Selon une étude de Golf Canada, au cours de la dernière décennie, 25 établissements de golf ont fermé au Québec et 158 au pays.

Des promoteurs à l’assaut des terrains de golf

Même si l’industrie du golf semble afficher une meilleure mine qu’il y a cinq ans, les promoteurs immobiliers sont toujours très agressifs pour réaliser l’acquisition de terrains à travers la province.

Dans la grande région de Québec, entre autres, un projet résidentiel est dans les cartons pour une partie des terrains du Club de golf Le Montmorency. Il toucherait trois trous. Un changement de zonage sera toutefois nécessaire.

Au cours des dernières années, la direction avait aussi réalisé la vente de six parcelles de terrains près de l’avenue des Marches naturelles pour un projet immobilier. Le 9e trou, initialement une normale 4, a été depuis converti en par trois.

«La vente de ces terrains était pour assurer l’avenir du club. Pour payer la dette», explique le directeur général du golf, Claude Langlois. «Aujourd’hui, cela va mieux, mais nous avons besoin de la deuxième partie pour assurer notre avenir. Nous allons tout de même demeurer un 18 trous», assure-t-il.

Ce dernier préférait mardi ne pas émettre davantage de commentaires sur ce nouveau chantier, précisant que les discussions se poursuivent avec la municipalité.

«L’immobilier est une bonne stratégie pour assurer la continuité des activités. Les nouveaux propriétaires peuvent aussi devenir des membres», note M. Langlois, mentionnant qu’avec leur contrat d’achat sur l’avenue des Marches naturelles, les acheteurs avaient droit à une saison gratuite.  

Selon des documents publics, le développement serait situé en bordure nord de l’avenue des Rapides. Il consiste à construire dix habitations unifamiliales isolées de deux étages, avec chacune un garage.

Comme autres terrains ciblés par des promoteurs immobiliers dans la région, au mois mars, le club de Golf Stastny, une propriété de l’ancien joueur des Nordiques de Québec, Marian Stastny, a été vendue pour 5,7 millions $.

C’est l’homme d’affaires Daniel Proulx qui est derrière cette transaction. À travers la province, il a réalisé plusieurs projets résidentiels, dont La Cité de Mirabel. Il est aussi copropriétaire du golf Les Quatre Domaines, à Mirabel.

Pour le moment, aucun développement n’a encore été annoncé pour le terrain de Saint-Nicolas.

Des offres

Du côté de la municipalité de Lac-Beauport, un projet de 72 condominiums - Les Villas Mont Tourbillon - situé à quelques jets de pierre du terrain de golf du Mont Tourbillon devrait éventuellement voir le jour.

«C’est une tendance aux États-Unis. Les gens veulent vivre près d’un terrain de golf», note au Soleil le propriétaire du Mont Tourbillon, Michel Noël. «Les gens trouvent cela beau un terrain de golf et c’est tranquille avec de la verdure», poursuit celui qui détient aussi le club de golf Royal Charbourg.

D’ailleurs, le patron ne cache pas avoir reçu plusieurs offres de promoteurs pour ce terrain au cours des dernières années.

«Nous analysons des projets», dit-il. «Sur place, nous avons déjà l’aqueduc et l’égout. Nous sommes sur un terrain plat. Nous pourrions réaliser un projet sans avoir à couper un arbre ni construire de rue».

Autre transaction, au cours des derniers mois, le club de golf Le Loup de Baie Saint-Paul a été vendu pour 1,45 million $ au promoteur Gestion Jacques Cooke. Depuis avril, des terrains sont à vendre à proximité du golf pour du développement résidentiel.

Lorsqu’on regarde à l’autre bout de l’autoroute 40, le Club de Golf de Rosemère a également récemment été vendu pour 18 millions $ au constructeur Bâtimo. Les plans du projet sont actuellement sur la table à dessin et il est impossible de savoir si le golf demeurera ouvert. La nouvelle mouture du développement devrait être présentée cet automne.

Cette offensive des promoteurs devrait continuer de croître au cours des prochaines années, selon plusieurs propriétaires. Surtout que le maire, Régis Labeaume, avait démontré une ouverture au mois de mars pour ouvrir le débat sur le zonage.


« L’immobilier est une bonne stratégie pour assurer la continuité des activités. Les nouveaux propriétaires peuvent aussi devenir des membres »
Claude Langlois, directeur général du Club de golf Le Montmorency

Mariage salutaire

Pour Golf Québec, le mariage entre l’immobilier et les terrains de golf pourrait s’avérer la planche de salut pour certains propriétaires. La mise en marché sera également un facteur déterminant pour les prochaines années. 

«Un club de golf est une entreprise qui doit assurer sa rentabilité en offrant différents services, comme de l’immobilier. C’est une avenue intéressante pour amener une nouvelle clientèle», avance le porte-parole, François Roy. 

Quant à la diminution de la superficie des terrains, en raison de ces développements, «ce n’est pas un problème», estime-t-il. «Au Québec, certains ont un niveau de difficulté qui n’est pas nécessaire. C’est parfois préférable d’avoir des parcours plus courts». 

Ce dernier tient à préciser que son sport est aujourd’hui en meilleure santé, malgré encore certaines fermetures, comme le Club de Golf Chambly. Golf Québec estime qu’on compte 340 terrains à travers la province. Selon une étude de Golf Canada, au cours de la dernière décennie, 25 établissements de golf ont fermé au Québec et 158 au pays.