Lancé au mois de septembre, le Fonds InnovExport a comme mission de soutenir l'amorçage et le démarrage d'entreprises innovantes visant les marchés internationaux pour «forger le Québec de demain». 

Du pain sur la planche pour le Fonds InnovExport

Les 15 dragons du Fonds InnovExport ne chômeront pas au cours des prochains mois. «Plusieurs dizaines» d'entrepreneurs des quatre coins du Québec ont soumis des projets à l'organisation, forçant même la direction du programme, victime de son succès, à revoir quelque peu ses plans.
«On avait prévu une enveloppe de 30 millions $ sur quatre ans et on prévoyait réaliser selon notre plan initial entre 10 et 12 investissements par année. D'après moi, on va dépasser ça allègrement», affirme au Soleil Richard Bordeleau, de l'entreprise Icentia, président du Fonds et membre du groupe du G15, ceux qui serviront de mentors aux jeunes entrepreneurs sélectionnés. «Le nombre de demandes dépasse de loin nos attentes. Au départ, on devait réaliser une seule journée de comité d'investissement, soit le 12 janvier, là, nous sommes obligés d'en tenir une deuxième au mois de février pour être capables de passer toutes les entreprises sélectionnées», poursuit l'homme d'affaires. 
Après la première période de soumission, qui s'est conclue le 28 octobre, ainsi que'une première rencontre entre les entreprises et les investisseurs, une vingtaine de projets porteurs, avec un caractère innovant et un potentiel d'exportation, ont été retenus. Lors de la prochaine rencontre en janvier, les entrepreneurs présenteront pour une dernière fois leur idée et leur plan d'affaires au comité d'investissement, c'est-à-dire des membres du G15. Par la suite, les mentors ainsi que la direction vont déposer leur offre financière.
«Ce qui est très intéressant, c'est que les projets reçus touchent à peu près tous les secteurs d'activité, soit entre autres le domaine de l'électronique, du minier, de l'optique photonique, de la robotique et de l'industrielle. On voit que le Québec innovant, ce n'est pas que les applications Web, bien qu'on ait reçu quelques projets», se réjouit M. Bordeleau, précisant que les demandes ont émergé de partout au Québec. «Évidemment de la grande région de Québec, mais aussi l'Estrie, de l'Outaouais, de Montréal et même de l'Abitibi-Témiscamingue.»
Le patron du fonds affirme que les entreprises ayant essuyé un refus, c'est principalement parce qu'elles ne satisfaisaient pas les critères d'investissement, comme avoir un produit qui peut s'exporter.
«Forger le Québec de demain»
Lancé au mois de septembre, le Fonds InnovExport a comme mission de soutenir l'amorçage et le démarrage d'entreprises innovantes visant les marchés internationaux pour «forger le Québec de demain». 
Investissement Québec (15 millions $), la Caisse de dépôt et placement du Québec (6 millions $), le Fonds de solidarité FTQ (4,5 millions $), le Fondation CSN (2,25 millions $) ainsi que 15 personnalités d'affaires (150 000 $ chacune), notamment les dirigeants de firmes comme EXFO, Premier Tech, Eddyfi, Regitex et Creaform, ont tous sortir leur chéquier pour garnir les coffres du fonds. La Ville de Québec a également investi 2 millions $ dans l'aventure pour la gestion du fonds.
Parmi la première vague de soumissionnaires, environ 65 % sont considérés comme des entreprises en période d'amorçage - sans revenu - et 35 % en démarrage, où l'entreprise a enregistré quelques ventes. «Nous avons des compagnies qui ont 400 000 $, 500 000 $ et même 1 million $ de chiffre d'affaires», confie le président, qui espère être en mesure de faire l'annonce des premiers investissements du fonds d'ici février.   
Outre le fait de pouvoir avoir accès à un réseau d'entrepreneurs et à du capital de risque, M. Bordeleau est d'avis que la contribution financière de la Ville venant appuyer celle du fonds a également eu un impact pour expliquer la forte demande pour le programme. Cet automne, Québec a signé une entente de principe avec le fonds s'engageant à offrir aux entreprises qui en font la demande de bonifier sous forme de prêt jusqu'à 50 % l'offre d'InnovExport. À titre d'exemple, si un entrepreneur touche 100 000 $, la Ville pourrait ajouter jusqu'à 50 000 $ supplémentaire. Pour pouvoir avoir accès au programme de la Ville, il faut toutefois que l'entreprise soit localisée dans l'agglomération de Québec. 
La prochaine date limite de soumission des projets est le 6 janvier. Le Fonds procédera par appel de projets sur une base trimestrielle, c'est-à-dire trois fois par année.