Un appareil de mesure de la compagnie M2M utilisé pour l’inspection d’une pièce d’un avion

Eddyfi achète en France pour conquérir la Chine

Quand vient le temps d’enrichir son portefeuille de technologies, Martin Thériault n’a jamais le chéquier bien loin.

Choisi le pdg de l’année par l’Association québécoise des technologies, Martin Thériault est président et chef de la direction d’Eddyfi Technologies.

L’entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain — elle transportera bientôt ses pénates dans un nouveau siège social de 13,7 millions $ situé dans l’Espace d’innovation Michelet — a annoncé, lundi, la réalisation d’une nouvelle acquisition.

Une troisième depuis mars 2017 alors que la Caisse de dépôt et placement décidait d’investir 36,5 millions $ pour appuyer l’ambitieux plan de croissance d’Eddyfi qui fait travailler 320 personnes.

Alors que les deux premières transactions ont été réalisées au Royaume-Uni, la dernière a été faite en France.

Eddyfi met le grappin sur M2M qui compte sur une soixantaine de travailleurs en France, aux États-Unis et en Chine.

Le montant de la transaction n’a pas été divulgué.

La chef du marketing d’Eddyfi, Véronique Chayer, a toutefois indiqué au Soleil que le chiffre d’affaires de M2M se situe entre 15 et 20 millions $. Ce qui permet de faire grimper celui d’Eddyfi à plus de 75 millions $.

Au moment de l’annonce de l’investissement de la Caisse de dépôt et placement, Martin Thériault signalait que l’objectif de la compagnie était de faire passer le chiffre d’affaires à 100 millions $ en 2020.

Une corde de plus à son arc

Eddyfi fait son pain et son beurre dans les technologies avancées de contrôle et d’inspection non destructive. Ses clients sont répartis dans 80 pays, principalement dans les secteurs du nucléaire, de la pétrochimie et de l’aérospatiale.

En clair, l’entreprise conçoit des appareils de mesure, des capteurs, des sondes et des logiciels à partir desquels les pièces plus complexes - comme le train d’atterrissage d’un avion par exemple - sont minutieusement inspectées pour y détecter la plus minuscule fissure ou trace de corrosion, et ce, évidemment sans avoir à les endommager.

M2M fait exactement la même chose, mais en utilisant des ultrasons multiélements plutôt que le courant électromagnétique comme c’est le cas pour les technologies déployées par Eddyfi.

«Ces deux technologies sont complémentaires», résume Véronique Chayer. «Toutefois, pour certaines applications, l’une est mieux adaptée que l’autre.»

Par exemple, dans le cas d’un pipeline caché dans le sol, l’instrumentation en ultrasons multiéléments a le dessus sur l’électromagnétisme.

Dans un communiqué de presse, Eddyfi mentionne que M2M possède la technologie «la plus avancée» actuellement dans le monde.

L’acquisition permet à Eddyfi de mettre les pieds dans un marché complémentaire. Elle lui ouvre aussi les portes de la Chine, une terre encore inconnue pour la société de Québec.

«Nous avons fait notre réputation au cours des huit dernières années sur le marché des contôles non destructifs en mettant l’accent sur les technologies avancées. Il est maintenant temps d’entrer dans l’espace “ultrasonore avancé”, une technique utilisée par la quasi-totalité de nos clients, pour lui insuffler un haut degré d’innovation», a indiqué Martin Thériault.

«M2M manquait à l’évidence d’un réseau mondial efficace pour la distribution et avait, jusqu’à présent, des moyens financiers limités en matière d’investissements en recherche et développement. L’organisation mondiale des ventes et du support d’Eddyfi et sa solidité financière sont ce dont M2M avait besoin pour passer au niveau supérieur», a exprimé Philippe Benoist, président de M2M.