En entrevue avec Le Soleil, le député d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Rémi Massé, secrétaire parlementaire du ministre du Développement économique Navdeep Singh Bains, a nié que l’annonce du «renouvellement» de ce programme permanent ait une saveur électoraliste.

Développement des collectivités: 5 M$ de plus par année

À quatre mois des élections fédérales, le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé vendredi matin à Lévis qu’il reconduisait pour cinq ans le programme de développement des collectivités, qui existe depuis près de 40 ans au Québec, et qu’il bonifiait de 17 % l’enveloppe dont bénéficieront les 57 Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) et les 10 Centres d’aide aux entreprises (CAE) du Québec.

Ainsi, les SADC et CAE du Québec auront droit à 169 millions $ sur cinq ans, soit 33,8 millions $ par année alors que le budget était auparavant de 28,8 millions $ par année. Le programme, qui finance ces organismes présents dans toutes les villes du Québec à l’exception de Montréal, Québec, Laval et Lévis, avait été renouvelé pour trois ans en 2016, une entente qui avait cependant pris fin en février. 

Pas électoraliste

En entrevue avec Le Soleil, le député d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Rémi Massé, secrétaire parlementaire du ministre du Développement économique Navdeep Singh Bains, a nié que l’annonce du «renouvellement» de ce programme permanent ait une saveur électoraliste. «On aurait bien aimé annoncer le renouvellement en février, mais il a fallu des mois de négociation pour en arriver avec cette bonification et les négociations ont parfois été corsées», a-t-il justifié. 

M. Massé a aussi refusé de dire que le renouvellement n’était qu’une formalité pour ce programme en place depuis déjà quatre décennies. «Ça a été difficile d’aller chercher une entente de cinq ans, car il fallait aussi aller chercher plus de flexibilité et étendre les services des CAE», poursuit-il.

Hélène Deslauriers, directrice générale du réseau SADC et CAE, a cependant précisé que la dernière entente de trois ans constituait plutôt une exception que la norme. «Nous avons presque toujours signé des ententes de cinq ans, sauf la précédente et une autre d’une durée de quatre ans. La dernière fois, on s’était entendus avec Développement économique Canada pour y aller d’une entente de trois ans afin de mieux définir nos besoins pour ensuite revenir sur cinq ans», a-t-elle indiqué au Soleil. 

Augmentation bienvenue

Mme Deslauriers a cependant souligné que l’augmentation de 17 % du budget des SADC et des CAE était la bienvenue puisque ces organismes qui ne sont présents qu’au Québec devaient composer avec le même budget depuis dix ans. Les nouvelles sommes permettront entre autres d’ajouter les territoires de la MRC de Caniapiscau, Saint-Hyacinthe et Soulanges au programme afin de couvrir tous les territoires ruraux du Québec, l’élargissement de l’éventail de services des dix CAE pour qu’ils puissent offrir les mêmes que les SADC et l’ajout de nouveaux fonds en fonction de la situation socio-économique et du potentiel de développement de chacune des MRC et municipalités du Québec.

D’ailleurs, les SADC et les CAE offriront dorénavant les mêmes services, ce qui pourrait éventuellement mener à une uniformisation de leur appellation. Ces organismes financent chaque année plus de 10 000 entrepreneurs et projets de développement économique local représentant des investissements de 70 millions $.