Pour le président de GDG Informatique, Michelle Coelho, de Rio de Janeiro, a les compétences et une détermination «incroyable» pour en faire une employée rêvée. «Le seul problème, c'est l'hiver», dit la jeune femme en riant.

Des plages de Copacabana aux plaines d'Abraham

Michelle Coelho troquera en janvier l'accès aux plages de Copacabana à Rio de Janeiro pour celui des plaines d'Abraham alors que s'amorcera pour elle la nouvelle vie dont elle rêvait.
Elle a décroché mardi un emploi de programmeur-analyste pour la compagnie GDG Informatique et Gestion de Québec dans le contexte de la mission de recrutement au Brésil, organisée par Québec International.«C'était une grande surprise. Je ne le crois pas encore que c'est vrai!» s'exclame la femme de 27 ans. Michelle Coelho est l'une de celles qui a décroché un des 101 emplois offerts aux Brésiliens lors de cette mission.
Le président de GDG, Gaétan Duchesne, a été impressionné par la jeune femme. «Elle a les compétences, elle dégageait vraiment une détermination incroyable. Je pense que, pour elle, elle va s'adapter très bien. Elle comprend bien le français, tu vois que cette personne-là, elle veut aller au Québec.»
Pour Michelle Coelho, la brisure avec le Brésil s'est produite un certain soir de 2009 dans le quartier Tijuca de Rio de Janeiro. Elle marchait tranquillement avec sa copine lorsqu'un bandit s'est jeté sur elle, lui a braqué une arme de poing sur la tempe pour lui voler tout ce qu'elle avait en sa possession. «Je souhaite avoir des enfants et je ne veux pas ce genre de vie pour eux», raconte-t-elle, encore perturbée par cette attaque.
Elle s'est donc mise à la recherche d'une terre d'accueil et a été charmée par ce qu'offre le Québec. Mais pour immigrer, il faut parler français. Elle s'est donc inscrite il y a six mois à des cours de français, qu'elle suit cinq heures par semaine, après le travail, à l'École Québec de Rio.
Difficile pour un Nord-Américain de comprendre pourquoi autant de Brésiliens qui vivent dans un climat tropical rêvent du Québec. La violence, la corruption, la piètre qualité du système d'éducation et de santé du Brésil y sont pour quelque chose. Le pays de 192 millions d'habitants est le pays le plus inéquitable au monde. Plusieurs jeunes Brésiliens aspirent à un monde meilleur et lorgnent vers le Québec, où on facilite l'immigration. «Au Québec, tu peux te promener sans te sentir intimidé», a remarqué la jeune femme qui a mis les pieds au Québec pour la première fois en septembre dernier.
«Les gens sont plus éduqués, civilisés. Il y a un système de santé gratuit, une éducation accessible pour tous et de meilleures opportunités de carrière.» «Le seul problème du Québec pour moi, c'est l'hiver», conclut-elle en riant. Et elle risque d'y goûter, puisqu'elle commencera son nouvel emploi chez GDG... en janvier.