Le réseau social a dégagé un bénéfice net de 5,14 milliards de dollars, en hausse de 9 %, un rythme bien inférieur au trimestre précédent quand la progression atteignait 31 %.

Facebook confirme le ralentissement de sa croissance

SAN FRANCISCO — Empêtré dans les polémiques, Facebook a confirmé mardi le ralentissement de sa croissance au troisième trimestre tant en terme de chiffre d’affaires que du nombre d’utilisateurs mais les marchés, déçus dans un premier temps, semblaient rassurés.

Après avoir reculé de près de 3% dans les échanges électroniques à Wall Street immédiatement après la publication des résultats, le titre se reprenait toutefois nettement, avançant de 1,81% à 148,85 en fin de journée.

Au 30 septembre, Facebook avait 2,27 milliards d’utilisateurs mensuels actifs (+10%), moins que les 2,29 milliards anticipés par les marchés qui scrutent tout signe de faiblesse du titan. Il en avait 2,23 milliards fin juin.

Le nombre d’utilisateurs quotidiens est aussi en-deça des attentes, à 1,49 milliard contre 1,51 attendus.

Très observé, son chiffre d’affaires est, à 13,72 milliards $US, un peu inférieur aux attentes (13,78 milliards $US). Il est en hausse de 33% par rapport au troisième trimestre de 2017, confirmant le ralentissement de sa croissance qui était encore de 42% au deuxième trimestre.

Le réseau social a dégagé un bénéfice net de 5,14 milliards $US, en hausse de 9%, un rythme là encore bien inférieur au trimestre précédent quand la progression atteignait 31%.

Ajusté et rapporté par action, la référence en Amérique du Nord, le bénéfice ressort néanmoins à 1,76 dollar $US, bien au-dessus des attentes des analystes.

Facebook avait connu un coup de tabac boursier dans la foulée de ses résultats trimestriels décevants en juillet, perdant 120 milliards $US de capitalisation boursière en une seule séance, du jamais vu à Wall Street.

Controverses

Le groupe est englué dans les controverses, en particulier sur la gestion des données personnelles depuis le scandale Cambridge Analytica, des polémiques mauvaises pour son image et susceptibles de refroidir le public et les annonceurs.

Le groupe a en outre annoncé récemment que les données de 29 millions de comptes avaient été compromises par des pirates informatiques, nouveau coup de canif dans la confiance des consommateurs.

Il passe aussi son temps à purger son réseau de contenus et comptes douteux relevant de la manipulation politique, en particulier à l’approche d’élections majeures comme les législatives américaines le 6 novembre.

Le groupe avait déjà prévenu que ses dépenses en matière de sécurité et de contrôle des contenus allaient peser sur sa rentabilité. Il a déboursé sur le trimestre 7,95 milliards $US contre 5,2 milliards $US à la même époque l’an dernier.

Avant même tous ces scandales, le réseau avait prévenu dès 2016 que sa croissance exponentielle allait forcément finir par ralentir, notamment parce qu’il est déjà totalement saturé d’espaces publicitaires.

Il est aussi de plus en plus boudé par les plus jeunes.