Le président et chef de la direction de FP Innovations, Pierre Lapointe, évalue à 2,5 millions $ ce qu'il en coûte en trop par année pour vivre dans l'actuel bâtiment de la rue Franquet.

Déménagement de FP Innovations: les chercheurs inquiets

Alors que l'inquiétude gagne la quarantaine d'employés en poste à Québec, FP Innovations quitte le Parc technologique du Québec métropolitain.
Le centre de recherche spécialisé en foresterie déménage ses équipements ailleurs dans la capitale. Pas très loin de l'Université Laval, semble-t-il. L'annonce sera faite mardi.
«Le bâtiment est en vente. Nous sommes en discussion avec un acheteur», confirme le président et chef de la direction, Pierre Lapointe.
L'immeuble de la rue Franquet a fière allure, mais bouffe beaucoup d'énergie. Pierre Lapointe évalue à 2,5 millions $ ce qu'il en coûte en trop par année pour vivre dans ce bâtiment. «Nous allons pouvoir consacrer cet argent directement à la recherche.»
Ce remue-ménage fait craindre le pire aux employés syndiqués de FP Innovations à Québec. Dans la grande famille de FP Innovations, seuls les salariés de Québec sont syndiqués.
Or, les suppressions de postes se succèdent d'une année à l'autre à Québec. Une vingtaine seulement au cours des deux dernières années. Sans compter les transferts vers Montréal et Vancouver. «De bons emplois de 70 000 $ et plus par année», souligne Maude Séguin-Tremblay, conseillère syndicale à l'Alliance de la fonction publique du Canada. «D'une centaine d'emplois il y a quelques années, FP Innovations n'en compte plus d'une quarantaine dans la capitale.»
Le syndicat affirme que l'employeur déshabille Québec pour habiller Montréal et Vancouver. «C'est clair, la direction veut se débarrasser des employés syndiqués», tranche Alain Gingras, le vice-président du syndicat local en précisant que FP Innovations va investir 160 millions $ pour créer un centre d'excellence internationale de biomatériaux dans le Technoparc à Montréal.
Le syndicat déplore que les pertes d'emplois se poursuivent à Québec alors que le gouvernement Couillard a annoncé, dans son dernier budget, une aide de 17 millions $ sur quatre ans à FP Innovations pour favoriser l'innovation dans le secteur forestier. De cette somme, 14 millions $ seront consacrés au démarrage et à la réalisation d'une nouvelle initiative favorisant le développement de technologies innovantes et de nouveaux produits pour le secteur de la transformation du bois. L'Université Laval et le Cégep de Rimouski sont dans le coup.
Ajustement nécessaire
Des suppressions de postes, il y en a eu aussi à Montréal et à Vancouver, mentionne Pierre Lapointe en rejetant l'idée que FP Innovations veut faire la vie dure aux syndiqués
«Nous évoluons dans une industrie en pleine transformation et nous devons ajuster nos projets de recherche selon les besoins du marché.»
Par exemple, celui du papier journal n'est guère propice au démarrage de nouveaux projets. Ce qui n'est pas pour le marché du bois lamellé-croisé, par exemple. «Il y a aussi une volonté de l'industrie de développer le concept de la scierie de demain.»
«De la recherche, il va continuer de s'en faire à Québec, mais dans un modèle différent dans lequel nous ferons appel à des partenaires», a mentionné M. Lapointe en refusant, pour l'instant, de les identifier.
«Mon travail est de m'assurer qu'il se fasse de la recherche en foresterie pas seulement à Québec, mais au Québec», conclut le patron du centre de recherche qui fait travailler 525 personnes au Canada.