Après s'être questionné sur la pertinence de la poursuite des activités de Fourrures Falardeau, fondée par son grand-père Roméo en 1938, Christian Falardeau a finalement décidé de repartir en neuf.

Élan de solidarité pour la réouverture de Fourrures Falardeau

En attendant de renaître de ses cendres, Fourrures Falardeau bénéficie de la compassion de ses plus féroces compétiteurs dans le marché de la fourrure à Québec.
Rasé par les flammes dans la nuit du 15 janvier, l'immeuble du 699, 3e Avenue, qui abritait le commerce et huit logements, sera reconstruit. Les travaux débuteront à l'automne. Si tout va bien, Fourrures Falardeau rouvrira ses portes à l'été 2015, a annoncé hier le propriétaire des lieux, Christian Falardeau.
Dans l'attente de ce nouveau départ dans un commerce tout neuf, ce dernier continue à desservir ses 1800 fidèles clients. L'un de ses concurrents, Tailleur en fourrure Denys (1825, avenue De La Ronde), lui a offert un espace dans ses murs pour lui permettre de poursuivre ses opérations. «Un geste très généreux de la part du propriétaire, Denys Turmel qui, jadis, a vécu lui aussi les affres d'un incendie», explique M. Falardeau.
Un autre compétiteur de Falardeau Fourrures, Richard Robitaille Fourrures, a accepté, pour sa part, de prendre sous son aile les deux employés de Christian Falardeau en attendant la réouverture du commerce de la 3e Avenue. Une main-d'oeuvre spécialisée qui vaut de l'or puisqu'elle ne court pas les rues.
«Il existe une belle fraternité entre les propriétaires de commerce de fourrures à Québec. Nous ne sommes plus beaucoup. Six ou sept. Pas plus. Rien de comparable à une certaine époque où l'on comptait une cinquantaine de marchands de fourrures. Avec les années, plusieurs ont fermé leurs portes en raison principalement d'un manque de relève. Alors, ceux qui restent ont appris à se serrer les coudes et à s'entraider quand le mauvais sort s'abat sur l'un d'entre nous.»
«Trop jeune pour arrêter»
Depuis le passage de l'élément destructeur, Christian Falardeau s'est questionné sur la pertinence de la poursuite des activités de l'entreprise fondée en 1938 par son grand-père, Roméo. Il a finalement décidé de repartir en neuf. «À 53 ans, je me considère trop jeune pour arrêter», confie-t-il au Soleil.
«J'ai aussi reçu des messages d'appui de la part de clients qui voulaient continuer de faire affaire avec nous. Même le député André Drolet [Jean-Lesage] m'a encouragé à poursuivre. Les gens me disaient que ça faisait tellement longtemps que le commerce était implanté dans Limoilou, qu'ils ne pouvaient s'imaginer le quartier sans Fourrures Falardeau. Et il y a mes locataires. Plusieurs d'entre eux m'ont demandé de leur faire signe si je procédais à la reconstruction de l'immeuble. Tous ces messages ont contribué à ma prise de décision», a expliqué M. Falardeau.
Après des années de vaches maigres provoquées, entre autres, par la cabale de Brigitte Bardot pour la défense des animaux, l'industrie de la fourrure reprend de la vigueur. Le froid sibérien que le Québec connaît cet hiver a fait bondir les ventes de fourrures. Beaucoup des clients, tannés de se les faire geler, se sont pointés dans les commerces spécialisés pour faire réparer leur vieux «capot de chat». Cette reprise de l'activité dans l'industrie incite aussi Christian Falardeau à poursuivre le travail amorcé par son grand-père et son père Jules.
Avec les architectes de la firme St-Gelais Montminy, Christian Falardeau a commencé à tracer les plans du nouvel immeuble. Il est trop tôt pour établir les coûts du projet.
Après l'incendie, Christian Falardeau a pu récupérer les 218 manteaux et chapeaux se trouvant dans la voûte réfrigérée. Si le feu et l'eau n'ont pas endommagé les vêtements, l'odeur de la fumée a fait des ravages. Fourrures Falardeau a confié le tout à une firme spécialisée qui procède à un nettoyage à l'ozone des manteaux et des chapeaux.
On peut joindre Fourrures Falardeau au 418 523-4434.