Facebook a expliqué que Kogan avait pu récolter légalement les données des utilisateurs, mais avait «violé les règles de la plateforme» en les transmettant à Cambridge Analytica et à Christopher Wylie.

Facebook suspend Cambridge Analytica, liée à Trump

WASHINGTON - Facebook a annoncé avoir «suspendu» Cambridge Analytica, une entreprise d’analyse de données qui avait travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, et accusée d’avoir recueilli sans leur consentement les informations personnelles de millions d’usagers du réseau social.

D’après une enquête réalisée par le New York Times et The Observer, l’édition dominicale du quotidien britannique The Guardian, Cambridge Analytica aurait récupéré les données de 50 millions d’utilisateurs et s’en serait servi pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d’influencer le vote des électeurs.

Facebook a également suspendu les accès de la maison mère de la société, Strategic Communication Laboratories, ainsi que ceux d’Aleksandr Kogan, psychologue à l’université de Cambridge, et Christopher Wylie, dirigeant de la société Eunoia Technologies et ancien employé de Cambridge Analytica.

«En 2015, nous avions appris qu’Aleksandr Kogan nous avait menti et avait violé la politique de la plateforme en transmettant les données récupérées sur une application utilisant une interface de connexion de Facebook à SCL/Cambridge Analytica», a annoncé vendredi dans un communiqué Paul Grewal, le vice-président et directeur juridique adjoint du réseau social américain.

«Il a également transmis ces données à Christopher Wylie», a-t-il ajouté.

L’application développée par Aleksandr Kogan, «thisisyourdigitallife», s’affichait sur Facebook comme «une application de recherche utilisée par les psychologues». Elle proposait de payer les utilisateurs pour remplir des tests de personnalité.

Quelque 270 000 personnes ont téléchargé cette application, permettant à son développeur d’accéder à des informations comme la ville renseignée sur leur profil ou le contenu qu’elles avaient apprécié.

«Mais l’application a aussi collecté les informations des amis des personnes effectuant les tests, permettant d’accumuler des données sur des dizaines de millions de personnes», précise The Observer.

Facebook a expliqué que Kogan avait pu récolter légalement les données des utilisateurs, mais avait «violé les règles de la plateforme» en les transmettant à Cambridge Analytica et à Christopher Wylie.