La conseillère principale à la commercialisation pour la nouvelle agence de courtage en économie sociale, Noémie Gravel-Denis

Économie sociale: petite entreprise deviendra grande [VIDÉO]

Aider la petite entreprise sociale à devenir grande.

Voilà l’objectif de la nouvelle agence de courtage en économie sociale qui voit le jour dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches.

Il s’agit d’une initiative du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale et de la Table régionale d’économie sociale de la Chaudière-Appalaches appuyée par une subvention de 42 000 $ provenant d’un Fonds de 100 millions $ du Mouvement Desjardins.

Comment s’y prendre pour faire pousser ces entreprises dont la mission première n’est pas d’accumuler les profits, mais plutôt de les réinvestir dans leur communauté ?
En leur ouvrant les portes des grandes institutions et des entreprises privées qui ont faim pour des produits et des services.

Le Groupe TAQ est un bel exemple. Entreprise adaptée employant plus de 250 personnes, dont 70 % vivent avec une limitation fonctionnelle, tout en étant aptes au travail, le Groupe TAQ est devenu un sous-traitant, entre autres, de la Maison Simons, de Chocolats Favoris et de Biscuits Leclerc.

«Recyclage Vanier et la Société VIA sont d’autres belles réussites de partenariats avec de grands acheteurs institutionnels et des entreprises privées», signale Noémie Gravel-Denis, conseillère principale à la commercialisation pour la nouvelle agence de courtage en économie sociale.

«Nous voulons amener les acheteurs institutionnels à brasser des affaires avec des entreprises d’économie sociale dans une optique d’achat responsable et de développement durable», explique Félix Bussières, le directeur général du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.

Deux solitudes

Nous sommes ici en présence de deux solitudes: les entreprises sociales n’ont pas l’expertise pour répondre aux appels d’offres qui sont souvent complexes et pour aller vendre leur salade auprès des acheteurs corporatifs et institutionnels et ces derniers, trop souvent, ne savent pas qu’ils peuvent obtenir des produits et des services de la part des entreprises sociales.

«Dans un premier temps, nous allons vérifier les besoins des acheteurs et identifier les entreprises de nos régions qui peuvent les aider et, surtout, qui sont en mesure de le faire», explique Noémie Gravel-Denis.

«Au moment où les acheteurs institutionnels et les grandes entreprises sont prêts plus que jamais à adopter des comportements socialement responsables, l’achat auprès de fournisseurs issus de l’économie sociale et du milieu coopératif s’avère une option plus que pertinente», estime Marc Villeneuve, vice-président des services aux membres pour les régions de la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches chez Desjardins.

Compter sur des entreprises d’économie sociale parmi ses sous-traitants n’a rien de nouveau pour Teknion, un fabricant de mobilier de bureau qui fait travailler plus d’un millier de personnes dans ses cinq usines situées dans la région de la Chaudière-Appalaches. 

«On fait du mieux qu’on peut pour encourager les PME d’économie sociale», indique le directeur corporatif des approvisionnements, Mario Forgues. Ainsi, chez Teknion, la fabrication de pas moins de 300 000 tiroirs de bureau par année est confiée à deux entreprises d’économie sociale. «C’est aussi une façon de contrer les problèmes de main-d’oeuvre.»

Elle-même une entreprise d’économie sociale, la Coopérative funéraire des Deux Rives n’encourage que des traiteurs et des fleuristes de Québec et de Lévis. 

«Et pour nos cercueils, nous nous regroupons avec d’autres coopératives funéraires pour acheter des produits québécois. Ça s’appelle réinvestir dans sa communauté», indique Garry Lavoie, un ancien dirigeant de la Coopérative funéraire des Deux Rives devenu consultant en gestion coopérative.

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EN CHIFFRES

L’économie sociale dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches

1200 le nombre d’entreprises

18 000 le nombre d’employés

3,3 milliards $ le chiffre d’affaires

Source: Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.

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EN UN MOT

«L’économie sociale regroupe des entreprises dont les propriétaires sont soit les personnes qui utilisent les services, ceux qui y travaillent ou des citoyens. Ces entreprises vendent un produit ou un service qui répond à un besoin exprimé par la communauté. Les profits sont réinvestis dans l’entreprise pour développer de nouveaux services ou marchés tout comme une entreprise privée. Par contre, leur priorité est la collectivité et non la recherche de profit puisque les bénéfices sont redistribués aux employés, aux membres et/ou pour de nouveaux projets»

Source: Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.