Facebook Dating, qui a fait l’objet d’un projet pilote en Colombie, permet aux utilisateurs de créer un profil distinct de leur page Facebook habituelle, à l’abri des regards de leurs amis.

Facebook lance un outil de rencontres au Canada

TORONTO — Mark Zuckerberg est prêt à se transformer en Cupidon pour les Canadiens.

Facebook tentera de rapprocher les utilisateurs de sa plateforme grâce à un nouvel outil de rencontres qui fait ses débuts nord-américains au Canada, jeudi.

Facebook Dating, qui a fait l’objet d’un projet pilote en Colombie, permet aux utilisateurs de créer un profil distinct de leur page Facebook habituelle, à l’abri des regards de leurs amis.

La société recommandera des utilisateurs avec lesquels les participants ne sont pas déjà amis, mais avec qui ils partagent des préférences, des intérêts et, s’ils le souhaitent, des amis communs, des groupes ou des événements.

L’outil permettra les conversations par texte seulement, dans le but de minimiser les «rencontres occasionnelles» en établissant des relations à long terme et tentera de freiner les arnaqueurs qui utilisent une fausse identité en ligne pour tromper, en important les âges et les lieux de résidence à partir des profils Facebook traditionnels des utilisateurs.

Le lancement canadien de Facebook Dating arrive alors que le géant de la technologie fait face à des préoccupations de confidentialité à la suite d’une série de violations de données. L’histoire la plus médiatisée est arrivée l’hiver dernier, lorsque la société a admis que les données de près de 50 millions d’utilisateurs avaient été utilisées à mauvais escient par la société Cambridge Analytica. La vie privée des utilisateurs a été à nouveau menacée en septembre lorsque la société a signalé une violation de sécurité majeure dans laquelle 50 millions de comptes auraient pu être consultés par des pirates.

Certains experts ont déclaré que l’outil de rencontres soulèverait ses propres préoccupations en matière de confidentialité et qu’il est peu probable qu’elle apaise les inquiétudes relatives à la plateforme - même si Mark Zuckerberg a déjà déclaré que «nous avons conçu cette solution en tenant compte de la confidentialité et de la sécurité dès le départ».

Tamir Israel, avocat à la Clinique d’intérêt public et de politique d’Internet du Canada Samuelson-Glushko, se demande à quel point les profils Facebook et de rencontres d’un utilisateur seront vraiment distincts, car ils seront contenus dans la même application.

«Les gens penseront qu’il y a un certain degré d’isolation parce qu’ils décident de ce qui va figurer sur leur profil (de rencontres), mais nous avons vu à maintes reprises qu’il est difficile de maintenir ce type de séparation», a déclaré M. Israel.

Les préoccupations en matière de confidentialité sont la raison pour laquelle Facebook a introduit son outil Dating avec une série de mesures pour assurer «l’intégrité et la sécurité», a indiqué Charmaine Hung, gestionnaire des programmes techniques de Facebook.

Il existera notamment une fonctionnalité permettant de bloquer des personnes et d’empêcher des utilisateurs de manifester leur intérêt plus d’une fois, si l’autre personne n’a pas répondu.

Si un utilisateur est submergé de correspondances ou veut prendre une pause, il pourra suspendre l’outil Dating temporairement. Et s’il décide que l’application ne lui convient pas, il pourra choisir de ne plus l’utiliser et toutes ses données de l’outil seront détruites, a promis Mme Hung.

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Le cofondateur de Tinder, Sean Rad, lors du Web Summit de Lisbonne, mercredi

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L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE POUR AIDER À TROUVER L'ÂME SOEUR

LISBONNE — Fini de faire défiler les candidats sur écran. Les applications de rencontre utilisent l’intelligence artificielle (IA) pour vous suggérer où aller et que dire lors de votre premier rendez-vous, ou vous aider à trouver un partenaire qui ressemble à votre acteur préféré.

Jusque récemment, les applications de rencontre sur téléphone - comme Tinder qui permet de faire défiler en temps réel les photos des partenaires disponibles - vous laissaient le soin de choisir.

Mais pour vous éviter de longues recherches infructueuses, le secteur s’est tourné vers l’IA - la programmation qui permet de simuler l’intelligence humaine - et ses nouvelles apps ont été en vedette lors du Web Summit qui ferme ses portes jeudi à Lisbonne.

Le site de rencontre eHarmony a annoncé que grâce à l’IA il pourrait bientôt encourager les utilisateurs à proposer un rendez-vous quand ils auront tchatté pendant un certain temps.

«Il y a beaucoup de conversations via les apps de rencontre, mais dans l’ensemble peu de rendez-vous», a déclaré le PDG de eHarmony Grant Langston, lors de ce sommet des start-ups de la toile et des investisseurs.

«Réduire la pression»

Loveflutter, une app de rencontre britannique, prévoit d’analyser les conversations entre utilisateurs pour déterminer s’ils sont compatibles et leur suggérer qu’il est temps d’oser le face-à-face.

«Ils recevront une alerte leur disant: ‘’Vous vous entendez vraiment bien, pourquoi ne pas sortir ensemble’’», a expliqué le cofondateur de Loveflutter Daigo Smith.

Loveflutter suggère déjà des rendez-vous à égale distance des résidences des deux partenaires grâce aux données de Foursquare, une app qui aide les utilisateurs de téléphone à trouver des restaurants ou des bars à proximité.

«Ca réduit la pression d’organiser la première rencontre», dit Smith.

Sean Rad, fondateur de Tinder, a assuré que l’IA allait «générer de meilleures expériences» et prédit que Siri, l’assistance vocale sur iPhone, servira un jour d’entremetteuse.

Commande vocale

Une nouvelle app de rencontre uniquement à commande vocale, baptisée AIMM, est déjà à l’essai par un millier d’utilisateurs à Denver, dans l’État américain du Colorado et devrait être accessible dans tous les États-Unis l’année prochaine.

Quand on ouvre l’application, une voix suave vous demande, pour situer votre personnalité, ce que vous aimez faire quand vous sortez avec quelqu’un ou vers quelles destinations vous aimeriez voyager.

Elle vous suggère ensuite des candidats compatibles. Une fois que vous en avez choisi un, l’assistant vocal vous dira ce qu’il sait d’elle ou de lui.

Puis après quelques jours, la voix vous aide à convenir d’un rendez-vous téléphonique et vous conseillera sur la première rencontre.

«Elle dira par exemple ‘’à en juger par ses goûts, c’est une personne plutôt traditionnelle, je suggère un dîner et une promenade’’», a expliqué Kevin Teman, le développeur de cette app.

Après la rencontre, l’app demande à chacun comme ça s’est passé et recommande soit un second rendez-vous soit de poursuivre la recherche.

Sosies

Badoo, une app de rencontre basée à Londres, utilise déjà l’IA et la reconnaissance faciale pour aider les utilisateurs à trouver des partenaires qui ressemblent à leur célébrité préférée ou à leur ex.

L’utilisateur met en ligne la photo de l’idéal souhaité et l’app recherche un sosie parmi les 400 millions d’utilisateurs de Badoo dans le monde.

L’intelligence artificielle en Cupidon ne convainc pas tout le monde.

«L’intelligence artificielle est partout, elle vous aide à vendre et acheter des actions, à la surveillance policière, et même à trouver l’âme soeur, mais je dois dire que je suis un peu sceptique là-dessus», a déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres lors du discours d’ouverture du Web Summit.

«Je suis très heureux d’avoir choisi l’âme soeur par les méthodes traditionnelles», a plaisanté l’ancien Premier ministre portugais qui a épousé une conseillère municipale de Lisbonne.

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La scène principale du Web Summit de Lisbonne