Lampion à la main, les employés et ex-employés du Concorde ont participé à une «veillée mortuaire» marquant la fin d'une époque, après 40 ans d'activité hôtelière sur la Grande Allée.

Fermeture du Concorde: obsèques en famille

«Les clients, ce sont mes amours. J'espère qu'aujourd'hui, quelqu'un qui veut m'engager ne regardera pas mon âge, mais l'amour que je peux apporter aux clients.»
<p>Et la «famille» des employés du Concorde se poursuit sur plusieurs générations. Anick Dion, Katherine Sutherland et Catherine Lévesque n'étaient pas nées lorsque plusieurs de leurs collègues ont commencé à travailler au Concorde. </p>
<p>Shaun Fennell et sa conjointe Kate, de l'Ontario, ont été les derniers clients à quitter le Loews Le Concorde mercredi avant d'aller poursuivre leur séjour à Québec au Château Laurier. Après 40 ans d'activité, l'emblématique Concorde ouvert en 1974 a fermé ses portes vers midi, au moment où des élus municipaux, provinciaux et le syndicat refusent de perdre espoir d'en préserver la vocation hôtelière. </p>
À 63 ans, Yvanne Cantave a passé plus de la moitié de sa vie comme préposée aux chambres du Concorde. Mercredi, elle a joint une cinquantaine de ses collègues pour pleurer symboliquement la «mort» de l'établissement de la Grande Allée qui a fermé ses portes après 40 ans d'activités.
Yvanne y a passé 36 ans. Le Concorde a été son monde, sa source de revenus et son milieu de vie. «J'ai éduqué mes enfants grâce au Loews Le Concorde», a-t-elle illustré.
Yvon, lui, a été chasseur pendant 35 ans. En fin de journée mercredi, pendant une «veillée mortuaire» par un froid glacial, il avait revêtu chapeau et veston noir de circonstance. «C'est un événement triste. Quand il y a quelqu'un qui meure dans la famille, tu t'habilles pour aller aux funérailles», a-t-il illustré en prenant place dans la foule d'employés dont la majorité tenait un lampion.
«Famille». Le mot est revenu souvent depuis que l'arrêt de mort du Concorde a été proclamé pour le 12 février.
«La plupart d'entre nous sommes arrivés à la fin des années 70 ou au début des années 80. On était des ti-culs. On a été élevés ensemble. C'était une famille», avait dit un peu plus tôt le président du syndicat du Concorde, Jacques Fortin. La gorge nouée par l'émotion, M. Fortin a aussi pensé aux couples qui se sont formés au fil des ans. «Je pense à Louise et Pierre qui vont fêter 20 ans de mariage. Sylvain et Johanne. Je pense à vous autres, la gang. On va rester une famille pareil», a-t-il poursuivi.
Et la «famille» des employés du Concorde se poursuit sur plusieurs générations. Anick Dion, Catherine Lévesque et Katherine Sutherland n'étaient pas nées lorsque plusieurs de leurs collègues ont commencé à travailler au Concorde. Même si Catherine est déjà «replacée» et qu'elles ont toutes confiance de se retrouver du boulot, les trois jeunes femmes ont tenu à venir manifester leur soutien à leurs aînés. «Le Concorde, c'est le meilleur hôtel avec la plus belle vue», illustre Anick Dion.
La présidente du Conseil central de Québec-Chaudière--Appalaches de la CSN, Ann Gingras, a aussi vanté les qualités et la localisation unique de l'hôtel que le syndicat aimerait voir rester un hôtel (voir autre texte). «On ne peut pas de permettre de se passer d'un tel hôtel sur la Grande Allée», a-t-elle lancé aux employés réunis devant les portes closes de l'hôtel qui aura reçu six millions de visiteurs en quatre décennies.