Le 3 avril 2010, le Groupe Loblaw a mis en lock-out les 400 employés de l'entrepôt Provigo à Québec.

Fermeture de l'entrepôt Provigo: 400 travailleurs pas encore payés

Sept ans après la fermeture de l'entrepôt Provigo à Québec, et près d'un an après la signature d'une entente, les 400 travailleurs de l'établissement n'ont toujours pas reçu d'argent du Groupe Loblaw pour les indemnités de licenciement collectif, a appris Le Soleil. 
Cette saga représente une facture pour le géant canadien de l'alimentation de quelques millions de dollars. Plusieurs travailleurs ont confié au Soleil attendre toujours leur chèque de près de 20 000 $, avant déductions. Le montant de l'indemnité varie en fonction du nombre d'années d'ancienneté de l'employé. 
Pour la petite [longue] histoire, la saga a débuté le 3 avril 2010, avec une mise en lock-out des employés. 
Avant même de s'être prononcés sur l'offre finale présentée par l'employeur, qui a finalement été rejetée à 97,8 %, les travailleurs de Provigo apprenaient la fermeture de l'établissement le 27 avril 2010. Le centre de distribution situé dans le parc industriel Armand-Viau a cessé ses opérations le 22 juin. Il s'en est suivi un bras de fer entre Loblaw, propriétaire entre autres des bannières Provigo, Maxi et de l'enseigne Pharmaprix, et la CSN.
Après différentes procédures devant les tribunaux, et ce jusqu'en Cour supérieure, en octobre 2016, les employés ont finalement accepté la proposition de la société ontarienne. 
«Aujourd'hui, nous n'avons toujours pas un sou», confie une source, préférant taire son nom. «Ce n'est pas normal qu'un dossier dorme sur une tablette aussi longtemps. C'était une fermeture déloyale. Il y a certainement une personne qui n'a pas fait ses devoirs», poursuit-il, précisant que les travailleurs avaient accepté 12 semaines de salaire au lieu de 16 comme l'indique la Loi sur les normes du travail. 
Elle stipule qu'une entreprise comptant plus de 300 salariés doit envoyer un avis de licenciement collectif au ministère de l'Emploi au moins 16 semaines avant de fermer.
«C'est difficile d'avoir des réponses. L'entente a été signée à huis clos», avance au Soleil un autre travailleur. «Les gens ont accepté l'offre en espérant avoir rapidement l'argent. Et ce n'est pas le cas. [...] On ne sait même pas encore combien nous allons avoir à la fin», déplore-t-il. 
La CSN muette
Du côté de la CSN, on se montre avare de commentaires dans ce dossier. On confirme toutefois qu'aucune somme n'a encore été versée dans les coffres de la centrale syndicale. Le syndicat a fait parvenir une lettre aux travailleurs le 7 septembre dernier pour expliquer où était rendu le dossier. 
Dans cette lettre, on peut lire que des problèmes de système informatique à la Commission de l'assurance-emploi auraient retardé les démarches. Les sommes qui devraient être versées en 2017 s'additionneront aux sommes versées à la cessation d'emploi en 2010 [notamment en paiement des vacances], ce qui a entraîné de nouveaux calculs.
«Réviser l'année 2010 implique pour la Commission de faire des calculs à la mitaine dans un système informatique obsolète qui n'est plus celui que la Commission utilise. L'exercice est fastidieux, apparemment, d'où le report de l'échéance», retrouve-t-on dans la missive de la CSN.
Il est également stipulé que «Loblaw ne recevra qu'une seule décision pour l'ensemble des travailleurs dans ce dossier, par laquelle la Commission lui ordonnera de retenir les sommes énumérées en annexe pour tous les salariés. C'est à partir de ce moment que le délai de 60 jours prévu à l'entente pour l'émission des chèques par Loblaw commencera à courir».
Chez Loblaw, on souligne que le processus suit son cours. «Nous comprenons que ce délai puisse paraître long, mais l'employeur s'assure de respecter les modalités prévues au règlement et travaille de concert avec le syndicat et les parties visées afin que le dossier puisse être réglé le plus rapidement possible, à l'intérieur des délais prescrits.»
Aucune des deux parties n'a voulu dévoiler les détails liés au règlement, notamment les délais pour distribuer les sommes.
«Chaque année, il y a des intérêts qui devaient s'ajouter. C'est un an d'intérêt que nous avons perdu. Cela représente environ 1000 $», conclut un autre travailleur.