Le propriétaire du Casse-Croûte Chez Gaston, Antoine Paquin, compte faire affaire avec Uber Eats, malgré les frais de commission pouvant atteindre 30 %.
Le propriétaire du Casse-Croûte Chez Gaston, Antoine Paquin, compte faire affaire avec Uber Eats, malgré les frais de commission pouvant atteindre 30 %.

Des restaurateurs comptent rester sur Uber Eats malgré le déconfinement

Plusieurs restaurateurs ont fait appel à des services de livraison de nourriture (Uber Eats, DoorDash, Skip) pour faire rouler leur commerce pendant le confinement. Malgré des frais de commission pouvant atteindre 30 %, des propriétaires comptent rester sur ces plateformes, même après la réouverture des restaurants le 15 juin.

Les ventes Uber Eats représentent désormais 20 à 25 % du chiffre d’affaires au Casse-Croûte Chez Gaston. «On va le garder parce que c’est parti très fort et que ça augmente. Même si ce n’est pas très payant, ça fait rouler notre stock», constate le propriétaire Antoine Paquin. Malgré la commission de 30 % du montant total de la facture prise par Uber, il affirme qu’il ne peut pas se plaindre, puisque les affaires vont bien depuis son adhésion en mars. Mais il admet que «chaque fois [qu’il] envoie une commande Uber Eats, [il] ne fait pratiquement pas d’argent».

Même son de cloche du côté de Denis Serré, copropriétaire de L’Oeufrier sur le Boulevard de l’Ormière. Il ne se retirera pas des services de livraison de repas, malgré la réouverture de leur salle à manger le 15 juin. «Ça apporte une visibilité et attire une clientèle qui ne serait pas venue à notre restaurant en temps normal». Il essaie toutefois de privilégier la commande pour emporter et la consommation sur place via la publicité. Depuis le début du confinement, il a inscrit son restaurant sur Uber Eats, DoorDash et UEAT. «Le matin de notre inscription [sur les services de livraison], ça a décollé tout de suite», se souvient-il. Le taux de commission demandé par ces entreprises varie entre 20 et 30 %, un taux «exagéré», selon lui. «C’est certain qu’ils apportent du chiffre d’affaires, mais à long terme je ne crois pas que ce soit très payant. Dans le moment, c’est un mal nécessaire», conclut-il.

Une commission qui dérange

En ces temps difficiles, plusieurs restaurateurs peinent à se sortir la tête de l’eau. Aux États-Unis, plusieurs villes ont imposé, de façon temporaire, un plafond de commission. San Francisco, Seattle, Washington, New York et Los Angeles ont fixé à 15 % cette commission. Au Canada, des voix se sont élevées pour réclamer une telle mesure. En Alberta par exemple, l’industrie de la restauration a demandé au gouvernement de suivre les traces de certaines juridictions américaines, mais aucune action concrète n’a été encore appliquée.

Uber Eats dit toutefois avoir implanté des mesures pour aider les restaurateurs. La multinationale a éliminé les frais d’activation et augmenté la flexibilité de la plateforme. Les restaurateurs ont ainsi plus d’options, dont la possibilité d’offrir celle «pour emporter» via Uber Eats sans frais. La compagnie a aussi réduit les frais de service facturés aux restaurateurs qui font appel à leurs propres employés pour la livraison.

À Québec, 500 restaurants sont inscrits sur Uber Eats, et plus de 4000 à travers la province. Dans un communiqué, Uber constatait «une augmentation significative des inscriptions et des ventes réalisées par les restaurants depuis le début de la pandémie».