La faiblesse du dollar, le prix modéré du carburant et la réputation du Québec comme destination sécuritaire sont des facteurs d'attraction.

De l'argent réel pour de la neige artificielle

Après plusieurs années en dents de scie et une saison 2015-2016 particulièrement néfaste pour les stations de ski, le ministère du Tourisme annonce de l'argent frais pour moderniser les équipements d'enneigement artificiel. Des discussions sont aussi en cours afin d'obtenir un tarif d'électricité préférentiel pour fabriquer le précieux or blanc.
«Le défi de début de saison est de produire de la neige rapidement», a indiqué la ministre Julie Boulet dimanche pour l'annonce d'un plan d'investissement en tourisme, incluant les quelque 75 stations de ski de la province. Elles veulent initier la saison rapidement en décembre. Ouvrir plus tôt, c'est déterminant pour la rentabilité», ajoute la ministre.
Le président-directeur général de l'Association des stations de ski du Québec (ASSQ) accueille la nouvelle avec enthousiasme. «On a vécu des hivers avec des fluctuations importantes, soutient Yves Juneau. Ça a ralenti les investissements. L'annonce va permettre de moderniser nos infrastructures.
«En 2015-2016, le démarrage du temps des Fêtes a été très difficile à cause de problèmes liés à la fabrication de neige, poursuit-il. On produit chaque année une étude et le bilan de l'an passé a été très négatif et très néfaste. Ça a fragilisé beaucoup de bilans financiers. La moitié des stations, c'est des organismes à but non lucratif incapables de rentabiliser à cause des coûts d'infrastructures.»
Garantir le produit
Les projets admissibles touchent les infrastructures d'accueil, à l'exception des remontées mécaniques, trop coûteuses pour ce programme, a précisé la ministre. M. Juneau estime que les stations prioriseront «des projets de modernisation et d'accroissement de la capacité d'enneigement pour un produit plus fort en début de saison».
La ministre du Tourisme, Julie Boulet, était présente au Village Vacances Valcartier pour annoncer un plan d'investissement de 70 millions $ sur quatre ans.
«Quand les gens prennent des décisions de destination de ski, ils veulent s'assurer des conditions. Un démarrage tôt garantit le produit. Il faut penser que la compétition se fait aider. Le Vermont a un programme d'efficacité énergétique et de remplacement des systèmes de fabrication de neige. Pour rester compétitif, on a besoin de se moderniser», insiste le pdg.
Selon lui, la compétitivité passe aussi par une réduction du coût de l'électricité pour la fabrication de la neige. Les stations de ski ont déjà bénéficié de tarifs préférentiels, aujourd'hui disparus. L'ASSQ a d'ailleurs demandé des assouplissements tarifaires à la Régie de l'énergie.
M. Juneau explique que l'enneignement représente 44 % de la facture d'électricité et les remontées mécaniques, 38 %. L'électricité grève 17 % du budget des stations. C'est le second poste budgétaire en importance après la main-d'oeuvre.
«Les coûts d'électricité sont très élevés, admet la ministre Boulet. Est-ce qu'on pourrait leur offrir des tarifs préférentiels dans des mois où nous ne sommes pas dans des périodes de pointe? On travaille ça avec le ministre des Ressources naturelles», a-t-elle confirmé.
70 millions $ sur quatre ans
La ministre était présente au Village Vacances Valcartier pour annoncer un plan d'investissement de 70 millions $ sur quatre ans qui pourrait, selon elle, générer pour plus de 300 millions $ en projets avec la participation du secteur privé.
Cette annonce survient au moment où le tourisme a connu une année 2016 exceptionnelle. «Tous les indicateurs sont en hausse qu'on parle d'hébergement, d'achalandage, de recettes touristiques», précise la ministre. La faiblesse du dollar, le prix modéré du carburant et la réputation du Québec comme destination sécuritaire sont des facteurs d'attraction.
Le 375e anniversaire de Montréal et le 150e de la Confédération en 2017 devraient maintenir l'industrie sur sa lancée. D'ailleurs, le ministère projette une hausse d'achalandage de 5 % par année d'ici 2020. «Il y a actuellement un milliard de touristes à travers le monde. Ça devrait augmenter à 1,8 milliard au cours des prochaines années. Le Québec doit aller chercher sa part», insiste Mme Boulet.
La ministre estime que le plan pourrait créer jusqu'à 50 000 emplois supplémentaires d'ici 2020.
Le directeur de l'Office du tourisme de Québec, André Roy
Au coeur de l'événement
Le directeur de l'Office du tourisme de Québec, André Roy, s'est montré satisfait du plan d'investissement en tourisme.
Selon lui, la région pourra profiter des sommes annoncées dans des secteurs aussi variés que le tourisme hivernal, maritime ou événementiel, ce dernier étant considéré comme une véritable locomotive. «Il y a encore certaines périodes de l'année, comme au printemps et à l'automne, où il pourrait y avoir présentation d'événements. Il faut travailler sur ces périodes-là, particulièrement octobre et novembre qui sont des mois un peu plus difficiles», avance-t-il.
M. Roy se réjouit aussi du discours tenu par la ministre Julie Boulet. «Le tourisme, c'est un produit d'exportation. On fait rentrer de l'argent frais», rappelle-t-il.
Il croit aussi dans la capacité des entrepreneurs à soumettre des projets et à investir dans l'industrie. «S'ils se sentent accompagnés, ils vont le faire.»
La ministre estime que chaque dollar public investi peut générer environ quatre dollars du secteur privé.
Le tourisme québécois en chiffres
• 363 000 emplois 
• 32 000 entreprises
• 14 milliards $ en recettes 
• 3e produit d'exportation
• 5 % : hausse projetée des revenus annuels jusqu'en 2020