Le processus de liquidation touche 54 des 59 magasins Sears qui doivent fermer et débutera vendredi ou peu de temps après.

Début des ventes de fermeture chez Sears

Les dizaines de magasins Sears qui fermeront leurs portes cet automne entameront vendredi des ventes de liquidation, mais les chasseurs d'aubaines seraient bien avisés de modérer leurs attentes, ont estimé des experts de l'industrie.
Le grand détaillant, qui tente d'éviter la faillite, espère que des hordes de consommateurs se laisseront rapidement séduire par ses marchandises et équipements à coûts réduits.
Mais même si «tout doit partir» dans les 59 magasins condamnés par le programme de restructuration de Sears Canada, le détaillant devra assurer sa survie une fois sa réorganisation terminée, a rappelé le professeur de marketing David Soberman, de la Rotman School of Management de l'Université de Toronto.
«Ils ont des engagements envers leurs actionnaires, a expliqué M. Soberman. Ils ne tentent pas de presser le consommateur jusqu'au dernier cent, [mais] comme toute entreprise, ils tentent d'être aussi rentables que possible.»
Habituellement, les ventes de liquidation suivent une formule classique et éprouvée : commencer avec de modestes rabais, puis les accentuer graduellement sur les produits qui ne s'envolent pas, jusqu'à ce que tout soit vendu.
Sears a jusqu'au 12 octobre pour vider les magasins qu'elle abandonne. Ceux-ci se trouvent essentiellement au Québec, en Ontario, en Saskatchewan et en Alberta.
Une période de liquidation plus courte aurait pu se traduire par l'apparition plus rapide de rabais plus importants. M. Soberman croit qu'il s'agit d'un numéro d'équilibriste pour Sears, qui s'est tourné vers des liquidateurs externes pour gérer l'opération - dont certains qui ont participé à des ventes similaires dans les magasins de Target et Eaton's.
«Une plus longue période fait en sorte que les rabais n'ont pas besoin d'être aussi importants, mais il faut aussi payer le personnel plus longtemps et il est plus difficile de louer le magasin, alors tous ces éléments sont des compromis.»
2900 emplois supprimés
Sears s'est placée le 22 juin sous la protection de la cour contre ses créanciers, en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Le détaillant prévoit fermer 59 magasins et supprimer environ 2900 emplois.
Le processus de liquidation touche 54 de ces magasins et débutera vendredi ou peu de temps après.
Reste à voir si l'opération attirera les foules.
Certains observateurs ont exprimé une certaine incrédulité par rapport au fait que des milliers d'employés n'obtiendront pas d'indemnité pour la fin de leur emploi, pendant que des primes de rétention totalisant 9,2 millions $ seront versées à certains dirigeants et employés occupant des postes jugés essentiels.
Mais l'experte du secteur du détail Maureen Atkinson ne croit pas que la publication de messages négatifs sur les réseaux sociaux aura un effet dissuasif sur les chasseurs d'aubaines.
«Les gens vont faire ce qu'ils jugent être dans leur intérêt personnel», a estimé Mme Atkinson, partenaire principale à la firme torontoise J.C. Williams Group.
En outre, Mme Atkinson n'est pas certaine que les rabais offerts en vaudront vraiment la peine. Elle conseille aux consommateurs de se préparer à la possibilité que certaines marques seulement soient liquidées, et met en garde ceux qui espèrent faire une bonne affaire sur un réfrigérateur ou une cuisinière.
«En réalité, vous pourriez obtenir un rabais équivalent à celui qui serait offert sur un produit légèrement endommagé», a estimé Mme Atkinson. «Ce sont des articles en montre. Ils ne gardent pas de stocks de gros électroménagers en magasin.»
Le fabricant va probablement offrir malgré tout une garantie normale, mais Sears ne proposera probablement pas de la prolonger.
«Et même s'ils l'offraient, je ne suis pas certaine que je voudrais acheter une garantie prolongée auprès d'une entreprise qui s'est protégée de ses créanciers», a-t-elle ajouté.
Les électroménagers sont traditionnellement de bons vendeurs chez Sears, et leur inclusion dans les ventes de liquidation n'est pas assurée. Un porte-parole de Sears a refusé de commenter à ce sujet.
M. Soberman s'attend pour sa part à ce que les rabais varient grandement d'un magasin à l'autre.
«Les produits qui se vendent facilement à certains endroits vont être déplacés [dans d'autres magasins]. Ceux qui ne se vendent pas bien sont ceux qui profiteront des rabais les plus importants. Cela sera aussi très dépendant des marchés locaux - ce qui fait l'objet d'un rabais à Truro, en Nouvelle-Écosse, pourrait être différent de ce qui fait l'objet d'un rabais dans un magasin Sears en Ontario.»