Le MAPAQ demande aux éleveurs de communiquer immédiatement avec leur médecin vétérinaire si leurs porcs montrent des signes de la maladie et de signaler tout cas positif.

Du porc québécois à la tonne à Sotchi

La présence d'Olymel en Russie remonte à l'époque de l'effondrement du régime soviétique, soit au début des années 1990. Près d'un quart de siècle plus tard, la Russie représente l'un des trois principaux clients de la coopérative québécoise spécialisée dans la transformation de viande de volaille et de porc avec les États-Unis et le Japon.
«À l'époque, la production interne de porc en Russie ne suffisait pas à répondre à la demande. Nous avons alors commencé à y expédier des volumes importants», explique Richard Davies, vice-président principal des ventes et du marketing chez Olymel. «À l'origine, nous expédions surtout des demi-carcasses. Au fil du temps, le marché est devenu plus sophistiqué. Nous livrons aujourd'hui une variété complète de découpes de porc comme de la fesse et de la longe.»
Et du porc québécois, les Russes en sont friands.
Selon le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), les exportations de viandes et de produits de porc en Russie en 2012 ont totalisé 144 339 tonnes, soit une augmentation de 47 % par rapport à l'année précédente. À titre comparatif, les Américains en avaient acheté pour 120 000 tonnes. En espèces sonnantes et trébuchantes, la valeur des exportations de porc en Russie se chiffrait à 345 millions $. Une hausse de 36 % par rapport à 2011.
Et selon le ministère des Finances et de l'Économie, les exportations de viande de porc ont constitué plus de la moitié (55 %) des exportations totales du Québec vers la Russie. En 2010, elles n'en représentaient pourtant que le quart.
«Il s'agit effectivement d'un très bon marché pour notre porc, mais un marché qui connaît des hauts et des bas. Disons que nous vivons actuellement de très bonnes années», constate Richard Davies.
Cependant, il arrive parfois que les autorités réglementaires russes jouent de vilains tours à ses fournisseurs.
Par exemple, à la fin de 2012, la Russie a décidé d'interdire l'entrée sur son territoire de la viande d'animaux traités à la ractopamine. Il s'agit d'une hormone de croissance qui accélère la prise de poids de l'animal et diminue le taux de gras dans ses muscles. L'utilisation de la ractopamine dans l'alimentation animale est interdite dans les pays de l'Union européenne et en Chine, mais elle est autorisée au Canada, aux États-Unis, au Mexique et au Brésil.
Contrôle russe
Au printemps dernier, près d'une douzaine d'inspecteurs russes se sont pointés au Canada pour vérifier si leurs fournisseurs utilisaient ou non le controversé additif alimentaire.
«Avec nos fournisseurs et nos producteurs, nous avons pris les moyens pour qu'il n'y ait plus de trace de ractopamine dans nos usines», explique Richard Davies. À Vallée-Jonction, dans la Beauce, l'usine d'Olymel ne se consacre dorénavant qu'à l'abattage de porc sans ractopamine. D'autres exportateurs canadiens de viande de porc ont refusé d'emboîter le pas et ont plutôt choisi d'aller vendre leurs produits ailleurs sur la planète.
C'est pourquoi le CDPQ a noté une chute se situant entre 35 % et 44 % des exportations du Canada vers la Russie, de janvier à avril 2013. La dégringolade des échanges entre les Américains et les Russes est encore plus importante, car nos voisins du sud contestent les nouvelles exigences sanitaires imposées par Moscou.
Richard Davies assure de son côté que l'année 2013 devrait être aussi bonne qu'en 2012 pour la coopérative québécoise.