Dégringolade des emplois à Québec

«La région [de Québec] a connu sa plus forte contraction de l’emploi jamais enregistrée entre janvier et juin.»

Le constat vient de l’économiste Émile Émond, de Québec International. En analysant les données compilées par le fédéral, il observe la dégringolade pandémique : «Statistique Canada estimait le nombre d’emplois à 389 500 au mois de juin, soit 51 800 de moins (-11,7%) qu’en début d’année. Sur la même période de six mois, le nombre de chômeurs a presque doublé, atteignant un total de 33 700 personnes.»

Pour ceux qui en doutaient encore, la capitale québécoise n’a plus à gérer les conséquences du plein-emploi. «En raison de la COVID-19, le nombre de chômeurs a explosé dans la première moitié de l’année. […] Le taux de chômage de la région métropolitaine de recensement de Québec a atteint 11,9% au mois de juin, un accroissement de 7,8 points de pourcentage par rapport au mois de janvier.»

On l’aura compris, «les six premiers mois de l’année 2020 sur le marché du travail furent préoccupants et fortement agités en raison de la pandémie. […] Le taux d’activité de la région, d’ordinaire le plus élevé du Québec, a glissé au 2e rang derrière Montréal.»

La capitale est cependant tout aussi affectée que toutes les autres agglomérations du Canada, fait remarquer Émile Émond. «Le nombre d’emplois a reculé dans l’ensemble des régions métropolitaines. Le recul pour le Québec représente une réduction du nombre d’emplois de 12,5%, tandis qu’elle se chiffre à 12,7% dans l’ensemble du Canada.»

Il y a toutefois matière à des réjouissances modestes. On l’a vu, en juin il y avait environ «389 500 personnes en emploi dans la région». C’est beaucoup moins qu’en janvier, mais c’est néanmoins un peu plus qu’en mai. L’augmentation est de 5900, ou 1,5%. C’est peu, mais positif.

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PRÈS D'UN MILLION DE NOUVEAUX EMPLOIS AU CANDA EN JUIN

L'économie a créé près d'un million d'emplois en juin, alors que les entreprises forcées de fermer en raison de la pandémie ont commencé à reprendre leurs activités, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Quelque 953 000 emplois ont été créés le mois dernier, soit 488 000 à temps plein et 465 000 à temps partiel, a précisé l'agence fédérale.

Le taux de chômage a reculé à 12,3 % en juin, après avoir atteint en mai un sommet record de 13,7 %.

Comme en mai, même si davantage de personnes ont trouvé un emploi, davantage de personnes recherchaient également du travail.

Les économistes s'attendaient en moyenne à voir 700 000 nouveaux emplois en juin et un taux de chômage de 12,0 %, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Statistique Canada a ajouté que le taux de chômage aurait été de 16,3 % si elle avait tenu compte des personnes qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi.

Le rapport sur l'emploi indique que 3,1 millions de personnes sont toujours affectées par les fermetures de mars et avril, survenues lorsque les restrictions de santé publique ont forcé les entreprises à fermer et les travailleurs à rester chez eux pour ralentir la propagation du COVID-19.

Environ 2,5 millions de personnes n'avaient pas d'emploi en juin, en raison de mises à pied temporaires ou permanentes, tandis que les autres travaillaient moins de la moitié de leurs heures habituelles.

À mesure que les restrictions se sont assouplies, le nombre de personnes au sein de la population active a augmenté d'environ 786 000, après le gain de 491 000 en mai, ce qui ramène la population active totale à environ 443 000 de son niveau d'avant la pandémie.

Cependant, les gains n'ont pas été répartis également entre les hommes et les femmes, les premiers regagnant des emplois plus rapidement que les secondes.

Le taux de chômage des femmes était de 12,7 % en juin, contre 12,1 % pour les hommes. De même, le taux d'activité des hommes d'âge moyen était inférieur de moins d'un point de pourcentage à son niveau de février, tandis que celui des femmes était inférieur de 1,4 point de pourcentage.

Le taux de sous-utilisation - qui tient compte de ceux qui sont au chômage, ceux qui veulent un emploi, mais n'en recherchent pas et ceux qui travaillent moins de la moitié de leurs heures habituelles - était de 28,3 % pour les femmes et de 25,5 % pour les hommes.

La Banque du Canada et le gouvernement fédéral affirment que le pire des difficultés économiques de la pandémie est passé, mais le Canada sera confronté à un chômage élevé et à une faible croissance jusqu'en 2021.

Les perspectives économiques publiées mercredi par le gouvernement libéral prévoyaient que le taux de chômage serait de 9,8 % pour l'année calendaire. Il devrait tomber à 7,8 % l'année prochaine, selon les prévisions de 13 économistes du secteur privé.

Le Québec a vu la création de 248 000 en juin, une hausse de 6,5 %. Cette progression s'ajoute à celle de 231 000 emplois enregistrée en mai, ce qui rapproche le marché du travail à 92,2 % de son niveau de février, avant la pandémie.

Parallèlement, le taux de chômage de la province a reculé de trois points de pourcentage à 10,7 %. Statistique Canada a entièrement attribué le recul du chômage au Québec à la baisse du nombre de personnes mises à pied temporairement.

Au Nouveau-Brunswick, la première province à avoir assoupli les restrictions liées à la COVID-19, l'emploi a progressé de 22 000 en juin. Cette hausse, combinée avec les augmentations de mai, a permis à l'emploi dans la province d'atteindre 97,1 % de son niveau de février. Il s'agit de la reprise de l'emploi la plus complète à ce jour parmi toutes provinces. La Presse canadienne