Chambre à coucher fabriquée par Meuble Idéal

Fermeture de Meuble Idéal: aucune relance possible, dit la direction

Le syndicat des travailleurs de l’usine Meuble Idéal, située à Saint-Charles-de-Bellechasse, examine «toutes les options possibles pour maintenir l’usine en activité». Mais pour la direction de Meuble Idéal, il n’existe aucune possibilité de relance.

Selon le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, les employés ont été «choqués» d’apprendre la fermeture de l’usine. Il rappelle que d’autres usines de meubles près de la fermeture ou en faillite ont réussi à être sauvegardées avec l’aide et l’expertise du Fonds de solidarité FTQ. «Il y a une responsabilité sociale. On a demandé à la FTQ d’appeler les gens du secteur pour voir quelles sont les possibilités», mentionne-t-il.

«Dans l’intervalle, nous sommes à mettre en place toutes les ressources nécessaires pour soutenir les travailleurs», souligne-t-il.

Questionné à ce sujet, le directeur général, Marc Godbout a affirmé au Soleil, que la décision par les actionnaires était «irrévocable». «J’ai informé François Gignac [représentant national d’Unifor] qu’aucune rencontre n’était prévue et qu’il n’y avait aucune possibilité de relance», spécifie-t-il.

La direction de Meuble Idéal a annoncé la fermeture mardi à ses employés. Selon M. Godbout, l’usine a vu ses commandes fondre au fil des années. L’usine avait du mal à renouveler sa clientèle et à faire face au manque de rentabilité. «Depuis 7-8 ans, on gère une décroissance de nos ventes. La perte de Sears en 2017 nous a fait très mal. C’était 25 % de nos ventes totales. On a perdu une grosse créance et on avait également un inventaire important», explique-t-il.

L’entreprise de Saint-Charles-de-Bellechasse n’a jamais retrouvé un joueur aussi important que Sears. «On a essayé avec Meuble Léon, mais ce n’était pas concluant. Et depuis trois ans, on cumulait des pertes», justifie-t-il. 

Pour M. Gagné, cette excuse n’est pas justifiable. «Parfois, il faut changer de niche, créer un autre style de meuble, aller vers autre chose pour maintenir les emplois»  «Pourquoi ils n’essayent pas de vendre, questionne-t-il. Elle a de la valeur cette usine, il y a des travailleurs qualifiés.»

Pas trop inquiet pour les travailleurs 

La fermeture sera effective à la mi-septembre. D’ici là, 90 employés vont devoir se trouver un autre travail. Pour Marc Godbout, ceux-ci ne devraient pas avoir trop de difficultés avec la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit dans la région. 

«Depuis hier [mardi], 28 ou 29 entreprises [situées dans un rayon de 50 km] m’ont demandé certaines informations. Ils sont prêts à venir rencontrer les employés pour des offres d’emploi, parce qu’ils sont en pénurie de main-d’oeuvre», fait-il valoir. 

L’entreprise travaille également avec Emploi-Québec pour constituer un comité de reclassement. Une réunion d’information organisée par Emploi-Québec aura lieu la semaine prochaine et les employés devront voter pour la création ou non de ce comité.

Meuble idéal a été fondée par Onésime Leblanc en 1946, puis achetée en 1948 par Maurice Bélanger. L’entreprise a été reprise par ses fils Claude et Jean Bélanger en 1978. L’usine était spécialisée dans la fabrication de meubles de chambre à coucher.