Le pourcentage de transformateurs alimentaires qui prévoient réaliser un transfert de leur entreprise au cours des cinq prochaines années est le même (35 %) que celui de ceux qui n'envisagent aucun transfert pour le moment.

Des transformateurs alimentaires sans plan de relève

Une enquête réalisée par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) révèle que le tiers des transformateurs alimentaires âgés de plus de 40 ans n'ont aucun plan formel de relève.
«Parmi ceux-ci, 63 % sont âgés de plus de 50 ans et dirigent près de 20 % des petites et moyennes entreprises du secteur de la transformation alimentaire au Québec», constate l'enquête réalisée au printemps 2016 auprès de 700 propriétaires d'entreprises de transformation alimentaire affichant un revenu annuel de plus de 30 000 $ et comptant moins de 250 employés.
Le coup de sonde visait à vérifier leur degré de planification en ce qui a trait au transfert de leur entreprise.
Le pourcentage de transformateurs alimentaires qui prévoient réaliser un transfert de leur entreprise au cours des cinq prochaines années est le même - 35 % - que celui de ceux qui n'envisagent aucun transfert pour le moment. Un pourcentage de 18 % de propriétaires d'entreprises de transformation alimentaire prévoit le faire d'ici 6 à 10 ans; 12 % affirment qu'ils passeront à l'action dans plus de 10 ans.
Outre le fait que 35 % des répondants admettent n'avoir aucune planification de transfert, l'enquête du MAPAQ démontre également qu'ils sont peu préoccupés par le sujet.
«Plus du tiers des propriétaires ne prévoient pas participer à des ateliers d'information sur le transfert d'entreprise, car ils n'y voient pas la nécessité. Et parmi ceux qui planifient un transfert au cours de la prochaine décennie, seulement 58 % prévoient recourir aux services d'un conseiller pour les accompagner.»
Situation préoccupante
Une situation qui préoccupe le ministère dans un contexte du vieillissement des fondateurs et propriétaires des PME. 
«Conjuguées au fait que de nombreux experts observent que le transfert d'entreprise est un processus d'une complexité souvent sous-estimée, ces considérations donnent à entendre qu'une proportion non négligeable des PME de la transformation alimentaire pourrait se retrouver dans des conditions susceptibles de diminuer les chances de succès d'un éventuel transfert de l'entreprise à la nouvelle génération», signale le MAPAQ en rappelant que les départs à la retraite d'une «proportion notable» de propriétaires de PME «mettent ces entreprises en péril, à moyen et à long terme, quant la continuité des affaires.»
Pour ceux qui planchent déjà sur le transfert de leur entreprise d'ici 10 ans, 70 % ont choisi d'en confier la propriété à un membre de leur famille.