Du gaz naturel transporté par camion-citerne?

Plutôt que de prolonger son réseau de distribution jusqu'à Montmagny, Gaz Métro évalue l'opportunité de transporter le gaz naturel par camion-citerne jusqu'au point de consommation.
Arrivé à destination, le gaz naturel pourrait être entreposé ou encore injecté dans un réseau autonome alimentant les entreprises locales.
«Cette façon de distribuer l'énergie ne se fait pas encore chez Gaz Métro. Par contre, ça se fait ailleurs dans le monde», fait remarquer au Soleil Catherine Houde, conseillère médias et affaires publiques chez Gaz Métro.
Une étude de faisabilité est en cours, notamment pour évaluer la rentabilité du projet et le potentiel de consommation des entreprises du territoire de la municipalité régionale de comté (MRC) de Montmagny. 
Les résultats de l'étude de faisabilité seront communiqués aux élus magnymontois à l'automne, précise la porte-parole.
Gaz Métro étudie un scénario similaire pour Matane.
Dans le cas de régions éloignées des grands centres, Gaz Métro veut vérifier s'il ne serait pas plus économique de livrer par camion-citerne le gaz naturel, sous forme comprimée ou liquéfiée, jusqu'au point de consommation plutôt que de prolonger son réseau de conduites souterraines de 10 000 kilomètres desservant actuellement plus de 205 000 clients dans 300 municipalités au Québec.
En 2014, les autorités de la MRC de Montmagny avaient rencontré des représentants de Gaz Métro afin de connaître les opportunités de déploiement de la distribution du gaz naturel sur une partie du territoire. 
Elles souhaitaient que leur coin de pays, non desservi par un gazoduc, puisse bénéficier des avantages économiques et environnementaux du gaz naturel. Elles reconnaissaient d'emblée que le prolongement des infrastructures de Gaz Métro exigerait un investissement de plusieurs millions de dollars. 
Ce printemps, le distributeur de gaz naturel s'est pointé à Montmagny pour présenter aux élus l'ébauche de son projet pilote.
Bellechasse et Thetford Mines
En 2016, le prolongement du gaz naturel dans Bellechasse sur une distance de 60 kilomètres a coûté 42 millions $. Québec et Ottawa ont mis 35 millions $ sur la table et la contribution de Gaz Métro a été de 7 millions $.
Plus d'une centaine de clients entre Lévis et Sainte-Claire, en passant par Saint-Henri et Saint-Anselme, ont maintenant accès au gaz naturel ce qui leur permet d'abandonner l'utilisation du mazout. En fin de compte, les entreprises prévoient réduire leur facture d'énergie d'environ 2,5 millions $ par année.
La Coalition gaz naturel Bellechasse, qui avait mené la charge pour convaincre Ottawa et Québec à dénouer leurs goussets, estimait que l'arrivée du gaz naturel pourrait favoriser le démarrage de projets évalués à plus de 30 millions $ de la part des entreprises.
«Nous souhaitons maintenant implanter des mini-réseaux de distribution à Saint-Lazare, à Saint-Damien et à Saint-Charles à partir desquels les entreprises de ces trois territoires pourraient s'approvisionner», explique le directeur général du Centre local de développement (CLD) de la MRC de Bellechasse, Alain Vallières.
En 2011, le prolongement du réseau gazier de 72 kilomètres entre Vallée-Jonction et Thetford Mines avait coûté tout près de 25 millions $.
Prolongement jusqu'à Saint-Éphrem
Lundi, le gouvernement du Québec (6,7 millions $) et Gaz Métro (1,2 million $) annonçaient un investissement de 7,9 millions $ pour le prolongement du réseau gazier jusqu'à Saint-Éphrem de Beauce.
«L'accessibilité au réseau de distribution de gaz naturel aura un effet positif sur notre économie», souligne le maire de la municipalité, Normand Roy. «Près d'une vingtaine d'entreprises pourraient être raccordées à ce nouveau réseau et contribuer à la création et à la consolidation d'emplois chez nous.»
Dans son dernier budget, le gouvernement québécois avait priorisé la réalisation de trois projets d'extension du réseau de distribution du gaz naturel dans la Belle Province, dont celui de Saint-Éphrem. Des annonces viendront sous peu dans le cas des deux autres projets retenus, soit ceux de Thetford Mines et de Saint-Marc-des-Carrières.