Le producteur laitier Jean-Marc Bourdeau de Rimouski a subi des pertes financières d'au moins 36 000 $ causées par la sécheresse qui a sévi sur le Bas-Saint-Laurent.

Été catastrophique pour les agriculteurs du Bas-Saint-Laurent

Pendant qu'une bonne partie du Québec connaissait un été pluvieux, le Bas-Saint-Laurent vivait «la pire sécheresse des 50 dernières années». Si les conséquences ont été bénéfiques pour l'industrie touristique de cette région qui a battu des records d'achalandage causés par des gens qui fuyaient la pluie, les effets de cette sécheresse historique ont été catastrophiques pour les agriculteurs.
Après une absence de pluie de près de deux mois, certains producteurs agricoles sont sur le bord du gouffre. Le président de la Fédération de l'UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, est d'ailleurs inquiet de l'augmentation de la détresse de certains de ses membres. 
Le copropriétaire des Fermes Cotopierre de Rimouski n'a jamais vu ça. «On a deux gros silos-tours pour nos fourrages», explique Jean-Marc Bourdeau. «Dans l'un, il manque 20 pieds et dans l'autre, il manque 30 pieds. D'habitude, il faut que ce soit plein pour alimenter nos vaches en lactation. Il a fallu acheter du fourrage à l'extérieur pour 30 000 $. Pour la paille, on est rendus à 6000 $. Habituellement, on vend une ou deux vans de foin. Cette année, on n'en vendra pas. L'agriculture sans eau, c'est impossible. C'est la catastrophe!»
Pour l'apicultrice Mireille Lechasseur de Rimouski, la sécheresse a eu des conséquences catastrophiques sur la production de miel et sur les populations d'abeilles.
La sécheresse a aussi de lourdes conséquences sur les abeilles. L'apicultrice Mireille Lechasseur représente la relève de troisième génération du Château Blanc de Rimouski. Non seulement elle n'a jamais connu une sécheresse aussi dramatique, mais elle assure que même son grand-père n'a jamais eu connaissance de pareille situation. La sécheresse a rendu la tâche très difficile pour les abeilles des 350 ruches de l'entreprise. Elles ont à peine pu produire suffisamment de miel pour pouvoir survivre. «On a laissé le miel là parce que c'est la santé des abeilles qui passent avant tout, explique Mme Lechasseur. La sécheresse a aussi ralenti la ponte des reines. Donc, moins de population d'abeilles, moins d'ouvrières pour s'occuper des bébés abeilles et pour aller chercher le nectar et le pollen dans les fleurs.»
Pertes importantes
Même si le président de la Fédération régionale de l'UPA ne peut chiffrer les pertes financières, il sait déjà qu'elles sont très importantes. C'est pourquoi Gilbert Marquis s'adresse à Québec afin qu'il interpelle Ottawa dans le cadre de son programme Agri-relance pour que ses producteurs soient indemnisés pour les pertes financières qui ne seront pas couvertes par la Financière agricole. «Il y a aussi des producteurs qui ne sont pas assurés», rappelle-t-il. 
Le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques promet d'assurer un suivi à la Chambre des communes. «La situation climatique a entraîné des pertes pour nos producteurs, reconnaît Guy Caron. On doit s'assurer qu'ils puissent survivre et passer l'hiver!» Depuis 2006, le fédéral a soutenu les agriculteurs québécois à quatre reprises en vertu du programme Agri-relance. La dernière fois, c'était en 2012, lors des inondations dans la vallée du Richelieu.
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L'agriculture au Bas-Saint-Laurent
2033 entreprises agricoles 
4400 emplois 
190 millions$ : le PIB au prix de base 
450 millions $ en recettes provenant du marché 
43 millions $ en dépenses d'immobilisations 
Source : MAPAQ