Des vacances de plus en plus courtes pour les Québécois

Un peu plus de 3 Québécois sur 10 (35 %) prendront seulement une semaine de vacances ou moins d'ici la fin du mois de septembre.
De ce nombre, 14 % prendront une semaine de douce oisiveté et 10 % s'en accorderont un peu moins. Des vaillants qui resteront au boulot tout l'été, il y en aura 11 %, selon un sondage mené par CROP pour le compte de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés dont les résultats ont été publiés mardi.
«Souhaitons que ces travailleurs ont tout simplement privilégié d'autres périodes de l'année pour se permettre un temps d'arrêt», a indiqué Florent Francoeur, le pdg de l'ordre professionnel qui représente 9500 membres au Québec. «La Loi sur les normes du travail prévoit pour tous les salariés un temps de vacances rémunérées calculé en fonction de leurs années de service. Il est important que les travailleurs se prévalent des vacances auxquelles ils ont droit pour le bien de leur santé, mais aussi pour leur performance au bureau ou à l'usine.»
Au Canada, comme en Chine, les travailleurs ont droit à 10 jours de vacances annuelles rémunérées par année. Ailleurs dans le monde, les travailleurs ont droit à 12 jours en Inde, à 25 jours en France, à 28 jours au Royaume-Uni et à 30 jours en Finlande. Aux États-Unis, les salariés ne bénéficient d'aucune journée de vacances annuelles rémunérées.
Le sondage de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés révèle que 28 % des Québécois prévoyaient prendre deux semaines de vacances d'ici la fin septembre; 17 % trois semaines; 8 % quatre semaines et 9 % plus de quatre semaines. La moyenne se situe à 2,2 semaines.
Florent Francoeur fait remarquer que le pourcentage de Québécois qui se la coulent douce pendant deux semaines (28 %) avait chuté par rapport aux quatre dernières années alors qu'il affichait 35 %. Pendant ce temps, le pourcentage de travailleurs qui s'offraient une semaine ou moins augmentait de 10 % comparativement à 2013 (voir le tableau).
Parmi les constats révélés par l'enquête, notons qu'il y a deux fois plus de femmes que d'hommes à ne prendre aucune journée de vacances durant l'été. Aussi, les non-francophones seront deux fois plus nombreux à mettre une croix sur les vacances d'ici la fin septembre ou à ne prendre que quelques jours.
Dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec - qui couvre principalement le territoire des villes de Québec et de Lévis - 45 % des travailleurs interrogés ont indiqué qu'ils prendront une semaine de vacances ou moins cet été. Il faut cependant préciser que le nombre de répondants (118) dans le cas de la RMR de Québec n'est pas suffisamment élevé pour établir une quelconque tendance générale.
La déprime du retour au boulot
Seulement 30 % des 605 répondants au sondage CROP réalisé du 12 au 16 juin pour le compte de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés ont indiqué qu'ils prévoyaient retourner au boulot en grande forme et prêts à reprendre le travail. Près de la moitié (49 %) ont mentionné qu'ils ne seront ni contents ni mécontents de reprendre le collier. Enfin, 22 % ont signalé qu'ils sont déprimés à l'idée de reprendre la vieille routine boulot-dodo.
Le niveau de déprime est un brin plus élevé (26 %) chez les 18 à 34 ans.
«Jeune ou moins jeune, le retour au travail n'est pas toujours évident», a souligné Florent Francoeur. «Par contre, le fait de préparer son retour de vacances avant de partir permet souvent une rentrée plus en douceur. Les employeurs peuvent aussi tirer profit de la période estivale en facilitant un aménagement plus flexible du travail, ce qui prolonge un peu l'idée des vacances et exerce un effet positif sur les employés. Avec près de 60 % des travailleurs de 18-34 ans qui prendront très peu de vacances, cela peut être une avenue intéressante afin de maintenir les gens mobilisés durant l'été.»
Finalement, à savoir si le nombre de semaines de vacances allait suffisamment leur permettre de se reposer, 50 % des travailleurs ont répondu dans l'affirmative. L'autre moitié a soutenu que le nombre de semaines de farniente ne sera pas suffisant.