Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, aussi responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, était de passage à Sept-Îles, vendredi.

Forages sur l'île d'Anticosti: Arcand tente de calmer le jeu

La Minganie «n'a pas à s'inquiéter» du feu vert accordé à Hydrocarbures Anticosti pour procéder à des forages avec fracturation hydraulique sur l'île d'Anticosti, a tenté de calmer le ministre Pierre Arcand, au lendemain de la décision qui s'est attiré les foudres des élus et des chefs innus de la région.
«La fracturation, ce n'est pas avant 2017, si elle doit avoir lieu», a nuancé le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles de passage à Sept-Îles, vendredi. «Mon message, c'est que la population n'a pas à s'inquiéter de la suite des choses, si on doit aller plus loin, ce sera des normes très strictes», a-t-il ajouté, voulant se montrer rassurant.
Permis accordés
Québec a accordé mercredi les permis environnementaux nécessaires pour que la société, dont l'État est partenaire via Ressources Québec, puisse réaliser trois forages sur l'île de la Minganie, avec fracturation hydraulique. Des forages exploratoires sont prévus dès cet été, tandis que ceux avec fracturation le sont en 2017.
Mais c'est déjà trop selon le préfet de la MRC de La Minganie, Luc Noël, qui a qualifié jeudi dans nos pages, le gouvernement de «fourbe, menteur», qui ne respecte pas le choix, pourtant unanime, des maires et des chefs innus de la Moyenne-Côte-Nord de refuser ces travaux sur l'île d'Anticosti, «un joyau».
«La politique n'intervient pas. [...] C'est une décision administrative, basée sur la science et sur nos lois et règlements», a défendu le ministre Arcand. «Le contrat qui a été signé avec l'ancien gouvernement est un contrat de trois fracturations, mais qui n'engage pas le gouvernement plus loin de ça. Il n'y a pas de garantie d'exploitation, d'aucune façon.»
Pierre Arcand rappelle par ailleurs que le premier ministre a «pas mal écarté», déjà, la question de l'exploitation des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti. Québec n'a pas prévu rencontrer à court terme les élus de la Minganie concernant le dossier. «Nous allons voir comment Ressources Québec a l'intention de gérer la situation», a conclu le ministre.