Cinq festivals ou événements de Québec, dont le Festival d’été, réclament plus d’argent au fédéral pour «les garder sécuritaires, soutenir leur croissance et miser sur la création».

Des festivals demandent l’aide du fédéral

Cinq festivals et événements de la capitale, dont le Festival d’été de Québec (FEQ) et le Carnaval, demandent au gouvernement fédéral de délier les cordons de sa bourse pour les aider à s’ajuster à l’explosion des coûts en sécurité et à recevoir leur juste part des retombées économiques qu’ils génèrent.

Le FEQ, le Carnaval, les Fêtes de la Nouvelle-France, les Grands feux Loto-Québec ainsi que le Comedi-Ha! Fest souhaitent que le fédéral s’inspire du plan élaboré par deux associations, Festivals et événements majeurs Canada (FAME) ainsi que le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

«Depuis cinq ans, il y a une augmentation des coûts de sécurité de 60 %, alors un moment donné ça devient extrêmement difficile pour nous d’assumer l’entièreté de ces coûts-là», fait valoir Martin Roy, directeur général de FAME et président-directeur général du RÉMI, à la lumière de données recueillies auprès de ses membres.

Installation de caméras, de détecteurs de drones ou de métal, de dispositifs contre les camions-béliers : les festivals doivent gruger dans leur marge de manœuvre pour arriver à assurer la sécurité. L’argent ainsi détourné ne peut ainsi pas servir à bonifier la programmation ou l’expérience du festivalier.

Le plan suggère de donner accès aux festivals à un programme déjà existant de financement d’infrastructure de sécurité.

Retombées redistribuées

Le groupe souhaite par ailleurs que le fédéral redistribue la richesse que les festivals et événements génèrent pour soutenir leur croissance.

Les festivaliers couchent à l’hôtel, mangent au restaurant, ce qui fait grossir les revenus des gouvernements, explique M. Roy. En haussant l’aide gouvernementale, une portion de ces retombées se retrouveraient ainsi dans les poches des organisateurs d’événements.

S’appuyant sur une étude de KPMG, M. Roy rappelle que 17 événements ont généré des retombées de 290,8 millions $ et des revenus fiscaux de 49,3 millions $ pour le gouvernement du Québec et de 17,3 millions $ pour le gouvernement fédéral. Ces montants ne comptent que les dépenses des visiteurs de l’extérieur qui sont venus principalement pour ledit événement.

Les organisations soutiennent de plus qu’il faut venir grossir les enveloppes qui leur sont destinées pour «miser sur la création».

«Ça fait plus de 10 ans que les deux programmes dont on bénéficie quand on est événements culturels […], n’ont pas été bonifiés. En ne tenant compte que de l’inflation, on a perdu environ 15 % là-dessus. En plus de ça, la demande s’est accrue. Il y a beaucoup de festivals qui ont poussé», remarque M. Roy.

Prochain budget

Ce n’est pas un hasard si le groupe met de l’avant ses demandes à ce moment-ci. «On est vraiment dans un blitz de consultations prébudgétaires au gouvernement fédéral, c’est vraiment le moment ou jamais de se faire entendre», explique M. Roy.

Les rencontres avec les ministres et ministères se multiplient, le mémoire sera présenté ce jeudi à Edmonton devant le comité permanent de la Chambre des communes, note-t-il.

Le dg de FAME est confiant que les recommandations seront prises en compte dans le prochain budget fédéral. «On a une bonne réceptivité.» Il a interpellé les députés de la région, Joël Lightbound et Jean-Yves Duclos.

«Je suis extrêmement fier de nos festivals qui font rayonner notre ville à l’international en plus de générer d’importantes retombées économiques. Je vais continuer de les appuyer et m’assurer que leurs revendications soient entendues au plus haut niveau», a commenté Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert.

Du côté du provincial, M. Roy indique que les festivals sont satisfaits de l’effort qui a été fait les dernières années pour augmenter les fonds, à travers le programme d’aide financière aux festivals et aux événements touristiques.