L’annonce de la fermeture temporaire du Café Sirocco sur le boulevard René-Lévesque a créé une onde de choc dans le domaine de la restauration.
L’annonce de la fermeture temporaire du Café Sirocco sur le boulevard René-Lévesque a créé une onde de choc dans le domaine de la restauration.

Fermeture du Café Sirocco: «Une épée de Damoclès au-dessus de la tête des restaurateurs»

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
L’annonce de la fermeture temporaire du Café Sirocco sur le boulevard René-Lévesque a, une fois de plus, créé une onde de choc dans le domaine de la restauration. Jean-Pierre Bédard, directeur général de la SDC Montcalm, croit que la nouvelle «envoie un message clair qu’il faut rester vigilant».

«Ça signifie que les restaurateurs ont une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes», lance M. Bédard, en réaction à la récente annonce. Le directeur général de la SDC Montcalm précise toutefois que le Café Sirocco ferme temporairement. «C’est moins dramatique que si ça avait été une fermeture définitive. C’est triste, mais il y a quand même de l’espoir.» 

La direction du Café Sirocco a fait savoir dans une publication Facebook, samedi, qu’elle fermait jusqu’à nouvel ordre le restaurant, préférant désormais consacrer ses efforts dans les opérations de sa maison mère, le restaurant Louis Hébert.

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Au courant des prochains jours, M. Bédard sondera les commerçants du Quartier des arts afin de prendre le pouls de la situation et évaluer l’étendue des dégâts. Ce dernier s’inquiète d’ailleurs à ce que la situation empire à l’arrivée de l’automne. «On craint qu’il y ait une hécatombe lorsque l’été sera terminé. C’est à ce moment-là qu’on va être en mesure de voir le véritable impact [de la crise].»

«J’ai peur que ce ne soit que le début»

Quant à Bruno Salvail, directeur général de la SDC Maguire, il s’attend à ce que d’autres fermetures du genre surviennent au courant des prochains mois. «Ce serait se mettre des lunettes roses de dire qu’il n’y en aura pas d’autres. Les choses n’iront pas en s’améliorant. J’ai bien peur que ce ne soit que le début», croit-il.

Selon ce dernier, les restaurateurs font face à plusieurs problèmes: la pénurie de main-d’œuvre et la baisse de l’achalandage, associées à des coûts plus élevés en raison des mesures sanitaires et de la hausse du prix des aliments. «Plusieurs restaurateurs n’ont pas le choix de refiler la facture aux clients, tout en sachant que le pouvoir d’achat de certains consommateurs a diminué en raison de la crise.» 


« On craint qu’il y ait une hécatombe lorsque l’été sera terminé. C’est à ce moment-là qu’on va être en mesure de voir le véritable impact [de la crise] »
Jean-Pierre Bédard, directeur général de la SDC Montcalm

François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), abonde dans le même sens. «Sans surprise, la réouverture n’est pas un gage de rentabilité.» Selon un sondage réalisé au début juillet auprès de 500 restaurateurs membres de l’ARQ, 61% des répondants affirmaient qu’ils ne pourraient pas survivre plus de six mois sans aide financière supplémentaire. «La situation n’a pas changé», souligne M. Meunier, ajoutant que les mesures de distanciation sociale et l’absence de touristes étrangers ont un impact négatif sur le chiffre d’affaires des restaurateurs. 

De plus, selon une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) publiée la semaine dernière, près de 18 000 entreprises au Québec pourraient fermer en raison de la COVID-19. Les secteurs les plus à risque sont, entre autres, les arts, les loisirs et l’information (30 %) ainsi que l’hébergement/la restauration (27 %).