La députée de Taschereau et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, a participé à une activité de promotion de la pêche sportive auprès de jeunes, mardi. Un grand bassin a été aménagé à l'intérieur du Patro Laval, dans le quartier Saint-Sauveur. Quelque 450 écoliers, dont Jason Labrie St-Gelais, auront l'occasion de s'initier à la pêche cette semaine grâce à la Fondation pour la sauvegarde de la truite mouchetée.

Déficits des régimes de retraite: pas de pitié pour Labeaume, dit Maltais

À moins d'une semaine des premiers face-à-face entre employeurs et syndicats pour régler l'épineux dossier des déficits des régimes de retraite, la ministre du Travail Agnès Maltais tape du pied : pas question de faire des concessions pour mettre dans sa poche le maire de Québec, Régis Labeaume.
Dès mardi, les employeurs publics et privés se réuniront avec les syndicats pour une série de «forums» convoqués à la demande de Mme Maltais. Déjà, la ministre a donné les grandes lignes de la solution qui sera trouvée par les participants afin de faire face aux déficits des fonds... En gros, dans chaque milieu de travail, les parties auront deux ans pour s'entendre sur un plan de sauvetage des régimes de retraite. S'ils n'y parviennent pas, la Commission des relations du travail (CRT), épaulée par la Régie des rentes du Québec, pourra trancher le litige.
Le maire de Québec a rejeté l'idée du revers de la main. Prenant appui sur le «mandat fort» qu'il aurait reçu de l'électorat, il demande que les élus municipaux puissent imposer leurs visées en cas d'échec des négociations avec les syndicats.
Si on en croit Agnès Maltais, il peut oublier. Allez-vous lâcher du lest pour M. Labeaume? «Non», a-t-elle sèchement lancé, en marge d'une conférence de presse, mardi après-midi. La marge de manoeuvre que vous demande le maire de la capitale, il ne l'aura pas? «J'ai répondu mille fois à cette question : "Non"». Voilà qui met la table.
Plan de match
«[Régis Labeaume] a dit qu'il était d'accord avec le processus, mais qu'il en avait contre la Commission des relations du travail... Ma réponse a été claire là-dessus», insiste-t-elle. «Ma réponse a toujours été claire. Ce que nous avons proposé, c'est un processus de deux ans qui va nous permettre de régler l'ensemble des dossiers, tant au niveau privé qu'au niveau public et qui finira, dans les cas où il y aura toujours conflit, par une décision de la Commission des relations du travail qui sera appuyée par la Régie des rentes du Québec.»
Pourquoi convoquer les belligérants si le plan de match est déjà établi? Pour le mettre en application, Québec devra adopter deux lois, peut-être trois. «Alors je leur demande de m'aider à les écrire», précise la ministre Maltais. «J'ai des questions à leur poser pour m'aider à écrire la loi, tout simplement. Et j'ai besoin d'une rencontre entre les syndicats et les patrons pour le faire.»
Agnès Maltais ajoute qu'elle a récemment discuté avec des représentants des maires du Québec. «Je leur ai expliqué qu'il y a des points sur lesquels on a besoin d'eux pour nous aider à écrire la loi. [Par exemple], la Régie des rentes du Québec, actuellement, n'a pas les outils, n'a pas les moyens législatifs, pour prendre les décisions dont ils ont besoin pour solutionner leur problème de régimes de retraite.»
Le 21 janvier, le premier forum réunira les villes et leurs syndicats à Québec. Le lendemain, ce sera au tour du milieu universitaire, toujours dans la capitale. Finalement, le 23 janvier, le secteur privé se donne rendez-vous à Montréal.
Régis Labeaume a déploré mardi ne pas encore avoir été mis au courant des détails de la journée. «Le problème est qu'on n'a pas d'agenda. C'est dans une semaine et on n'a aucun ordre du jour», a dit le maire de Québec en conférence de presse mardi. «Est-ce que les syndicats seront là avec elle [la ministre Maltais]? On ne sait pas et on aimerait ça le savoir», a tranché le maire qui dit travailler «un peu la patte en l'air».
Avec la collaboration de Valérie Gaudreau