Cette année, la pandémie de COVID-19 a entraîné le report de la date limite du 30 avril au 1er juin 2020 pour faire ses impôts.
Cette année, la pandémie de COVID-19 a entraîné le report de la date limite du 30 avril au 1er juin 2020 pour faire ses impôts.

Dernier blitz pour les impôts pour environ un million de contribuables québécois

MONTRÉAL — C’est la dernière fin de semaine pour produire et transmettre sa déclaration de revenus pour l’année d’imposition 2019.

Revenu Québec s’attend à recevoir encore un million de déclarations des particuliers d’ici la date limite de lundi, 23h59.

Cette année, la pandémie de COVID-19 a entraîné le report de la date limite du 30 avril au 1er juin 2020 pour faire ses impôts.

«Ça varie d’une année à l’autre, entre 6 millions et 6,5 millions de déclarations de revenus (des particuliers, au total)», a affirmé Martin Croteau, porte-parole de Revenu Québec, en entrevue à la Presse canadienne.

En date du 28 mai, Revenu Québec avait reçu les déclarations de 5,3 millions de contribuables québécois.

À l’Agence du revenu du Canada (ARC), les dernières données datent du 25 mai dernier, soit une semaine avant la date limite du 1er juin. On y avait alors reçu près de 22 millions de déclarations de revenus des particuliers canadiens, sur environ 30 millions qui sont produites annuellement.

À Québec, Martin Croteau a souligné que malgré les bouleversements provoqués par le nouveau coronavirus, le dernier blitz s’annonçait très positif, donc plus facile à gérer que ce que l’on aurait pu croire il y a deux mois.

«On reçoit les déclarations de revenus au rythme habituel, même un peu davantage que d’habitude à ce stade-ci», a affirmé M. Croteau.

Au gouvernement fédéral, Frédérick Fink, porte-parole de l’Agence du revenu du Canada, dresse le même constat.

«C’est similaire. On reçoit un grand volume de déclarations dans les dernières semaines avant la date limite. Cette année, c’est certain que c’est exceptionnel avec la situation que l’on vit, mais on s’adapte», affirme M. Fink en soulignant que les mesures annoncées, notamment pour allonger la période de déclaration de revenus, semblent avoir porté leurs fruits.

Le fait que beaucoup de contribuables ont choisi de transmettre leur déclaration de revenus par voie électronique a aussi permis d’atténuer les impacts des ralentissements liés à la pandémie.

À l’échelle du pays, tout près de 92 % des 22 millions de déclarations acheminées jusqu’à lundi avaient été produites de façon électronique. Le virage électronique est aussi bien installé à l’échelle québécoise.

«Selon les chiffres de jeudi, on parle de 4,7 millions de déclarations de revenus qui ont été transmises par voie électronique. C’est 89 % du total», a indiqué le porte-parole de Revenu Québec.

«Le service ImpôtNet, qui permet de transmettre la déclaration de revenus à l’aide d’un logiciel certifié, a été beaucoup adopté par les Québécois. C’est une très bonne chose parce que les délais de traitement sont beaucoup plus rapides et cela a permis à Revenu Québec de maintenir un rythme de traitement de déclarations de revenus en période de COVID-19 qui était à peu près le même que par le passé», a affirmé M. Croteau.

Le remboursement moyen sur près de 64% des déclarations de revenus traitées par Revenu Québec s’élevait à 1167$, selon les données fournies. Au fédéral, c’est dans environ 70% des déclarations traitées que les gens ont reçu un remboursement, selon M. Fink, pour un remboursement moyen d’environ 1830$.

Soldes dus et tolérance envers les retardataires

Si la date limite pour produire sa déclaration de revenus est le 1er juin, il est bon de rappeler que la date limite pour payer un solde d’impôt a été repoussée jusqu’au 1er septembre. 

De plus, tant Revenu Québec que l’Agence du revenu du Canada se montrent tolérants au sujet des retardataires puisqu’il n’y aura pas de frais de pénalité pour la réception des déclarations de revenus tardives provenant des particuliers avant le 2 septembre.

«Revenu Québec s’est engagé a faire preuve d’une grande souplesse administrative en raison de la COVID-19. Il n’y aura pas de pénalité pour les gens qui produisent leur déclaration de revenus après le 1er juin, mais avant le 1er septembre», a spécifié Martin Croteau.

On sera tout aussi tolérant à l’Agence du revenu du Canada pour les trois prochains mois.

«Il n’y a aucune pénalité pour production tardive, aucun intérêt imposé si les déclarations de revenus des particuliers sont reçues d’ici le 1er septembre 2020», précise Frédérick Fink. Toutefois, il pourrait y avoir des ajustements à faire pour les retardataires.

«Ça demeure important de produire sa déclaration le plus rapidement possible, entre autres pour les gens qui reçoivent des prestations, comme l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) ou le crédit pour la TPS. On se base sur les renseignements qui sont fournis dans la déclaration 2019 pour calculer les montants», souligne M. Fink.

«Si on n’a pas reçu la déclaration de 2019, les versements pour les prestations des mois de juillet, août et septembre vont être basés sur les renseignements dont on disposait dans les déclarations de 2018. Toutefois, lorsqu’on va recevoir les déclarations de 2019, s’il y a un changement dans la situation fiscale des gens, il va y avoir un ajustement qui va être fait dans le montant des versements», ajoute-t-il.