Le pilote Fernando Alonso s’est associé à G2 et Logitech pour lancer son équipe de sports électroniques, FA Racing, qui se concentrera sur les jeux de course.

eSports: l'autre championnat de F1

Abou Dhabi. L’endroit de démesure, qui colle bien au grand cirque de la Formule 1, est le théâtre du dernier acte de la saison 2017. Même si, sur la piste, la course au championnat a connu son dénouement à Mexico — couronnant pour une quatrième fois Lewis Hamilton —, il n’en était rien dans l’univers virtuel, alors que se tenait la première finale de la série eSports de F1.

Vingt jeunes gamers venus de partout dans le monde — Royaume-Uni, Turquie, Brésil, Danemark, pour ne nommer que ceux-là — ont convergé vers les Émirats arabes unis pour se disputer les honneurs de devenir champion du monde de cette série, qui a pris son envol en septembre.

Devant la croissance phénoménale du sport électronique, la Formule 1 a annoncé en août sa collaboration avec Codemasters, concepteur du jeu vidéo officiel, et Gfinity, compagnie anglaise qui fait la promotion de l’eSports de niveau professionnel, pour créer une compétition internationale sur F1 2017.

Du haut calibre

La vingtaine de pilotes virtuels, âgés entre 16 et 24 ans, courent sur des simulateurs munis d’un siège incliné à la manière d’une véritable Formule 1, d’un volant et de pédales, ainsi que d’un écran. Ils sont situés dans un espace qui leur est réservé à même les garages de la ligne des puits du circuit de Yas Marina.

Contrairement à ce qu’on peut voir en piste, toutes les voitures sont d’égale performance. Ce sont les réglages des pilotes qui font la différence.

De plus, chaque course est courue devant public et diffusée en direct, en ligne, avec commentateurs et analystes. Une équipe de production et de commissaires est également derrière l’événement.

Pour se rendre à Abou Dhabi, les conducteurs ont dû passer par plusieurs rondes de qualifications en ligne, qui a fait diminuer le nombre de champions potentiels à 40. Ils ont pris part aux demi-finales à Londres, où 20 d’entre eux ont obtenu leur volant pour la finale.

Pour la petite histoire, c’est le Britannique Brendon Leigh, 18 ans, qui a remporté le titre grâce à deux victoires en trois courses. Il a entre autres reçu des billets VIP pour la course du dimanche, une qualification automatique aux demi-finales de 2018 et le droit d’avoir son personnage dans le prochain opus du jeu F1.

Appui de taille

Preuve que l’eSports est en pleine expansion, le pilote McLaren Fernando Alonso a annoncé, vendredi sur Tweeter, s’être associé à G2 et Logitech pour lancer son équipe de sports électroniques, FA Racing, qui se concentrera sur les jeux de course.

Il faisait partie des plus de 10 000 curieux, en ligne et sur place, à avoir assisté à la finale de la série F1 eSports à laquelle participait son protégé, le Turc Cem Bolukbasi.

En entrevue à la télévision britannique, le double champion du monde a dit ne pas savoir quel rôle il jouerait dans sa nouvelle équipe, mais que les «possibilités infinies» lui permettraient de travailler avec Logitech sur le développement des simulateurs.

«Je veux aussi préparer nos joueurs professionnels, notamment travailler sur leur temps de réaction», a-t-il expliqué. «Je crois qu’on peut beaucoup apprendre les uns des autres.»

Interrogé sur la possibilité de voir un jour un pilote électronique devenir pilote d’essais pour une écurie de Formule 1, Alonso n’a pas hésité à dire que «nous sommes déjà là», ajoutant qu’il croyait au potentiel de la course électronique.

Le mouvement a également attiré l’attention du président du Comité international olympique, Thomas Bach, après que le Comité olympique d’Asie ait annoncé qu’il y aura des épreuves à médailles de sports électroniques lors des Jeux d’Asie de 2022.

Bach a déclaré au site Inside the Games que «nous ne sommes pas certains à 100 % si l’eSports est vraiment un sport, en ce qui concerne l’activité physique et ce qui doit être considéré comme un sport», fermant ainsi la porte, pour le moment, à l’intégration des sports électroniques aux épreuves des Jeux olympiques de 2024 à Paris.

Voici les faits saillants de la première des trois courses disputées cette fin de semaine. Celle-ci se déroule sur le Circuit Gilles-Villeneuve de Montréal.