Entente pour Hydro-Québec avec son partenaire au Massachusetts

MONTRÉAL - Puisque les négociations visant à conclure un important contrat d’approvisionnement avec le Massachusetts ont franchi une étape importante, Hydro-Québec a maintenant les yeux tournés sur le travail à effectuer sur le terrain.

La société d’État et Central Maine Power (CMP) ont annoncé jeudi une entente avec les trois distributeurs d’électricité du Massachusetts dans le but de fournir annuellement 9,45 térawattheures pendant 20 ans à cet État américain à compter de 2022.

Ce contrat devra maintenant recevoir l’approbation du département de l’Énergie du Massachusetts.

La plus importante entente d’approvisionnement décrochée par la société d’État dépendra maintenant de la réalisation du projet New England Clean Energy Connect (NECEC), qui sera réalisé en collaboration avec CMP - une filiale de la société Avangrid.

Cette ligne de transport, dont la mise en service est prévue en 2022, doit encore obtenir les approbations nécessaires - dont son permis présidentiel aux États-Unis - des deux côtés de la frontière.

«Les rencontres avec le milieu ont commencé de notre côté, a expliqué une porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent, au cours d’un entretien téléphonique. Il y a déjà des discussions en cours pour familiariser les communautés concernées avec le projet.»

Le coût NECEC est évalué à environ 950 millions $ US aux États-Unis. Le tracé de 233 kilomètres en sol américain doit se rendre jusqu’à Lewiston pour ensuite être relié à un réseau électrique régional. Au Québec, rien n’a encore été dévoilé entourant l’aspect du tracé.

Revenus de 10 milliards $

Ce projet constitue l’option de rechange pour le Massachusetts, qui avait à l’origine retenu le projet Northern Pass, qui avait été bloqué dans le New Hampshire plus tôt cette année.

«Nous continuerons de faire avancer ce projet dans le Maine, où les collectivités d’accueil, le gouverneur, les leaders du sénat et de la chambre des représentants ainsi que le milieu des affaires reconnaissent également les avantages à long terme de cette initiative, comme en témoigne leur appui au projet», a souligné le président et chef de la direction de CMP, Douglas Herling, par voie de communiqué.

Au Québec, la zone d’étude de la société d’État pour le projet «Appalache-Maine» est d’une superficie de 4850 kilomètres carrés.

Mme St-Laurent a précisé que l’objectif pour Hydro-Québec était de déterminer un tracé en territoire québécois pour ensuite consulter les milieux concernés pendant l’automne et rédiger l’étude d’impact environnemental dans la première moitié de 2019.

La construction devrait débuter en 2021 pour une mise en service en 2022.

S’il se concrétise, le contrat d’approvisionnement avec le Massachusetts pourrait se traduire par des revenus estimés à 10 milliards $ pour la société d’État, qui ambitionne de doubler son chiffre d’affaires à environ 27 milliards $ d’ici 2030.

Le NECEC ne compte toutefois pas que des partisans. En plus d’un trio de producteurs d’électricité du Maine, un groupe écologique s’est attaqué au projet en dénonçant son impact sur l’environnement.

«Nous exhortons les décideurs du Maine et du Massachusetts à ne pas donner leur feu vert à un projet qui n’a pas fait la preuve qu’il contribuera à réduire les émissions polluantes», a fait valoir le groupe Natural Resources Council of Maine.

Par l’entremise d’une pétition en ligne, cet organisme a recueilli près de 2000 signatures - sur un objectif de 2500 -d’opposants au NECEC. D’ici la fin du mois, la pétition sera acheminée aux élus du Maine.