La fermeture du Concorde privent les organisateurs de congrès de 400 chambres haut de gamme et de grandes salles de réception pour y loger et recevoir les participants.

Fermeture du Concorde: une perte pour les congrès

La fermeture du Concorde va priver Québec d'un des hôtels pourvus des plus grandes aires d'accueil et salles de réception pour les salons d'exposition.
Un premier congrès prévu au Concorde en mars vient de prendre le chemin du Centre des congrès de Lévis, faute d'avoir pu se loger au centre-ville de Québec.
Hormis le Centre des congrès, seuls le Concorde, le Hilton et le Plaza Québec disposent de salles de 7000 pieds carrés recherchées par des organisateurs d'événements.
Le Centre des congrès est cependant plus cher que les hôtels et ne peut offrir d'hébergement sur place.
Le groupe Deco Surfaces, qui a son siège à Laval, s'apprêtait à descendre au Concorde pour la sixième fois.
Les participants aiment la proximité des restos et du night life de la Grande Allée, rapporte Marianne Boily, responsable du marketing pour le groupe.
Le groupe Deco Surfaces réunit chaque année à Québec 250 marchands de partout en province et même au-delà pour un congrès de deux jours et demi et un salon d'exposants.
Mme Boily savait que le Concorde était à vendre lorsque le contrat pour mars 2014 a été signé. C'est cependant à la télé l'automne dernier qu'elle a appris la fermeture le 12 février.
Le groupe Deco a été «chanceux» de trouver une disponibilité à Lévis, décrit Mme Boily.
Des navettes vers le centre-ville
Québec n'aura pas tout perdu pour cette année. Le Groupe Deco est à organiser des navettes, des autobus et des taxis pour amener ses membres manger et sortir au centre-ville de Québec.
Mais il n'est plus acquis que les congrès annuels pourront toujours avoir lieu dans la région de Québec, prévient Mme Boily.
Depuis l'annonce de la fermeture, le Centre des congrès a reçu sept demandes d'accueil pour des événements prévus au Concorde. Deux déplacements ont été confirmés, et cinq autres font encore l'objet de discussions.
Au moins un autre événement a été transféré au Château Frontenac et l'Office du tourisme et des congrès est à pied d'oeuvre pour recenser les activités prévues au Concorde et tenter de les reloger à Québec.
Revoir les prix
Le Centre des Congrès a accepté de revoir des prix pour éviter que Québec perde des événements.
Outre les salles de réception, la fermeture du Concorde prive Québec de 400 chambres haut de gamme. Il n'était pas rare que la moitié de ces chambres soient occupées par des clients venus du Centre des congrès, décrit la porte-parole du Centre, Ann Cantin.
Il faudra loger ces clients ailleurs. Ce n'est «pas un problème insurmontable», mais le Centre des congrès devra développer une «nouvelle stratégie marketing», explique Mme Cantin.
Il est connu que les visiteurs des États-Unis préfèrent souvent se loger dans des grands hôtels appartenant à des chaînes.
Québec devra réussir à leur vendre davantage ses hôtels boutiques (ex. : Germain) ou appartenant à des familles locales (ex. : Jaro).
«On vient de perdre un gros joueur», constate Régis Fleury, délégué commercial à l'Office du tourisme et des congrès de la Ville de Québec.
Il va falloir «challenger» des clients habitués du Concorde, «compresser»des événements pour les loger dans plus petit et parfois peut-être devoir «dire non»
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La CSN déplore la disparition «catastrophique» de centaines d'emplois
Le débat sur le changement de vocation du Concorde occulte la perte «catastrophique» de centaines d'emplois. C'est ce que déplore le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN) dans une lettre envoyée vendredi aux médias, en rappelant que la fermeture de l'hôtel le 12 février touche 230 employés, sans compter les centaines d'emplois indirects liés à son fonctionnement.
La présidente du Conseil, Ann Gingras, affirme que «cette situation catastrophique aura des conséquences majeures, à la fois sur ces personnes et leurs familles, mais aussi sur l'économie locale en raison d'une baisse de l'activité commerciale que générait l'hôtel». Elle trouve «scandaleux» que «certains intervenants montrent du doigt les conditions de travail pour expliquer cette fermeture sauvage», soulignant que les parties patronale et syndicale ont convenu librement de ces conditions.
Le conseil régional de la CSN doute par ailleurs qu'une transformation du Concorde en résidence pour personnes âgées puisse être bénéfique pour la Ville de Québec et le secteur de la Grande Allée.