Dominique Gaulin, de Référence Systèmes

Des encans d’animaux au Sommet du G7

Vincent Tremblay l’avoue, ça lui a fait un petit velours de voir monter des centaines de policiers dans des autobus bien alignés sur la rue de la Couronne à Québec lors du Sommet du G7.

«Wow ! C’est nous autres qui coordonnons tout ça !», se disait-il, fier comme un paon.

Vincent Tremblay est actionnaire et directeur des services techniques chez Référence Systèmes, une PME de la capitale spécialisée en informatique d’affaires. 

L’entreprise, fondée en 1996 par Dominique Gaulin et Yves Gervais, vend de l’équipement informatique et développe des logiciels et des applications Web pour ses clients.

À la suite d’un rigoureux appel d’offres qui avait fait saliver des compétiteurs canadiens, américains et européens, c’est Référence Systèmes qui avait obtenu le lourd mandat de gérer les déplacements des véhicules durant le G7 qui s’est tenu dans Charlevoix.

Le va-et-vient des dignitaires, des bénévoles, des journalistes et des forces de l’ordre, tout, mais absolument tout passait par Bus Charter, le logiciel de gestion des nolisements mis au point par Référence Systèmes.

Développé, il y a quelques années, pour l’industrie du transport des personnes, Bus Charter répertorie une foule de renseignements sur chacun des véhicules (spécifications mécaniques, bons de réparations, etc.) sur ses clients et sur les itinéraires.

«Tous les déplacements étaient réglés au quart de tour. Aucun retard n’était toléré», explique Dominique Gaulin. «Nous avons relevé le défi haut la main.»

Les organisateurs du G7 exigeaient que Référence Systèmes se prépare au pire. Non seulement la PME devait fournir le logiciel de gestion des nolisements, mais elle devait être prête à intervenir à tout moment en cas d’urgence. «Des développeurs et des techniciens ont été sur le qui-vive durant tout le sommet», signale Dominique Gaulin.

Il va sans dire que Référence Systèmes va miser gros sur ce contrat pour de mousser les ventes de Bus Charter auprès des joueurs de l’industrie des transports au Canada et aux États-Unis. «Nous venons d’obtenir une visibilité incroyable. Nous serions vraiment négligents de ne pas miser sur ce beau succès dans la poursuite de la croissance de l’entreprise.»

Traçabilité des animaux

Bus Charter n’est pas le produit vedette de Référence Systèmes.

«Là où nous brillons de tous nos feux, c’est dans les encans d’animaux !», souligne Dominique Gaulin.

En effet, les petits génies de Référence Systèmes ont mis au monde un logiciel qui s’occupe de la gestion des animaux vivants. 

«Nous identifions l’animal dès son arrivée à l’encan et nous alimentons la base de données d’Agri-Traçabilité Québec, l’organisme gouvernemental responsable d’implanter, d’opérer et de mettre à jour le système de traçabilité des produits agricoles québécois.»

L’expertise de la PME a dépassé les limites de la Belle Province. «Nous enregistrons des ventes au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Tranquillement, nous perçons le marché américain. Nous collaborons actuellement avec une importante compagnie du pays de l’Oncle Sam pour l’implantation de notre logiciel de traçabilité des animaux.»

Par ailleurs, Référence Systèmes se charge des infrastructures technologiques et développe des logiciels et des solutions de gestion pour de nombreux clients dont le Grand Théâtre de Québec, le Village Vacances Valcartier, Optel et plusieurs organisations syndicales du secteur public québécois.

Ses actionnaires ont aussi investi des sous pour créer le guichet unique Publimaison.ca qui répertorie toutes les propriétés à vendre dans un secteur donné, qu’elles soient mises en vente par des particuliers, des courtiers ou des constructeurs d’habitations neuves.

Pénurie d’informaticiens

À écouter Dominique Gaulin et Vincent Tremblay, Référence Systèmes a le vent dans les voiles.

«C’est le cas», insistent-ils. Le nombre d’employés a pratiquement doublé depuis l’année dernière pour s’établir à un peu plus de 50.

«Demain matin, je pourrais embaucher une dizaine de travailleurs de plus s’il y avait des candidats disponibles sur le marché. Or, il n’y en a pas. C’est désolant. Des informaticiens, ça ne court pas les rues. Il n’est pas rare que des concurrents viennent les détrousser chez nous !», raconte Dominique Gaulin en indiquant que son entreprise réussissait, malgré tout, à garder ses talents. «Ici, nous avons instauré un climat de travail familial. Être heureux au boulot, ça a toujours été notre devise à partir du moment où nous avons fondé la compagnie.»