Au cours des 18 prochains mois, le Groupe F. Dufresne va convertir les dépanneurs de ses stations-service corporatives. «Ça représente un investissement de plus de 3 millions $», explique Jérôme Dufresne.

EKO lance Sprint

Désireux de doter les dépanneurs de ses stations-service corporatives EKO d'une «personnalité distincte», le Groupe F. Dufresne va leur imposer une métamorphose.
Sprint. 
Tel est le nom que porteront les dépanneurs du réseau de stations-service corporatives EKO appartenant au Groupe F. Dufresne de Québec.
Déjà, les dépanneurs des postes d'essence EKO du 1640, boulevard Louis-XIV et du 1218, boulevard Pie-XI Nord à Québec ainsi que du 2540, route des Rivières dans le quartier Saint-Rédempteur à Lévis ont goûté à la transformation. 
Le Groupe F. Dufresne possède 200 stations-service. Du nombre, 76 affichent l'enseigne EKO. Les autres se retrouvent sous différentes bannières (Pétro-Canada, Sonerco ou Axco).
Vingt-sept des 76 essenceries EKO sont des stations-service corporatives.
 Dans les faits, elles seront bientôt 30 puisque l'entreprise fondée en 1950 par Fernand Dufresne en construira trois autres au cours des prochains mois. L'une, sur la Route des rivières, dans le quartier Saint-Nicolas à Lévis près de la quincaillerie Canac. Une autre à Beauport, au coin de l'avenue Saint-David et de la rue Blanche-Lamontagne, au même endroit où Chocolats Favoris établira ses pénates. Quant à la troisième, c'est motus et bouche cousue pour le moment.
«Au cours des 18 prochains mois, nous allons convertir les dépanneurs de nos stations-service corporatives. Ça représente un investissement de plus de 3 millions $», explique Jérôme Dufresne, le directeur principal des réseaux corporatifs au sein du Groupe F. Dufresne. «Nous comptons bien implanter le concept Sprint EKO dans une dizaine de dépanneurs par année.»
Au cours des prochaines années, le concept pourrait se répandre dans l'ensemble des essenceries avec dépanneur appartenant au Groupe Dufresne.
Distinguer l'offre alimentaire
Le Groupe F. Dufresne a inauguré sa première station-service en 1978 à Loretteville. Les dépanneurs y ont fait leur apparition il y a un peu plus d'une vingtaine d'années.
«Ces commerces n'ont jamais eu une personnalité distincte. Ils étaient tout simplement le dépanneur de la station-service EKO. Point à la ligne. Dans notre nouvelle approche, nous voulons distinguer l'offre alimentaire et de l'offre pétrolière», explique Jérôme Dufresne.
Il faut savoir que le potentiel de croissance des affaires dans une station-service ne vient pas des ventes d'essence, mais bien de café, de bière, des loteries et de cigarettes.
Sprint mise sur une offre de produits se distinguant, notamment, par une grande variété de café spécialisé et d'aliments prêts-à-manger.
«Même s'il y a plus de véhicules sur les routes, la consommation d'essence n'augmente pas. La demande demeure stable. Vendre seulement de l'essence en 2017, ce n'est pas suffisamment rentable pour faire vivre un commerce. Le client, vous parvenez à l'attirer avec ce que vous avez à lui offrir dans votre dépanneur», précise celui qui, avec ses cousins Pierre-Olivier (directeur principal des technologies de l'information) et Francis (directeur des affaires juridiques), représente la troisième génération de Dufresne à la tête de l'entreprise mise au monde par leur grand-père Fernand. Pierre-Olivier et Francis sont les rejetons de Pierre, l'actuel président de l'entreprise. Jérôme, lui, est le fiston de Jacques, le vice-président de la compagnie qui fait travailler tout près de 700 personnes, dont une cinquantaine à son siège social situé sur la rue des Entrepreneurs dans le parc industriel Cardinal.
Pas de complexe d'infériorité
Dans le petit monde des dépanneurs au Québec, la compétition est féroce. Qu'il suffise de penser à Couche-Tard qui compte 3000 points de vente au Canada. 
EKO ne souffre d'aucun complexe d'infériorité. «Nous ne voulons pas seulement suivre la compétition, nous voulons la devancer.»
Sprint mise sur une offre de produits se distinguant, notamment, par une grande variété de café spécialisé et d'aliments prêts-à-manger et par la présence d'employés serviables.
«La clientèle des dépanneurs a beaucoup changé ces dernières années.  Elle est exigeante et s'attend à y retrouver des produits de qualité», explique Jérôme Dufresne.
Le Groupe F. Dufresne s'est bâti, au fil des ans, à coups d'acquisitions. Une stratégie qui va se poursuivre, assure M. Dufresne, car la consolidation dans l'univers des essenceries est loin d'être terminée. «Les grandes pétrolières se retirent de plus en plus des opérations de vente d'essence au détail, notamment dans les régions éloignées des grands centres, pour se concentrer sur leurs opérations d'exploration et de raffinage qui, pour elles, sont plus rentables.»
Y aurait-il, un jour, des bornes de recharge électrique dans les stations-service EKO?
«Pour le moment, ça ne serait pas rentable étant donné qu'il y a peu de véhicules électriques sur nos routes. S'il y a une demande, un jour, nous offrirons le service à nos clients.»
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Croisssance rapide pour Topla!
Le Groupe F. Dufresne, c'est EKO. C'est aussi la chaîne de restaurants Topla!
Au moment de l'ouverture, en 2014, de la première «boîte à pâtes» à Beauport, les dirigeants promettaient une croissance rapide.
«Nous comptons maintenant huit succursales», informe Jérôme Dufresne, directeur principal des réseaux corporatifs au sein du Groupe Dufresne. «Ça va vite !»
Proposant un concept situé à mi-chemin entre la restauration rapide et la haute cuisine, Topla! possède un pied-à-terre à Beauport, à Charlesbourg, à Neufchâtel, à Val-Bélair, à Lévis, à Saint-Jean-Chrysostome, à Sainte-Marie et, depuis peu, à Sainte-Foy dans La Pyramide.
Deux de ces succursales - celles de Beauport et de Sainte-Foy - offrent un service de livraison à domicile. Le Topla! de Charlesbourg le proposera à ses clients sous peu.
«Cette croissance soutenue, nous l'avions prévue dès le départ», signale Jérôme Dufresne en mentionnant que la clientèle est au rendez-vous. «Et, le plus important, elle est fidèle et revient manger chez nous après une première visite.»
Selon M. Dufresne, de nouvelles succursales continueront de pousser comme des champignons dans la région de Québec et ailleurs dans la Belle Province au cours des prochains mois et des prochaines années. 
En se dotant d'une cuisine centrale lui permettant d'approvisionner une vingtaine d'établissements, Topla! s'est donné les moyens pour réaliser ses ambitions.
«Éventuellement, notre concept pourrait s'exporter ailleurs qu'au Québec», ajoute Jérôme Dufresne en mentionnant que les sauces Topla! se retrouveront bientôt sur les tablettes de plusieurs supermarchés Metro dans la grande région de Québec.
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Un programme Milliplein encore plus généreux
EKO s'apprête à donner un deuxième souffle à son programme de fidélisation Milliplein.
«Nous travaillons activement à sa refonte», indique le directeur des communications, du marketing et du programme Milliplein du Groupe F. Dufresne, Gabriel Bérubé-Pelletier.
«Nous voulons rafraîchir son image de marque, faciliter l'interactivité avec les membres et rendre le programme encore plus généreux», précise ce dernier au cours d'un entretien avec Le Soleil.
Depuis le lancement de Milliplein, en 1997, le programme n'a subi que très peu de retouches.
En faisant ses achats chez EKO ou dans une quincaillerie de la chaîne Canac, le détenteur d'une carte Milliplein accumule des points qu'il peut ensuite échanger pour obtenir de l'essence ou pour payer ses achats chez Canac.
Dès le départ, le programme de fidélisation Milliplein a connu un succès retentissant.
Encore aujourd'hui, il comble les attentes de ses deux principaux partenaires auxquels s'est greffée, en 2010, La Capitale assurances générales qui offre la carte Milli-plein à ses clients.
«Actuellement, nous comptons entre 150 000 et 200 000 membres actifs par mois», souligne Gabriel Bérubé-Pelletier.
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Le Groupe F. Dufresne en six dates
1950 : fondation du Groupe F. Dufresne. L'entreprise distribue de l'huile à chauffage dans la Basse-Ville de Québec.
1978 : ouverture de la première station-service EKO à Loretteville.
1995 : conclusion d'un premier partenariat avec Pétro-Canada permettant l'acquisition de quarante stations-service au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord.
2006 : inauguration d'un nouveau concept de libre-service et de dépanneur.
2009 : conclusion d'un deuxième partenariat avec Pétro-Canada permettant l'acquisition, cette fois, de 25 stations-service en Gaspésie. Toujours en 2009, acquisition, conjointement avec Pétroles Cadeko, d'un réseau de distribution en carburant de 105 stations-service opérant sous les bannières Sonerco et Axco un peu partout au Québec.
2017 : lancement de la marque de dépanneur Sprint.
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Les essenceries au Québec
2876 essenceries en opération au Québec au 31 décembre 2016
90 essenceries de moins qu'en 2013
64,9 % des essenceries au Québec sont des stations libre-service avec dépanneur
Source : Portrait du marché québécois de la vente au détail d'essence  et de carburant diesel - Recensement des essenceries en opération au Québec au 31 décembre 2016, Régie de l'énergie.