Formation continue: offensive en entreprises dans la Chaudière-Appalaches

Dans la région de la Chaudière-Appalaches, c'était le quasi plein emploi en février avec un taux de chômage de 4,1 %. Dans certains secteurs industriels ou dans certaines MRC, notamment à Lévis et dans la Beauce, c'était carrément le plein emploi. Employons les vrais mots.
À court terme, selon les données de la direction régionale de la Chaudière-Appalaches d'Emploi-Québec, les entrepreneurs de cette région ont l'intention d'embaucher pas moins de 5300 nouveaux travailleurs. Un défi de taille.
C'est simple, les entreprises ne trouvent plus sur le marché de la grande région de Québec la main-d'oeuvre spécialisée dont elles ont besoin afin de poursuivre leur croissance. Nécessairement, elles doivent donc continuellement former leurs employés afin que ceux-ci demeurent à la fine pointe des nouvelles connaissances dans leur secteur d'expertise, accroissent leur polyvalence et deviennent encore plus productifs.
Toujours selon la direction régionale d'Emploi-Québec, près de 10 200 postes occupés dans les entreprises de la Chaudière-Appalaches font l'objet d'un besoin «criant» de formation et pas moins de 1350 postes demeurent vacants, car les employeurs ne parviennent pas à mettre le grappin sur du personnel adéquatement formé.
À la lecture de ce constat, les 11 maisons d'enseignement publiques de la région de la Chaudière-Appalaches ont décidé de parler d'une seule voix afin d'encourager les entreprises à recourir à leurs services pour former leur main-d'oeuvre. Quatre commissions scolaires (Côte-du-Sud, Navigateurs, Appalaches et Beauce-Etchemin), quatre institutions collégiales (Beauce-Appalaches, La Pocatière, Lévis-Lauzon et Thetford Mines) ainsi que le Centre universitaire des Appalaches, l'Université du Québec à Rimouski et l'Université Laval s'engagent donc conjointement dans une campagne de sensibilisation qui visera les entreprises de la Chaudière-Appalaches et qui cherchera à leur faire comprendre que les maisons d'enseignement public peuvent leur venir en aide.
«Les entrepreneurs savent que nous assurons la formation académique des jeunes et des adultes, mais ils ne savent pas que nous avons dans nos établissements l'expertise, les compétences et les équipements pour bâtir des programmes de formation pour leurs employés. Ils n'ont pas le réflexe de se tourner vers nous. Nous voulons changer les choses à cet égard», explique la porte-parole du regroupement et directrice de la formation continue au Cégep Beauce-Appalaches, Caroline Bouchard. «C'est le message que nous voulons véhiculer par l'entremise de la campagne Nous formons la différence et nous estimons qu'il sera plus facile de le faire entendre en nous réunissant tous ensemble plutôt qu'en le faisant tout un chacun dans notre coin de pays.»
Mme Bouchard précise que le monde de l'éducation ne pourra régler tous les maux qui affligent les entreprises en matière de recrutement et de rétention de leur main-d'oeuvre. «Avec nos 130 secteurs d'expertise différents, nous estimons, par contre, que nous sommes l'une des clés importantes du succès économique de notre région.»
En plus de la mise en ligne d'un site Internet (www.formonsladifference.com), les 11 maisons d'enseignement publiques entendent diffuser leur message un peu partout au cours des quatre prochaines années. Une somme de 200 000 $ sera consacrée à différentes activités promotionnelles.