Fonction publique québécoise: secrétaires recherchées

Moche, un boulot d’agente de secrétariat dans la fonction publique, malgré la sécurité d’emploi pour certaines et un régime d’avantages sociaux pas piqué des vers?

Ennuyant. Répétitif. Sans trop de possibilités d’avancement.

L’appareil gouvernemental et ses artisans veulent fermer le clapet à tous les pisse-vinaigre qui prétendent que le gazon est plus vert du côté du secteur privé.

Comment?

En regroupant, pendant deux jours au Centre des congrès de Québec, des agentes de secrétariat provenant de la soixantaine de ministères et d’organismes, la fonction publique québécoise veut séduire les chercheurs d’emploi ou ceux qui souhaitent améliorer leur sort.

Vendredi (13h à 20h) et samedi (10h à 16h), le Salon du recrutement en secrétariat battra son plein. Une première.

«Nous donnons la parole aux agentes de secrétariat afin qu’elles expliquent leur rôle et les opportunités de grandir dans l’appareil gouvernemental», explique Julie Martel, conseillère à la promotion des emplois au Centre des services partagés du Québec.

«Les avantages de travailler dans la fonction publique sont méconnus. Qu’il suffise de parler de conciliation travail et vie personnelle, de développement professionnel ou d’aménagement du temps de travail. Que ça soit dans des champs aussi variés que la santé, l’éducation, la sécurité publique ou le développement durable, nous avons l’opportunité de collaborer à des projets qui peuvent avoir une portée significative sur la société québécoise.»

Bien sûr, les nouvelles venues ne décrocheront pas toutes un poste permanent au moment de leur embauche. «On ne laisse jamais partir une bonne ressource.  Le poste régulier peut arriver très rapidement étant donné qu’il y a beaucoup de postes qui se libèrent en raison des départs à la retraite.»

Actuellement, la fonction publique a plusieurs postes d’agent de secrétariat à pourvoir. «Je ne peux vous donner un nombre précis. Nos besoins sont récurrents», explique Julie Martel.

Relève rarissime

L’appareil gouvernemental n’évolue pas sur une autre planète. La rareté généralisée de main-d’oeuvre n’épargne personne.

La situation est préoccupante dans le cas des agentes de secrétariat.

Directeur des études au Collège Bart, Louis Morneau le confirme: le nombre de finissantes est insuffisant pour répondre à la demande. «Les inscriptions en bureautique sont à la baisse. C’est le cas chez nous. C’est le cas aussi dans les établissements publics. Et ne me posez pas la question à savoir si nos finissantes trouvent facilement un emploi. C’est le cas. Et rapidement à part ça.»

Julie Martel signale que, dans le cas des agentes de secrétariat, les besoins se manifestent dans tous les secteurs d’activité, notamment du côté des secrétaires juridiques et des adjointes à la magistrature.

Processus amélioré

Le processus d’embauche a été longtemps un boulet pour les ministères à la recherche de sang neuf.

Alors que le privé est souvent en mesure d’embaucher un nouvel employé sur-le-champ, la fonction publique devait s’en remettre à un interminable processus.

Ces dernières années, les choses ont changé.

Dans le cas des agentes de secrétariat, le processus de qualification se fait maintenant de façon continue. Plus besoin d’attendre le déclenchement de concours et les longs délais de traitement de dizaines de milliers candidatures.

Vendredi et samedi, les visiteurs pourront se faire expliquer les démarches pour accéder aux emplois. Ils pourront également en profiter pour s’inscrire dans le processus de qualification.

Parallèlement au Salon du recrutement en secrétariat, se tiendront au Centre des congrès, vendredi et samedi, les Journées de l’emploi en secrétariat. À cette occasion, près d’un millier de candidats déjà qualifiés viendront rencontrer des gestionnaires des ministères et organismes pour des entrevues d’embauche.