La nouvelle directrice de la maison Septembre éditeur, Annik De Celles

Des bons emplois en grande quantité

L’emploi se porte bien au Québec. C’est le moins que l’on puisse dire. Le taux de chômage en décembre affichait 4,9%. Il n’a jamais été aussi bas depuis 1976.

Et il y aura pas moins de 1,3 million de postes à pourvoir dans les organisations d’ici 2022, estime Emploi Québec.

À moins de vivre sur une autre planète, tout le monde sait qu’il y a une rareté de main-d’œuvre dans la Belle Province.

Voire même, carrément, une pénurie pour certains types d’emploi.

Pas une journée ne se passe sans qu’un entrepreneur raconte, dans les médias, ses mille et une misères à recruter le personnel dont il a cruellement besoin pour faire rouler sa compagnie.

Dans ce contexte, des métiers et des professions affichent de meilleures perspectives d’emploi que d’autres. 

Publié lundi, le Palmarès des carrières 2018, comme le veut la tradition, décerne ses palmes d’or, d’argent et de bronze, dans chacun des trois ordres d’enseignement, aux métiers et aux professions affichant les meilleures possibilités d’emploi au Québec. (Voir le tableau plus bas)

Au secondaire, les élèves qui choisissent les métiers de mécanicien d’engin de chantier, de mécanicien d’équipement lourd et de secrétaire médicale ne chercheront pas bien longtemps un gagne-pain à la sortie de l’école. Ils le trouveront, bien souvent, avant même d’obtenir leur diplôme.

Même chose pour les cégépiens qui aspirent à devenir technologiste médical, orthésiste-prothésiste ou secrétaire de direction.

Des postes, il n’en manque pas, non plus, pour un jeune universitaire intéressé à devenir travailleur social, ingénieur en agroenvironnement ou administrateur de serveur.

Pour établir ce palmarès, la nouvelle directrice de la maison Septembre éditeur Annik De Celles et son équipe ont identifié 50 métiers et professions auxquels a été appliquée une grille d’évaluation éprouvée depuis plusieurs années.

Établie à partir d’une minutieuse analyse du marché de l’emploi et des études réalisées par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et par Emploi-Québec, la Valeur carrière Septembre compte cinq critères pondérés: les perspectives d’insertion sur le marché du travail (35%), le maintien en emploi (26%), la mobilité géographique (17%), la diversité des milieux de pratique (15%) et la valeur ajoutée (7%), notamment les possibilités d’avancement ou de conciliation travail-famille (7%).

Les points accordés à chacun des cinq critères sont additionnés pour obtenir un total sur 100. 

Taux de chômage: 0%

La 14e édition de la bible des métiers et des professions les plus prometteurs au Québec révèle que le taux de chômage est actuellement de 0% dans les métiers et professions suivants : orthésiste-prothésiste, artisan ébéniste, représentant en arts graphiques, ingénieur en agroenvironnement, dentiste et vétérinaire.

En décortiquant les résultats des trois récipiendaires des palmes d’or, le Palmarès des carrières 2018 constate qu’un travailleur social mettra en moyenne cinq semaines après l’obtention de sa diplomation avant de décrocher un boulot. Pas moins de 91,4% des finissants depuis 2011, selon les enquêtes du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, occupent un emploi en lien avec leur formation et 89,7% d’entre eux besognent à temps plein. Le salaire annuel gagné suivant l’obtention du diplôme est de 44 408 $. Le taux de chômage du côté des travailleurs sociaux est de 2,6%.

Un nouveau mécanicien d’engins de chantier, pour sa part, attendra en moyenne un mois avant d’obtenir un emploi. À sa première année, il touchera un salaire de 42 952 $. Le taux de chômage chez les mécaniciens d’engins de chantier est de 8,1%.

Quatre semaines, c’est aussi le temps que mettra un technologiste médical avant d’attirer l’attention d’un employeur. Il peut espérer empocher 39 208 $ par année à sa sortie du cégep. Des 296 finissants depuis 2013, 96,7% d’entre eux gagnent leur croûte dans un domaine lié à leur formation.

Le Palmarès des carrières 2018 est offert en librairie au coût de 19,95 $. Les jeunes — et les moins jeunes — peuvent aussi le consulter pour obtenir de plus amples informations et entendre les témoignages de finissants de divers programmes de formation.

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ET POURQUOI LES RÉGIONS?

Le 1er mars approche à grands pas. C’est la date limite pour les élèves du secondaire pour déposer une demande d’admission en formation professionnelle ou au cégep. C’est la même chose pour ceux et celles qui prennent le chemin de l’université. 

Annik De Celles tient à ajouter un élément à leur réflexion. «Et s’ils choisissaient les régions?»

Le Palmarès des carrières 2018 fait la part belle aux régions du Québec. L’ouvrage de Septembre éditeur propose aux lecteurs un dossier spécial intitulé La grande séduction. 

L’objectif est clair  faire découvrir aux élèves et aux étudiants d’autres lieux que les grands centres urbains pour entreprendre leurs études collégiales ou universitaires.

«La pénurie de main-d’œuvre n’épargne pas les régions. Au contraire. La demande de travailleurs est grande. L’économie des régions dépend des petites et moyennes entreprises. Les PME ont un urgent besoin de bras et de cerveaux», expose Mme De Celles, la nouvelle directrice générale de Septembre éditeur.

«Et il y a la qualité de vie en région. Pas de circulation. Des frais de logement moins élevés qu’en ville. Tous les travailleurs, aujourd’hui, sont à la recherche du bonheur au boulot. Dans les régions, les entreprises sont à l’écoute de cette préoccupation. Elles sont ouvertes à la conciliation entre le travail et la vie personnelle et proposent des horaires flexibles à leurs employés.»

Les établissements d’enseignement, pour leur part, font des pieds et des mains pour séduire les jeunes «urbains».

Dans la majorité des cas, les programmes de formation manquent cruellement de candidats. Des programmes qui, pourtant, débouchent sur un emploi assuré dès la fin des études.

C’est notamment le cas des programmes de Conception de jeux vidéo de l’Université du Québec à Chicoutimi ou de Technologie de maintenance industrielle du Cégep de Sherbrooke ou de Techniques de la plasturgie du Cégep de Thetford Mines ou encore de Technologie de génie civil du Cégep de Baie-Comeau.

Dans près d’une vingtaine de cégeps et d’universités ayant pignon sur rue dans le Bas-Saint-Laurent, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Estrie, en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord, en Gaspésie et en Chaudière-Appalaches, la baisse de l’effectif se fait de plus en plus sentir.

Pour les aider à accroître leur recrutement, le gouvernement du Québec a mis sur pied le Programme de mobilité étudiante. Un montant de 1,5 million $ est associé à cette mesure afin de permettre à ces établissements d’offrir des bourses d’études de 3000 $ à 7000 $ ou de l’aide au logement aux gars et aux filles des grands centres urbains.

Des cégeps et des universités ont profité de ce coup de pouce de l’État pour mettre de l’avant des initiatives intéressantes.

En voici quelques-unes.

Cégep de Rivière-du-Loup

Un étudiant en Techniques de graphisme provenant de Québec ou de Montréal peut se loger gratuitement à la résidence du cégep la première année et obtenir 500 $ pour chaque session complétée.

Cégep de Rimouski

L’institution propose la Carte Plus. Elle donne accès à une chambre gratuite en résidence pour la première année d’étude, à une trentaine de bons d’épicerie, à un laissez-passer annuel pour le transport en commun, à deux fins de semaine pour papa et maman à Rimouski et à l’adhésion gratuite au centre sportif du cégep.

Cégep de Chicoutimi

Une table de concertation regroupant une quinzaine d’acteurs socioéconomiques de la municipalité s’active pour aider les jeunes à s’intégrer à leur nouveau milieu d’étude. Ils reçoivent de l’aide, par exemple, pour préparer un C.V. Ils obtiennent aussi un livret de rabais commerciaux d’une valeur de plus de 500 $.

Cégep de Baie-Comeau

Les étudiants en soins infirmiers qui proviennent de l’extérieur de la région peuvent recevoir des bourses pouvant totaliser jusqu’à 12 000 $, et ce, à raison de 2000 $ par session. «En contrepartie, le boursier s’engage à travailler minimalement une année au Centre intégré de santé et des services sociaux de la Côte-Nord pour la région de Manicouagan où le manque de personnel en soins infirmiers est alarmant», rapporte le Palmarès des carrières 2018.

Cégep de Sept-Îles

Les étudiants des programmes de Technologie de maintenance industrielle et de Technologie industrielle reçoivent des sous pour alléger leurs frais d’hébergement en résidences pour leurs trois années de scolarité (100 % la première année, 50 % la deuxième année et 25 % la troisième année) ou encore pour aider leur installation à Sept-Îles (1500 $ sous forme de bourse d’aide). À ces sommes s’ajoutent 600 $ pour les frais de transport, un bon d’achat de 500 $ pour l’épicerie et un forfait «découverte de la région» d’une valeur de 300 $.

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DIX RAISONS D'ÉTUDIER ET DE VIVRE EN RÉGION

1. Des programmes de formation sans liste d’attente

2. Le plein air à deux pas de l’école

3. Les coûts avantageux des logements

4. L’accès plus facile à certains services (médecin de famille)

5. Moins de circulation

6. Une belle qualité de vie

7. De bons emplois disponibles

8. Souvent le paradis des entrepreneurs

9. Des crédits d’impôt à la sortie de l’école

10. Un accès plus rapide à des promotions au sein des entreprises

Source: Palmarès des carrières 2018