Deux mandats de grève chez Alcoa aux É-U; plus de pression au bénéfice d’ABI?

MONTRÉAL — La multinationale Alcoa, qui est copropriétaire d’ABI, se retrouve avec deux nouveaux mandats de grève dans des alumineries aux États-Unis. Et le syndicat des Métallos, au Québec, croit que cette situation pourra aider les lockoutés d’ABI en accroissant la pression sur Alcoa.

Ce sont d’ailleurs deux sections locales du syndicat des United Steelworkers aux États-Unis, auquel est rattaché le syndicat des Métallos, qui viennent de voter en faveur d’une grève. Mais la grève n’a pas été déclenchée. Les mandats ont été accordés pour les 800 travailleurs des usines de Warrick, dans l’Indiana, et les 500 travailleurs de Massena, dans l’État de New York.

Néanmoins, Dominic Lemieux, adjoint au directeur québécois du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, croit que de tels mandats de grève pourront accroître la pression sur la multinationale, ce qui pourrait aider les quelque 1000 travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour, en lock-out depuis près de 17 mois.

À l’heure actuelle, les négociations sont au point mort entre la direction d’ABI, propriété à 75 pour cent d’Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto, et la section locale 9700 du syndicat des Métallos.

«Ça peut avoir un effet, oui, mais il faut comprendre que les lois américaines sont très différentes des nôtres. Ils ne peuvent pas mettre en suspens la négociation américaine pour régler notre conflit; ça c’est clairement interdit; ce serait de la négociation de mauvaise foi. Par contre, c’est sûr que ça nous aide quand même. Ça met une pression supplémentaire sur Alcoa», a soutenu M. Lemieux.

D’ailleurs, le responsable de la négociation des conventions collectives des United Steelworkers aux États-Unis, Tom Conway, qui est le nouveau président international du syndicat, était présent à Trois-Rivières, samedi dernier, lors de la marche en faveur des lockoutés d’ABI.

La levée des tarifs sur l’aluminium aide également, selon M. Lemieux. «On attend que le prix de l’aluminium remonte un peu; on s’attend à ça.»

Alcoa a cependant conclu une entente de principe avec les quelque 700 syndiqués de son aluminerie de Baie-Comeau, syndiquée à la CSN. On doit connaître les résultats du vote sur l’entente de principe la fin de semaine prochaine. C’est à ce moment seulement qu’on connaîtra les conditions de travail qui ont été négociées.

Au mois de mars dernier, il restait 926 travailleurs encore actifs chez ABI. Ils étaient 1030 lors du déclenchement du lock-out, le 11 janvier 2018.

Au début du conflit, les deux points en litige étaient le régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre. Mais depuis, la direction a formulé d’autres demandes, affirmant avoir besoin de plus de flexibilité et vouloir faire croître la productivité. Les salaires ne sont pas un enjeu problématique.