Le projet de loi déposé en février offrira la possibilité aux villes de partager les coûts des déficits passés des régimes de retraite. Les maires - Régis Labeaume et Denis Coderre en tête - devront toutefois y parvenir au moyen d'une entente avec les syndicats.

Déficit passé des régimes de retraite : Labeaume devra négocier

Le maire Régis Labeaume ne pourra pas imposer à ses syndiqués le partage du déficit passé de leurs régimes de retraite. Il devra obligatoirement passer par une négociation.
Au terme de la première réunion du forum sur les régimes de retraite, mardi, ministres, maires et représentants syndicaux sont sortis tous ensemble pour se réjouir des «consensus» obtenus.
«Tout le monde s'entend qu'il faut prioriser la négociation», a affirmé la ministre du Travail, Agnès Maltais.
La ministre peinait à cacher sa satisfaction de voir l'exercice se conclure par une sortie commune des partenaires. «C'est la journée internationale des câlins», a-t-elle rigolé.
Un projet de loi sera déposé dès février, plus tôt que prévu, pour définir et encadrer les pourparlers entre les villes et leurs syndicats sur une réforme des régimes de retraite.
Comme le souhaitait le maire de Québec, cette loi offrira la possibilité de partager les coûts des déficits passés des régimes de retraite, présentement à la charge de la Ville. Toutefois, M. Labeaume ne pourra séparer la note selon son bon vouloir. Il devra en venir à une entente avec les syndicats à ce sujet.
«On accepte que ça ne soit pas imposé, a affirmé le maire Labeaume. Mais ça va donner la capacité de négocier rapidement. On veut des outils pour négocier et un projet de loi pour négocier. On croit encore nous autres aussi qu'on est capable de régler en négociant.»
Ouverts à parler du passé, les syndicats n'étaient toutefois pas prêts à laisser aux patrons le pouvoir d'imposer quoi que ce soit en cette matière. «La raison pour laquelle on est d'accord avec la démarche, c'est qu'on peut tout négocier, mais on ne peut pas imposer», a commenté Serge Cadieux, de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.
Néanmoins heureux du changement législatif à venir, le maire de Québec a rappelé qu'il a «ramé seul dans la gravelle» longtemps sur cet enjeu. Rendre possible le partage des déficits passés dans une loi, «c'est extraordinaire», a-t-il affirmé. «On ne peut pas tout avoir dans la vie, a philosophé M. Labeaume. Il faut toujours pousser un peu plus fort pour se rendre où on veut aller.»
L'arbitrage des conflits par la Commission des relations du travail (CRT) a été évacué des échanges entre les villes, les syndicats et le gouvernement du Québec, mardi. La question est pourtant centrale. Le maire de Québec s'est battu bec et ongles pour que ce tribunal administratif, dont il remet en doute l'impartialité, n'ait pas le dernier mot sur les régimes de retraite. Mardi, la ministre Maltais a affirmé que ceux qui souhaitent manifester leur mécontentement à ce sujet pourront le faire lors de la commission parlementaire qui étudiera le projet de loi.
«Le final va être à la CRT», a-t-elle quand même réitéré. Pour M. Labeaume, cela «reste à régler».
Avec la collaboration de Valérie Gaudreau