Faillite de Trinor, un «fleuron» septilien

Un «fleuron» de Sept-Îles vient de tomber. Le Groupe Trinor a déclaré faillite vendredi, comme quoi l'effondrement du marché du fer, même s'il se redresse à peu à peu, a lourdement fragilisé le tissu de la PME.
«C'est un emblème, un fleuron. C'est vraiment triste», a réagi le directeur adjoint de Développement économique Sept-Îles (DÉSI), Russel Tremblay. Le Groupe Trinor embauchait entre 50 et 70 travailleurs depuis les derniers mois, mais en a déjà eu à pied d'oeuvre autour de 250, entre autres dans les bonnes années, en 2012. 
C'est d'ailleurs à cette époque que Gestion Brasa de Rimouski a mis la main sur l'entreprise, une transaction évaluée à plusieurs millions. «La situation économique difficile nous porte aujourd'hui à mettre l'entreprise en faillite», a indiqué la porte-parole de la société, Geneviève Dionne. «C'est une fermeture définitive». 
Jeudi, un syndic de faillite a ordonné l'arrêt des activités et les employés, gestionnaires et syndiqués, ont dû quitter. «Depuis 18 mois, on voyait les mises à pied se succéder les unes après les autres, la dernière remonte à décembre. On était vraiment inquiets», a indiqué le représentant Métallos, des employés de la division Fabnor, Yves-Aimé Boulay. 
Le Groupe Trinor comptait quatre divisions et offrait pour la très grande majorité de ses services à la grande entreprise. Gestion Brasa assure qu'il «y a beaucoup d'efforts et d'investissements qui ont été faits depuis les dernières années pour être en mesure de sauver l'entreprise et malheureusement ça n'a pas porté fruit».
Pour DÉSI, la fermeture de Trinor met en évidence que malgré les signes de reprise, «la région n'est pas à l'abri d'une mauvaise nouvelle» après avoir traversé deux années assez moroses. Russel Tremblay rappelle d'ailleurs que la difficulté des grands joueurs a souvent des effets lents, excluant «évidemment les pertes directes» d'emplois.   
«Quand il y a eu la fermeture de Cliffs (Natural Resources) ou quand (Aluminerie) Alouette et (Rio Tinto) IOC font des efforts pour réduire leurs coûts, ce sont des choses qu'on ne voit pas sur le coup, mais qui ont un impact à long terme. Les entreprises essayent de trouver des façons pour se maintenir en vie le plus longtemps possible». 
Relance?
Pour la suite, le syndicat des Métallos dit «garder les yeux ouverts pour évaluer les perspec-tives de relance de l'usine et favoriser une éventuelle reprise». DÉSI évaluera pour sa part dès lundi, les options «pour sauver le maximum d'expertise» et éviter «que ce soit une totale perte» pour la région.  
La faillite a été confiée au syndic Raymond Chabot.