initiatives et des programmes en entrepreneuriat dans les écoles, il y a des besoins qui se font sentir», a fait valoir Maripier Tremblay, professeure agrégée à la Faculté des sciences de l’administration (FSA) de l’Université Laval. «La chaire de leadership en enseignement va essayer de répondre à ces besoins.»

Mercredi, devant un parterre d’élèves sages et attentifs réunis dans l’agora de La Seigneurie, l’Université Laval a annoncé la création de la Chaire de leadership en enseignement sur le développement de l’esprit d’entreprendre et l’entrepreneuriat.

Une réalisation rendue possible grâce à un don d’un demi-million de billets verts provenant de la Fondation Molson qui, en juin dernier, annonçait le versement d’une contribution de 2 millions $ à l’Université Laval.

«Le développement de l’entrepreneuriat est en croissance au Québec, De plus en plus, nous en reconnaissons toute la valeur», a mentionné le président de la Fondation Molson, Andrew T. Molson, un diplômé en droit de l’Université Laval (1991-1994).

Ce dernier a su capter l’attention de son jeune auditoire en témoignant de l’«esprit entrepreneurial» qui anime sa famille depuis sept générations. Il a rappelé que son ancêtre avait mis les pieds au Canada à l’âge de 18 ans et qu’il avait scruté le marché pendant quatre ans avant d’entreprendre le commerce de la bière. On connaît la suite de l’histoire.

«Nous allons nous intéresser au rôle de l’école dans le développement de l’entrepreneuriat et dans le développement des capacités entrepreneuriales chez les jeunes, tant au primaire qu’à l’université», a indiqué Maripier Tremblay qui assumera la direction de la nouvelle chaire.

«Nous allons outiller les écoles qui veulent mettre en place des programmes. Nous allons les accompagner et leur permettre de mieux évaluer les retombées de leur programme. Enfin, nous allons développer des outils pédagogiques», a-t-elle ajouté.

Pas seulement des patrons

Bien sûr, tous ces programmes d’entrepreneuriat veulent favoriser l’émergence d’une relève de propriétaires et de dirigeants d’entreprise. Ceux qui sont en poste, aujourd’hui, vieillissent et la survie de plusieurs compagnies est menacée.

Mettre au monde des entrepreneurs n’est pas une fin en soi, ont insisté les intervenants à la conférence de presse.

«Devenir entrepreneur, ultimement, c’est vouloir se lancer en affaires, mais c’est aussi beaucoup plus que ça», a insisté le doyen de la FSA, Michel Gendron.

«L’important, c’est de développer des citoyens entreprenants», a ajouté la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.

«Des citoyens qui ont de l’initiative, de la créativité, de la curiosité et le sens de l’innovation», a renchéri Andrew T. Molson.

«L’entrepreneuriat, c’est une manière de vivre qui incite à chercher à s’améliorer constamment et à devenir une meilleure personne en affaires, évidemment, mais aussi dans la vie de tous les jours et dans nos relations avec les autres», a conclu Michel Gendron.