Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, estime qu’avec l’obtention du décret gouvernemental, plus rien n’empêche le projet de Mason Graphite d’avancer.

Feu vert au projet de Mason Graphite

BAIE-COMEAU – Le projet de Mason Graphite d’exploiter une mine de graphite et une usine de traitement du minerai à Baie-Comeau s’est considérablement rapproché de la réalité mercredi, l’entreprise décrochant enfin le décret gouvernemental lui accordant l’autorisation environnementale tant attendue.

Il s’agissait du dernier écueil majeur avant la concrétisation de ce projet de 200 millions $, prévu pour créer une centaine d’emplois dans la région. «C’est une très belle journée aujourd’hui. Ça signifie que le gouvernement nous donne enfin l’autorisation nécessaire pour démarrer le projet», a lancé le vice-président exécutif de Mason, Luc Veilleux.

D’après M. Veilleux, les travaux de préparation du terrain de la future usine vont s’amorcer d’ici la fin de l’été, pour une mise en service prévue fin 2019 et une production commerciale pour 2020. Les travaux d’aménagement des lieux à la mine de graphite du lac Guéret, à près de 300 kilomètres au nord de Baie-Comeau, devraient aussi débuter dans les prochaines semaines.

«C’est une journée merveilleuse pour Baie-Comeau et la Manicouagan», a renchéri le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, affirmant du coup que sa ville vient «d’amorcer sa phase de diversification (économique) « car l’industrie minière dans la Manicouagan, contrairement à Sept-Îles par exemple, est «un domaine qu’on n’avait pas vraiment développé».

Pour M. Montigny, l’obtention du décret environnemental «était la partie qui nous inquiétait le plus»  dans ce dossier, rajoutant que «ce matin, on n’est plus dans les risques du tout» et que les actions allaient s’accélérer. «Plus rien n’empêche d’avancer.»

Montage financier à compléter

Mason Graphite n’a pas encore complété le montage financier du projet. L’entreprise avait toutefois déjà levé une douzaine de millions de dollars au printemps afin de commander certaines pièces d’équipements nécessaires à la construction de l’usine et qui prennent de 6 à 12 mois à être fabriquées et livrées.

Luc Veilleux, également chef de la direction financière de Mason, espère que cette étape du financement sera complétée à la fin de l’été. «Tant qu’on n’avait pas notre permis, certains investisseurs préféraient attendre», a-t-il fait valoir.

Le maire Montigny partage totalement cette analyse.

«À partir du moment où on sentait une résistance au niveau environnemental, que le feu vert n’est pas donné par le ministère, c’est toujours difficile de boucler le montage financier. S’il n’y a plus ces contraintes, ça va très bien aller et ça va faciliter la tâche de Mason Graphite», a indiqué l’édile.

Au total, l’exploitation de la mine, le transport du minerai et les opérations de l’usine de traitement du graphite de Baie-Comeau créeront une centaine d’emplois, dont plusieurs reviendront aux Innus de Pessamit, qui se sont entendus avec la compagnie sur une entente répercussions et avantages.

Selon Luc Veilleux, la demande mondiale en graphite reste forte et les prix ont même augmenté depuis le début de 2018. Mason Graphite prévoit arriver sur le marché avec une production annuelle de 50 000 tonnes de graphite traité à son usine de Baie-Comeau, soit autour de 10 % de l’actuelle production mondiale.