Luc Massicotte, copropriétaire de la boucherie W.E. Bégin, a inauguré vendredi l'ouverture d'une aire de restauration rapide à la Place de la Cité.

Expansion de la boucherie W.E. Bégin: recette centenaire pour emporter

Copropriétaire de la célèbre boucherie W.E. Bégin depuis quatre ans, l'avocat Luc Massicotte posait vendredi les premiers jalons de l'expansion de son entreprise avec l'ouverture d'une aire de restauration rapide à Place de la Cité. À la fin de l'été, un concept de «take out» aura également pignon sur rue dans le quartier Lebourgneuf. Tout cela en attendant la réouverture de la maison-mère, rue Saint-Jean, au printemps 2015.
M. Massicotte et son associé, Jean-Yves Parent, tiennent à se donner les moyens de leurs ambitions afin de promouvoir la marque de commerce de la boucherie vieille de 110 ans, spécialisée dans le jambon, la saucisse et autres charcuteries fabriquées de façon artisanale. «En affaires, si tu arrêtes, tu meurs», glisse-t-il, enthousiaste à l'idée de se lancer à la conquête du marché de la capitale, fort du slogan «L'authentique saveur d'autrefois».
Les mets servis au comptoir de Place de la Cité seront préparés depuis le magasin usine, en face du boulevard du Versant-Nord. Idem pour ceux servis dans Lebourgneuf, un quartier en pleine expansion, dans les locaux occupés par le bar à pâtes La Popessa. L'établissement sera axé sur les déjeuners et les commandes à emporter (take out), la nouvelle tendance en restauration selon lui.
«On met l'accent sur le take out, mais avec la même recette centenaire, poursuit-il. Les restaurants avec de grandes salles éprouvent des difficultés. Les gens ne sont plus intéressés à payer 150 $ pour un souper au restaurant. Par contre, ils sont prêts à dépenser 40 $ ou 50 $ pour un bon repas à emporter à la maison. C'est l'ère du cocooning, avec la grande télé plasma et le spa.»
Quant à l'édifice qui a vu naître le commerce en 1904, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, sa démolition devrait commencer d'ici une semaine ou deux. La réouverture de «l'authentique boucherie W.E. Bégin» est prévue pour le printemps, au rez-de-chaussée. Les travaux de 2,2 M$ entraîneront l'ajout de sept condos sur les trois autres étages, dont l'un sera habité par M. Massicotte.
La démolition de l'édifice est rendue nécessaire en raison de sa contamination par l'amiante, incompatible avec les normes de salubrité. «Il n'y avait plus rien à faire avec. C'était moche. L'immeuble ne possédait aucune valeur patrimoniale.»
M. Massicotte ne cache pas un intérêt affectif à perpétuer la tradition Bégin, un fleuron important de l'histoire de la capitale. «P'tit gars, j'allais là avec ma mère et ma grand-mère. Dans les années 20 et 30, plus de 200 personnes y travaillaient. C'était l'un des plus gros employeurs de la ville. La clientèle venait de partout. Encore aujourd'hui, il y a des gens qui font 100 km pour venir y acheter leur jambon et leurs saucisses.»