La Foire de l'emploi de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, qui se tient au Centre de foires d'ExpoCité, se termine samedi à 17h00

Foire de l'emploi 16 866 postes offerts dans la région de Québec

En cette 20e édition de la Foire de l’emploi de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, ils sont 222 employeurs à la recherche de travailleurs. Près d’une soixantaine de plus que l’an dernier.

Ils se croisent les doigts dans l’espoir de pouvoir contenter 16 866 postes.

Une mission difficile, mais loin d’être impossible. En 2016, la foire avait permis aux entreprises participantes de pourvoir 11 667 emplois.

Vendredi, Statistique Canada révélait que le taux de chômage dans la région de Québec affichait 3,6 %.

Avec la création de près de 10 000 emplois depuis janvier, la région connaît son meilleur début d’année depuis une décennie.

Présent à l’ouverture de l’événement, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, dit avoir entendu le message des employeurs au sujet de leurs difficultés à combler tous les postes vacants.

Bientôt, le gouvernement annoncera une Stratégie nationale de main-d’oeuvre.

Entretemps, le ministre convie les employeurs à investir davantage dans le développement des compétences de leurs travailleurs, à améliorer leurs pratiques en matière de gestion des ressources humaines et à favoriser le recrutement des immigrants, des personnes handicapées et des prestataires de l’aide financière de dernier recours.

Le Soleil a rencontré trois employeurs, le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, Bibby-Ste-Croix et Fromagerie Bergeron.

Se tenant au Centre de foires d’Expocité, le supermarché de l’emploi se termine samedi à 17h.

À gauche, Marleen Cameron, chef de service, Recrutement et Sélection, au CIUSSS échange avec une visiteuse à la Foire de l’emploi

CIUSSS: 900 postes à pourvoir

À la Foire de l’emploi de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS) avait une lourde commande. Pourvoir 900 postes.

«L’an dernier, nous avons procédé à 2300 embauches», informe Christian de Beaumont, coordonnateur à la gestion des besoins de main-d’oeuvre au CIUSSS.

Avec 17 000 employés déployés de Portneuf à Charlevoix, cette organisation est l’un des principaux employeurs de la région de Québec.

L’équipe des ressources humaines du CIUSSS a épluché, l’an dernier, 8000 CV et fait passer en entrevue 5000 personnes.

Un feu roulant.

«Nous avons des employés qui partent à la retraite. Il faut remplacer le personnel pendant les vacances et les congés de maternité», explique M. de Beaumont en soulignant que les besoins de main-d’oeuvre sont nombreux et diversifiés.

Évidemment, l’établissement a besoin de personnel soignant, mais aussi des spécialistes de l’informatique, des agents administratifs, des préposés aux services alimentaires et à l’entretien ménager.

En tête de liste, insiste le gestionnaire, il y a les préposés aux bénéficiaires. «Nous en avons embauché 500 l’année dernière et nous allons être en mesure d’offrir 300 nouveaux postes prochainement.»

«Maintenant, nous sommes en mesure de garantir des heures aux préposés aux bénéficiaires, par exemple huit quarts de travail sur une période de 14 jours. Ça fait une différence.»

Avec tous les départs à la retraite, ça libère des postes permanents. À une certaine époque, il fallait attendre une éternité avant de décrocher un poste permanent dans un établissement. Ce n’est plus le cas aujourd’hui», affirme Christian de Beaumont. Gilbert Leduc


Chantale Pelletier, conseillère en ressources humaines chez Bibby-Ste-Croix

Bibby-Ste-Croix: semaine de quatre ou de trois jours

Ses travailleurs, la fonderie Bibby-Ste-Croix les recrute à Shawinigan, à Trois-Rivières, à Thetford Mines, à Québec, à Lévis et près de Montmagny.

La distance n’a donc pas d’importance pour avoir l’opportunité d’évoluer sur un horaire de travail de quatre ou de trois jours par semaine.

«Avouons-le, ça nous donne un certain avantage dans la course à la main-d’oeuvre», affirme la conseillère en ressources humaines Chantale Pelletier.

Située à Sainte-Croix, dans la région de Lotbinière, Bibby-Ste-Croix a été fondée en 1921. La fonderie est spécialisée dans la fabrication de produits d’aqueduc pour les municipalités. Elle procure un gagne-pain à 450 personnes.

Guidée par le désir d’offrir à son monde une meilleure qualité de vie et de lui permettre de concilier plus sereinement le travail et la vie personnelle, la compagnie a introduit, il y a quelques années, deux nouveaux horaires de travail.

L’un de quatre jours par semaine. Quarante heures.

L’autre de trois jours. Trente-six heures. Douze heures par jour du vendredi au dimanche. Une prime en plus.

«Je pense que nous avons visé dans le mille avec cette mesure. Ça plaît aux travailleurs. Ils ont du temps devant eux», explique Chantale Pelletier en soulignant que des employés qui travaillent la fin de semaine et qui habitent loin de Sainte-Croix louent souvent une chambre dans laquelle ils vont se coucher après le quart de travail de 12 heures le vendredi et le samedi.

«En plus, nous nous assurons de bien payer nos travailleurs. Le taux horaire d’un journalier débute à 23,12 $. Celui d’un mécanicien est supérieur à 24 $. Pour beaucoup de postes, nous n’exigeons pas de formation. Nous formons nos employés», signale celle qui propose une vingtaine d’emplois aux visiteurs dans le cadre de la Foire de l’emploi. Gilbert Leduc



Marie-Philip Campagna, conseillère en ressources humaines pour à la Fromagerie Bergeron

Fromagerie Bergeron: Ça prend des humains aussi

La Fromagerie Bergeron annonçait, le 29 mars dernier, un investissement de 20 millions $ sur quatre ans pour l’agrandissement et la modernisation de son usine de Saint-Antoine-de-Tilly.
Dans cette installation, il se fabrique du fromage sept jours par semaine, 24 heures par jour.

Afin de poursuivre sa croissance, la Fromagerie Bergeron doit acheter de nouveaux équipements dans le but d’améliorer ses procédés de fabrication.

«Oui, nous misons sur l’automatisation, mais il nous faut aussi des humains pour faire fonctionner tout ça», signale Marie-Philip Campagna, conseillère en ressources humaines à la Fromagerie Bergeron.

Elle s’est pointée à la Foire de l’emploi avec une dizaine de postes à offrir.

À Saint-Antoine-de-Tilly, la Fromagerie Bergeron fait travailler 250 personnes. Une soixantaine d’autres employés s’activent à l’usine de Saint-Nicolas où l’entreprise familiale produit le fromage La Vache qui rit pour tout le Canada.

«Malgré un marché de l’emploi serré, nous parvenons à bien tirer notre épingle du jeu», fait remarquer Mme Campagna. «Nous jouissons d’une bonne réputation et c’est connu que nous payons bien notre monde.»

La participation à un supermarché de l’emploi n’est qu’un élément d’une stratégie bien huilée de recrutement de nouveaux talents.

«En venant à la Foire de l’emploi, nous bénéficions d’une belle visibilité. Il y a 10 000 personnes qui passent ici pendant deux jours. Nous trouvons des travailleurs et nous faisons une bonne récolte de candidatures pour combler des postes immédiatement ou plus tard», souligne-t-elle en mentionnant que les meilleurs recruteurs de l’entreprise sont ses employés. «Ils n’hésitent jamais à vanter les mérites de l’entreprise à leurs connaissances et à nous recommander des candidats.» Gilbert Leduc