La vision de Justin Trudeau devrait être bien reçue par la plupart de ses homologues du G7, sauf ceux de l'Allemagne et du Royaume-Uni, qui devraient prôner une réduction des dépenses.

Dépenser pour relancer l'économie mondiale

Les dirigeants des grands pays industrialisés s'apprêtent à entendre une position du Canada complètement différente quant aux stratégies à entreprendre pour relancer l'économie mondiale.
Au sommet du Groupe des sept, cette semaine au Japon, le premier ministre du Canada fera la promotion de son plan d'augmenter les dépenses gouvernementales, afin de stimuler l'économie mondiale et celle de son pays. Justin Trudeau prônera que les investissements publics sont préférables à une stratégie consistant à se «serrer la ceinture» pour stimuler la croissance économique.
Cette approche sera différente de celle de Stephen Harper, le prédécesseur de Justin Trudeau. L'ancien chef conservateur, défait aux dernières élections d'octobre, appelait régulièrement la communauté internationale à adopter des budgets resserrés.
La vision de Justin Trudeau pourrait être bien reçue de la plupart de ses homologues du G7, qui seront réunis pendant deux jours à Ise-Shima au Japon, à compter de jeudi.
Certains pays autour de la table sont en partie d'accord avec l'approche de Justin Trudeau, mais d'autres, comme l'Allemagne et le Royaume-Uni, devraient prôner des réductions de coûts.
Bonnes conditions d'emprunt au Canada
Le premier ministre japonais Shinzo Abe est l'un des plus proches alliés du Canada dans le camp de l'antiaustérité. Il s'est entretenu avec Justin Trudeau et la ministre du Commerce international Chrystia Freeland, mardi, à Tokyo.
Cependant, le Japon a une dette beaucoup plus grande que le Canada et a été contraint d'essayer plusieurs approches pour relancer sa croissance, y compris des mesures «d'assouplissement quantitatif». La situation est meilleure au Canada, où les libéraux disent que les faibles taux d'intérêt, combinés au faible ratio de la dette publique par rapport au PIB, ont créé de bonnes conditions d'emprunt.
Les dirigeants du G7 discuteront aussi d'autres dossiers, notamment de sécurité, des réfugiés, de santé et de changements climatiques.
Rançons
Le Canada devrait aussi tenter de convaincre les partenaires du G7 de ne pas payer de rançons en cas d'enlèvements ou de prises d'otage. Le Canada accorde beaucoup d'importance à ce dossier depuis qu'un otage canadien, John Ridsdel, a été décapité aux Philippines le mois dernier. Il avait été enlevé avec un autre Canadien, Robert Hall, qui est toujours détenu.
«Je pense qu'on verra un sommet qui n'abordera pas qu'un seul sujet brûlant», a avancé John Kirton, directeur du groupe de recherche sur le G8 de l'Université de Toronto.