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Votorantim Cimentos s'est engagé lors de l'entente de principe à maintenir un plancher d'emplois au seuil actuel jusqu'en 2029.
Votorantim Cimentos s'est engagé lors de l'entente de principe à maintenir un plancher d'emplois au seuil actuel jusqu'en 2029.

Entente officialisée : Votorantim Cimentos prend le contrôle de Ciment McInnis

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
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CARLETON — Votorantim Cimentos et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont annoncé vendredi que l’entente de principe conclue en novembre pour la prise de contrôle de Ciment McInnis par l’entreprise brésilienne est maintenant scellée.

Le montant de la transaction n’est pas dévoilé. Votorantim Cimentos North America intégrera Ciment McInnis à Saint Mary’s Cement, une entreprise ontarienne possédant déjà deux cimenteries dans cette province et trois aux États-Unis. Votorantim contrôlera 83 % de Saint Mary’s Cement, alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec, actionnaire de contrôle de Ciment McInnis depuis août 2016, détiendra le reste de l’intérêt, soit 17 %.

En entrevue au Soleil, le président-directeur général de Votorantim Cimentos North America, Filiberto Ruiz, a indiqué que la prise de contrôle est entrée en vigueur vendredi et que l’intégration se fera en deux étapes. Les ententes financières sont signées et les autorisations réglementaires sont obtenues. L’intégration de Ciment McInnis dans le giron de Saint Mary’s Cement sera graduelle, note M. Ruiz.

«Nous prenons le contrôle de l’exploitation immédiatement. La première étape d’intégration prendre deux ou trois mois. Nous devons obtenir l’information de base sur l’exploitation. Nous ne pouvions le faire tant que nous étions des compétiteurs. Nous pouvons maintenant prendre connaissance de toute l’information. Nous devrions arriver à l’intégration complète de Ciment McInnis en janvier 2022», précise M. Ruiz.

Le siège social de Saint Mary’s Cement demeurera à Toronto mais un bureau administratif sera conservé à Montréal, ce que Ciment McInnis avait déjà. Les 200 employés de la cimenterie gaspésienne, ce qui inclut les postes à Montréal, gardent leurs postes.

«L’entente ayant mené au partenariat garantit le maintien des emplois. Au cours des prochaines semaines, nous allons rencontrer tous les employés afin de mieux comprendre le fonctionnement de chaque département. Par la suite, nous serons en mesure de déterminer comment la transition sera réalisée. Il est bien important de comprendre que nous voulons prendre de l’expansion en Amérique du Nord. Nous voulons de la diversité. Ça nécessitera une hausse de capacité et de compétences de l’équipe», souligne Filiberto Ruiz.

Le recours élevé à la sous-traitance, une caractéristique de Ciment McInnis depuis l’entrée en production de l’usine de Port-Daniel en juin 2017, devrait diminuer, dit-il à mots couverts.


« Ça fait partie du processus de transition. Nous devrions conserver les gens compétents de façon à ce qu’ils continuent de répondre aux besoins de l’usine. Il y a un besoin de renforcer les compétences de nos employés et utiliser les sous-traitants pour des projets spécifiques, quand le besoin s’en fera sentir. C’est l’un des avantages du partenariat; nous allons apporter de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences à McInnis. »
Filiberto Ruiz

Votorantim est le septième producteur de ciment mondial. Filiberto Ruiz mise sur le marché nord-américain afin de poursuivre la croissance de la firme.

«Il y a deux éléments à considérer. Les États-Unis et le Canada planifient tous les deux mettre de l’avant d’importants programmes d’infrastructures parce que ces éléments ont été laissés de côté dans le passé. Donc, les besoins en ciment seront importants tant aux États-Unis qu’au Canada. Nous voyons de la croissance de ce côté […] Il y a aussi de la place sur le marché que Ciment McInnis dessert déjà», signale M. Ruiz, en parlant du nord-est des États-Unis, des Maritimes, du Québec et de l’Ontario.

De plus, le fait que l’usine de Port Daniel livre en Ontario, où Saint Mary’s exploite des usines à Bowmanville et en banlieue de Toronto, ne constitue pas d’emblée un obstacle.

«Nous revoyons ces éléments. Il y a sans doute des synergies logistiques à envisager mais nos usines produisent différentes sortes de ciment. McInnis pourra continuer à servir le marché ontarien tout comme les usines ontariennes pourront desservir les marchés touchés par McInnis», dit-il.

Selon Filiberto Ruiz, l’usine de Port-Daniel n’a atteint que 70 % de sa capacité potentielle de 2,3 millions de tonnes de ciment. Il voudrait que la pleine capacité soit atteinte à la fin de 2022 au plus tard.

Votorantim Cimentos entend poursuivre l’étude afin de vérifier s’il y a moyen d’intégrer de la biomasse forestière pour alimenter les fours de la cimenterie de Port-Daniel, fours qui consument depuis 2017 du coke de pétrole, l’une des matières les plus polluantes qui soient.

«Nous avons pris un engagement fort pour le développement durable et nous nous sommes fixé des objectifs ambitieux afin de réduire notre empreinte écologique pour 2030, notamment par le biais de l’économie circulaire. Nous savons que McInnis étudie la possibilité d’utiliser la biomasse. Au cours de l’année à venir, nous allons étudier cette avenue. Ça commencera durant la seconde moitié de cette année. Ça fait partie de nos tentatives pour atteindre la carboneutralité », note M. Ruiz.

Il assure que Votorantim Cimentos continuera d’investir dans l’usine de Port-Daniel.

«Notre objectif consiste à propulser cette usine vers un maximum d’efficacité et de productivité. J’ai 35 ans d’expérience dans le domaine. J’y travaille depuis la fin de mes études. J’ai vu 100 cimenteries au cours de ma carrière. McInnis a une superbe usine, le dernier cri en matière de technologie. Nous voulons faire de cette usine l’une des meilleures au Canada, et peut-être en Amérique du Nord. Donc, oui, nous allons investir», conclut-il.

Ciment McInnis a régulièrement défrayé les manchettes depuis 2014, en raison du fort engagement gouvernemental afin de concrétiser le projet, puis en raison d’un dépassement de coût de 444 millions $ lors de sa construction. Le coût total de cette usine a atteint 1,6 milliard $. La Caisse de dépôt et placement y a consacré entre 400 et 500 millions $ entre 2014 et 2020, et la valeur au livre de cette participation a été abaissée à un intervalle de 50 à 100 millions $, au 31 décembre 2020.