En mettant en place des parcs moins difficiles, les stations de ski atteignent une clientèle plus diversifiée et coupent dans la colonne des dépenses.

Démocratiser les parcs à neige pour économiser

Pour atteindre une clientèle plus large, les stations de ski québécoises «démocratisent» leurs parcs à neige en offrant des obstacles et des sauts de taille réduite. Une façon d'économiser, aussi.
«L'offre est plus diversifiée», observe Marie-Annick Tourillon, directrice gestion des risques et assurances de l'Association des stations de ski du Québec. «Ça vient du milieu même où les gens se rendent compte que les parcs plus faciles d'accès, qui sont moins intimidants, attirent plus de clientèle, attirent une clientèle plus variée. Ça, c'est favorable pour une station de ski.»
Demande en hausse
Il faut dire que la demande pour des obstacles à affronter en planche ou en ski semble ferme : «Toutes les stations de ski au Québec, sauf de très rares exceptions, ont un parc à neige.»
Mme Tourillon évoque cependant une «évolution», une «transformation». «À l'origine, c'est sûr que les parcs à neige, c'était, et c'est encore, un peu perçu comme la culture de l'extrême. Les parcs à neige se sont développés depuis maintenant plusieurs années. Et souvent, à l'origine, [...] disons que les opérateurs se faisaient un peu influencer par les demandes des riders, comme on dit dans le jargon, les plus forts et les plus expérimentés.»
«Maintenant, l'industrie démocratise un peu plus les parcs à neige, se rend compte qu'il y a de l'appétit pour les parcs à neige pour toute la clientèle, les enfants plus jeunes», poursuit-elle. «Donc, les parcs à neige [...] se démocratisent. Les stations mettent en place des parcs qui sont peut-être moins difficiles, avec des moins gros sauts, des moins gros modules de rails ou de box. Mais qui vont attirer plus une clientèle plus large. C'est un peu ça, les nouvelles tendances.»
Les plus entraînés ont toujours leur place, assure-t-elle. «Il y a différentes stations qui vont avoir ce créneau-là, qui vont avoir des parcs plus gros, plus experts, avec des modules plus grands, des sauts plus gros.»
L'aménagement des vastes parcs d'obstacles est toutefois dispendieux. «Ça demande beaucoup de ressources pour les stations de ski de mettre ces parcs-là en place.» Il faut nombre d'employés, de la machinerie, beaucoup, beaucoup de neige pour ériger les monticules. «Ce sont des coûts significatifs pour les stations de ski.»
En réduisant l'ampleur, les entreprises atteignent une clientèle plus diversifiée et coupent dans la colonne des dépenses donc... Sauf si elles multiplient les parcs pour vraiment plaire à tous, du débutant à l'expert : «Souvent les stations vont avoir plus qu'un parc à neige. Il va y avoir un parc d'introduction, après ça il va y avoir un parc où il va y avoir des modules un peu gros, un peu plus difficiles.»