Le grand patron de l’entreprise Fibrotek, spécialisée en matériaux de composite, Luc Tremblay.

Fibrotek vise une usine de 100 millions $

Ce ne sont pas les projets qui manquent chez Fibrotek. L’entreprise de Charlevoix a le vent dans les voiles et caresse maintenant l’idée de construire une usine de fibre de carbone. L’investissement pourrait atteindre les 100 millions $.

Mais avant d’effectuer la première pelletée de terre à Clermont, la direction a d’autres plans. Elle souhaite, entre autres, réaliser l’achat d’une machine pour tisser la fibre de carbone. Un projet de 800 000 $.

Ensuite, elle veut acquérir une machine pour pré-imprégné la fibre de carbone de résine époxy. La facture devrait osciller aux alentours de 10 millions $.

«On commence à travailler sur notre projet d’usine, mais il y a plusieurs étapes à franchir avant d’en arriver là», indique au Soleil le patron de l’entreprise spécialisée en matériaux de composite, Luc Tremblay. «Notre but ultime est de produire notre propre fibre de carbone, ici au Québec, à partir de matières premières qui proviendraient de l’extérieur», poursuit-il.

Ce dernier précise avoir déjà entamé des pourparlers avec une compagnie européenne pour assurer son approvisionnement.

Jeudi, le pdg de Fibrotek a fait part de son plan d’affaires au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et à la députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, qui étaient de passage à ses installations dans le parc industriel de Clermont. Il a d’ailleurs tenu à souligner le support de Mme Simard envers son entreprise.

D’ici «cinq à dix ans»

Si tout se déroule selon le plan, la direction espère réaliser son projet d’usine d’ici «cinq à dix ans». Le montage financier n’est pas encore complété. Et il est impossible, pour le moment, de connaître le nombre de travailleurs qui seront embauchés ni le site choisit par la direction pour ériger les nouvelles installations.

«Avant d’ouvrir notre usine, on veut posséder notre machine pour tisser la fibre. On souhaite l’avoir le plus rapidement possible», réitère M. Tremblay, qui réalise présentement des emplettes. «Ensuite,  lorsqu’on va maîtriser ce procédé, on veut une autre machine pour pré-imprégné notre résine. Nous avons déjà notre recette», explique-t-il.


« Notre but ultime est de produire notre propre fibre de carbone, ici au Québec, à partir de matières premières qui proviendraient de l’extérieur »
Luc Tremblay, patron de Fibrotek

Pour les non-initiés, la résine permet dans le processus de fabrication de solidifier la pièce lorsqu’elle est chauffée dans un moule.  

C’est après avoir complété ces deux étapes du plan d’affaires que l’usine de fabrication de fibre de carbone devrait voir le jour dans Charlevoix. «Seulement pour acheter la machine de carbonisation, on estime que la facture sera d’environ 50 millions $US», avance l’ingénieur mécanique de formation.

Selon M. Tremblay, la réalisation de ce plan de croissance permettra des économies de plus de 50 % sur la facture de fabrication des produits. Il sera maître en grande partie de la chaîne de production.

Depuis 2016, Fibrotek a vu son nombre de travailleurs quadruplé, passant de 25 à 100, et son chiffre d’affaires a plus que doublé. Le carnet de commandes ne dérougit pas. Ses clients sont basés du côté du pays de Donald Trump, au Brésil et en Europe.

Comme plusieurs autres manufacturiers, la compagnie, qui fabrique, entre autres, des pièces pour les secteurs de l’aviation et de l’automobile, peine à combler certains postes spécialisés.

D’ailleurs, le manque de main-d’œuvre pourrait venir miner certains projets d’expansion, craint le patron. Il travaille présentement sur un projet d’automatisation afin d’atténuer les impacts du manque de personnel.

«Aujourd’hui, nous sommes une centaine et si j’avais 200 travailleurs de plus, j’aurais du travail pour eux», dit M. Tremblay. «C’est beau avoir des projets, mais il faut combler la base qui est la main-dœuvre», conclut-il.