Le brasseur belge Frédéric van der Kelen était de passage à Québec la semaine dernière.

Des bières de la belge Haacht bientôt sur les tablettes

La Primus et la Tongerlo, vous avez déjà goûté? Encore peu connues ici, les bières de la brasserie belge Haacht feront leur apparition sur les tablettes de certains détaillants spécialisés en mai, avant d’être distribuées à plus grande échelle dans les épiceries et les dépanneurs pour le temps des Fêtes, si tout va comme prévu.

La troisième brasserie la plus lucrative de Belgique va accentuer son implantation en sol québécois en 2018, alors qu’elle est sur le point de conclure une entente avec un distributeur pour vendre ses produits dans les épiceries et dépanneurs, précise le directeur du développement des affaires, Luc Van Steene.

«Les négociations vont bien avec le distributeur», indique M. Van Steene, qui estime que le partenariat devrait se conclure d’ici un mois. Il faudra ensuite compter environ six mois pour obtenir toutes les autorisations nécessaires, calcule-t-il.

Dès le mois de mai, les premières livraisons de la Primus, puis des Tongerlo blonde et brune seront distribuées dans quelque 200 ou 300 points de vente qui proposent déjà les produits de la microbrasserie de l’île d’Orléans, aussi propriété de Haacht.

Esquisse de la future microbrasserie de l’île et du pub Le Mitan

Dès l’obtention du permis, «on va aller dans les réseaux des dépanneurs, donc on irait tout de suite dans 1000 points de vente, et après on ajouterait IGA, Metro et tout ça. […] On ajouterait un autre 1000 points de vente», détaille M. Van Steene. Haacht ne vise pas à concurrencer les grands joueurs comme Labatt ou Molson, mais plutôt d’autres bières importées, telle la Grolsch. À plus long terme, la brasserie vise jusqu’à 4000 points de vente. Pour la première année, on espère écouler environ 5000 hectolitres, et monter jusqu’à 12 000 hectolitres dans trois ans.

Le Soleil a fait le point sur les projets de la brasserie plus que centenaire Haacht dans la foulée de la visite dans la capitale du grand patron, Frédéric van der Kelen. À 84 ans, l’homme d’affaires a plus d’une histoire dans son sac. Et il a un attachement sincère envers le Québec et le Canada. Un de ses fils vit ici avec ses petits-enfants. M. van der Kelen a étudié chez les Jésuites, à Montréal. «En remontant le Saint-Laurent, en septembre 1950, mon père m’a dit : “Le Canada est ta seconde patrie. C’est un pays d’avenir. Tu dois faire quelque chose ici. J’avais 17 ans.”»

Métamorphose à l’île

L’idée aux airs de promesse a fait son chemin. Après un essai de partenariat qui n’a finalement pas abouti avec Moosehead, Haacht a acheté la microbrasserie de l’île d’Orléans et son pub Le Mitan en 2016. Des rénovations et un agrandissement de la capacité de production, déjà annoncés, se mettront en branle après l’été, pour une ouverture officielle au printemps 2019. Le pub sera fermé quelques temps pendant cette période.

Le volume de production de la microbrasserie passera d’environ 800 hectolitres annuellement à 2000 à 3000. Il avait été question de 5000, mais «la surface ne permet pas de faire plus que ça» pour l’instant, note Luc Van Steene. Les lieux actuels seront complètement métamorphosés, sauf pour une partie du bâtiment, qui doit être préservée pour son aspect patrimonial.

Il faudra creuser pour agrandir la brasserie. «On va aller chercher de la profondeur pour ne pas obstruer la vue sur le fleuve», fait valoir M. Van Steene. La terrasse sera aussi plus vaste.

La bière produite à la microbrasserie continuera d’être distribuée à l’île d’Orléans et dans la grande région de Québec.

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LE BELGA REMPLACERA LE SAVINI

Le brasseur belge Haacht a déjà le Québec qui coule dans les veines : son nouveau bar à bières, le Belga, l’ancien Savini, devrait ouvrir ses portes le 24 juin, à temps pour fêter la Saint-Jean.

Le Soleil a rencontré la semaine dernière Frédéric van der Kelen, le grand patron de la brasserie belge Haacht. La transaction s’était conclue la veille pour acquérir les locaux du 680, Grande Allée Est.

«Je crois qu’on a fait un bon choix avec le Savini, qui est une situation de premier ordre et l’intérieur nous convient très bien, parce qu’il y a en dessous une cave à bières, et un rez-de-chaussée, et il y a des mezzanines. Et au-dessus, au deuxième, il y a des possibilités de faire des bureaux où on mettra notre chef de vente pour le Québec», décrit le brasseur.

M. van der Kelen fait venir une cuve de brassage de quatre mètres de diamètre, qui servira de bar. Une dizaine de bières produites par la brasserie Haacht seront proposées aux clients ainsi qu’une sélection de bières de la microbrasserie de l’île d’Orléans, achetée en 2016. «Il y aura quatre vins rouge et rosé de notre vignoble à Saint-Emilion et un blanc argentin», précise aussi l’homme d’affaires.

L’alcool avant le plat

En général dans un restaurant, on choisit le plat qu’on veut manger et on accorde ensuite la bière ou le vin avec le repas sélectionné. «Nous, on va faire l’inverse. On va avoir les bières et vins, et on va y adjoindre des plats qui conviennent avec la boisson», explique l’homme d’affaires. 

Toutefois, les cuisines ne seront pas ouvertes dès le départ. Même le décor restera à compléter au fil des semaines. Le brasseur fait le choix de proposer plus vite ses produits et de bonifier ensuite le lieu si tout n’est prêt pour la fête des Québécois. Le restaurant sera géré par Yannick Parent, ancien copropriétaire du Savini. «Nous comptons inviter quelques membres du Belga à venir voir nos installations et cafés en Belgique et se perfectionner dans le débit de la bière.»

Après Québec, Haacht vise Montréal, Toronto et Ottawa. Son plan d’affaires s’étale sur 5 à 10 ans. Pilotera-t-il encore le tout? Bien que M. van der Kelen soit encore en forme, il faudra voir si la santé le permet. Mais ce qui est certain, c’est qu’il a toujours le feu sacré. «Moi, mon meilleur soir, c’est le dimanche soir. Le lendemain, je peux aller travailler.»