Des représentants des entreprises de la Beauce se sont envolés vers l’Ontario à la recherche de main-d’œuvre.

Des employeurs de Beauce courtisent à... Sudbury

À la recherche de main-d’œuvre, les entreprises de la région de Québec tournent toutes les pierres. Elles n’hésitent pas à mettre le cap sur l’Europe, l’Amérique latine et l’Afrique du Nord pour trouver les perles rares. Évidemment, elles ratissent le marché québécois dans tous les sens.

En Beauce, les employeurs font tout ça évidemment.

Et plus encore.

Jeudi dernier, les représentants de neuf entreprises se sont rendus dans le nord de l’Ontario pour attirer l’attention des étudiants du Collège Boréal, un établissement de langue française de Sudbury.

Oui, oui, une mini foire de l’emploi dans une école ontarienne d’environ 1000 étudiants située à près de 1000 kilomètres de Saint-Georges!

Avec un taux de chômage aussi bas que 2,4 % dans la Beauce, les employeurs doivent sortir des sentiers battus. Au «royaume» québécois de l’entrepreneuriat, il y a actuellement 2500 postes à pourvoir.

«Vous nous connaissez. Vous savez que nous, les Beaucerons, nous sommes réputés pour notre ingéniosité et notre débrouillardise. La recherche de main-d’œuvre, c’est une corvée. Nous nous retroussons les manches», commente Mélanie Poulin, la coordonnatrice de La Beauce embauche, un organisme qui rassemble une trentaine de compagnies beauceronnes dont la mission est de faire la promotion des emplois disponibles et de la qualité de vie dans ce coin de pays. Une initiative du Conseil économique de Beauce, de Développement Nouvelle-Beauce et du CLD Robert-Cliche, La Beauce embauche a aidé ses membres à recueillir pas moins de 400 candidatures en 2017.

Pourquoi Sudbury?

Mais qu’est-ce qui a pu amener les responsables des ressources humaines de Comact, Équipements PHL, Métal Sartigan, Estampro, Manac, Canam, Camnor Group, Chorus RH et PME Partenaires et leur liste d’épicerie de 100 postes à pourvoir à Sudbury?

C’est bien simple. Un dirigeant d’entreprise connaissait quelqu’un qui, lui, connaissait quelqu’un qui connaissait le doyen du Collège Boréal.

Rapidement, la question de la rareté de soudeurs, de machinistes et de mécaniciens industriels dans la Beauce est venue sur le tapis.

Or, le Collège Boréal offre des formations spécialisées et reliées aux besoins des entreprises beauceronnes. De surcroît, ses finissants sont bilingues.

«Dans la région de Sudbury, le taux de chômage avoisine 6 %. Les emplois sont souvent plus difficiles à trouver. Le coût de la vie est également légèrement plus élevé qu’au Québec», signale Mélanie Poulin.

L’an dernier, des représentants de La Beauce embauche avaient rencontré les dirigeants du Collège Boréal pour jeter les bases d’un partenariat. Une mission de l’emploi virtuelle s’était tenue pour mesurer l’intérêt des étudiants.

La réponse a été suffisamment positive pour que la collaboration s’accentue cette année. Les centres de recherche d’emploi de Sudbury et les médias locaux ont été mis dans le coup pour assurer une grande visibilité à la venue des employeurs de la Beauce au Collège Boréal.

Il y aura une prochaine fois

Jeudi, dans le cadre de leur mission de séduction, chaque entreprise occupait un stand dans la cafétéria de l’école. Ensemble, elles ont pu rencontrer une quarantaine de candidats. Un suivi serré sera fait avec chacun d’entre eux au cours des prochaines semaines. Des CV reçus à Sudbury seront partagés avec les autres entreprises membres de La Beauce embauche.

«Nous sommes vraiment emballés. C’est un beau succès. Nous allons y retourner, c’est certain», souligne Mélanie Poulin.

L’an dernier, la Beauce avait accueilli deux jeunes finissants du Collège Boréal qui voulaient tenter l’expérience québécoise. Ils ont finalement décidé de rentrer au bercail.

«C’est évident que le jour où nous pourrons proposer des histoires à succès aux jeunes de Sudbury, ça nous aidera à en recruter davantage.»

À Sudbury, la mission des entreprises beauceronnes a fait l’objet d’un reportage à Radio-Canada.

Au journaliste, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, signalait que cette mini foire de l’emploi démontrait la qualité de la main-d’œuvre francophone dans la province.

«Ça lance peut-être un message aussi à nos organisations : qu’on a besoin d’offrir des salaires compétitifs et des emplois attrayants partout en province pour garder notre main-d’œuvre», a-t-il mentionné à la société d’État.